Giro 2024 : Travail collectif, placement… Comment éviter les pièges des chemins blancs

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La sixième étape du Giro 2024, qui se déroulera ce jeudi entre Torre del Lago Puccini et Rapolano Terme, comportera près de douze kilomètres de chemins blancs. Ces secteurs sont redoutés, car ils peuvent réduire à néant les espoirs de n’importe quel prétendant au classement général. Notre consultant Philippe Gilbert explique ce qu’il faudra faire pour réduire les risques d’être piégé.

La reco' de Gilbert, sur l'étape des "strade bianche" : "La pression des pneus sera cruciale"

Video credit: Eurosport

Il faut croire que c’est la petite touche tendance de l’année 2024. Le 7 juillet prochain, le peloton du Tour de France avalera 199 kilomètres autour de Troyes, dont 32 sur des chemins blancs. Deux mois avant le rendez-vous fixé dans l’Aube, ces sentiers de terre, davantage adaptés aux vélos de gravel qu’à ceux utilisés pour la route, seront mis à l’honneur sur la sixième étape du Giro. Sur la route de Rapolano Terme, ce jeudi, les coureurs devront en effet s’aventurer sur trois secteurs faisant la part belle aux graviers et à la poussière. Et certains risquent d’y perdre gros.
À l’image des pavés, qui ont fait la renommée de Paris-Roubaix et sont parfois proposés au menu de la Grande Boucle, les chemins blancs ont de quoi faire couler des sueurs froides dans le dos des principaux candidats au classement général. Le Tour d’Italie ne s’y gagnera pas, c’est assez évident. Mais il pourra s’y perdre, assurément, tant les coureurs peu à l’aise ou malchanceux sur ce revêtement piégeux risquent d’être repoussés à plusieurs minutes des meilleurs.
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Des coureurs de l'équipe UAE-Emirates à l'occasion des Strade Bianche 2024.

Crédit: Imago

Être bien placé, les pneus pas trop gonflés

Dans les cinquante derniers kilomètres, le peloton traversera trois secteurs de chemins blancs (pour un total de 11,7 km), dont deux - Vidritta et Bagnaia - sont habituellement empruntés sur les Strade Bianche, classique de début d’année qui a justement bâti son identité sur ces sentiers immaculés. Une course remportée en 2011 par Philippe Gilbert, qui sait donc pertinemment ce qu’il faut faire pour dompter les graviers.
Premier élément fondamental : le placement. "Il faudra être bien placé. Quand vous êtes devant, vous pouvez choisir votre ligne, explique le consultant Eurosport, qui a reconnu les secteurs-clés de cette sixième étape. Si vous roulez au milieu, c’est assez mou, on risque de perdre de l’adhérence et de tomber. Le mieux, c’est donc de suivre les traces des voitures et d’essayer d’aller le plus vite possible." Il s’agira également de ne pas trop gonfler ses pneus. "Il y a beaucoup de matière, beaucoup de gravillons. Les coureurs auront à peu près 4,5 bars de pression dans les pneus pour éviter les crevaisons et les chutes", poursuit Gilbert.
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Tadej Pogacar et son attaque à 81 km de l'arrivée sur les Strade Bianche

Crédit: Getty Images

Les leaders auront aussi tout intérêt à s’appuyer sur leurs équipiers, afin de réagir efficacement en cas de souci mécanique. "Le travail collectif sera très important pour mettre le leader dans les meilleures conditions, insiste le champion du monde 2012. Ce n’est pas seulement important d’avoir un équipier devant, c’est aussi nécessaire d’en avoir un derrière, parce qu’il pourra vérifier si vous n’avez pas de crevaison ou de problème mécanique. Ce sont ces coureurs-là qui peuvent signaler les problèmes à la radio ou donner une roue, par exemple." Et de prévenir : "Parce que si vous attendez la voiture de l’équipe, vous abandonnez quasiment tout espoir de victoire."
Si le premier secteur, Vidritta (4,4 km) est plat mais exposé au vent, le suivant, Bagnaia (4,8 km) est "plus technique", révèle l’expert Eurosport, qui insiste sur la montée de Grotti (4e catégorie) et son passage à 15%. "Je suis quasiment certain que le premier coureur qui va craquer va créer des cassures dans le peloton", pronostique le Belge de 41 ans. Le troisième et dernier secteur, Pievina (2,8 km), "monte dès le départ, ça ondule ensuite. C’est assez technique mais, finalement, pas trop exigeant", détaille Philippe Gilbert.
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Coup de fusil de Van der Poel, solos de Pogacar et Pidcock : les Strade, ça déménage toujours

Video credit: Eurosport

À la sortie de cet ultime tronçon de chemins blancs, "les coureurs du classement général feront le point pour voir si certains de leurs rivaux sont piégés", ajoute notre consultant. Il restera encore une quinzaine de kilomètres à parcourir pour rallier la ligne d’arrivée à Rapolano Terme et il sera donc temps, pour les mieux placés, de sérieusement songer à la victoire d’étape. Mettre une pièce sur Tadej Pogacar, solide vainqueur des Strade Bianche en mars dernier, ne paraît pas totalement insensé.
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