Tadej Pogacar, lauréat de la 16e étape du Giro 2024... ou l'étape qu'il ne voulait pas (vraiment) gagner

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Et de cinq pour Tadej Pogacar sur ce Giro. Le Slovène de la formation UAE Emirates a remporté la 16e étape, à Santa Cristina Valgardena, dépassant Giulio Pellizzari à 800 mètres de l'arrivée. Il n'avait pourtant pas l'ambition de lever les bras, ce mardi, comme son coéquipier Majka et lui l'ont expliqué. Mais la Movistar n'a laissé personne prendre le large et le maillot rose a cueilli le bouquet.

La pluie et la neige en invitées, Alaf' en aventurier, Pogi en habitué : le résumé de la 16e étape

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"On a laissé l'échappée partir, tout le monde était content pour une fois." Mardi dernier, Tadej Pogacar avait ainsi réagi à la victoire de Valentin Paret-Peintre, roi des baroudeurs du jour. Une réponse pas très diplomatique pour expliquer une attitude qui l'était bien plus. L'objectif assumé : se forcer – tant bien que mal – à ne pas tout croquer, sous peine d'énerver la concurrence. Une semaine plus tard, tout s'est déroulé différemment, lors de la 16e étape du Giro.
Une fois encore, Pogacar a tenté de laisser plus que des miettes à ses adversaires – et il semblait paradoxalement plus enclin à partager – mais la Movistar a roulé. L'échappée de quatre (dont Julian Alaphilippe) maintenue à portée de fusil, "Pogi" et UAE ont succombé à la tentation. Rafal Majka, bras droit du maillot rose, raconte leur changement de plan : "On ne jouait pas l'étape. D'autres équipes ont roulé, on était toujours là, alors on s'est dit 'Pourquoi pas ?'".
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Et de cinq : L'ogre Pogacar remet ça à Val Gardena

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Dans les Rois de la Pédale, Jacky Durand s'est penché sur la manœuvre de la formation espagnole : "La tactique était claire. Au pied du premier col, on fait attaquer Pelayo Sanchez. S'il prend 15/20 secondes, on fait attaquer Nairo Quintana et Einer Rubio un peu plus tard, dans les forts pourcentages. Ils reviennent sur leur coéquipier et ils partent à trois. C'est du tableau noir." La matérialisation de ce scénario rêvé a pris une tournure bien plus terne.
"En réalité, Quintana n'était pas si fort que ça et ils n'ont pas réussi à lâcher le peloton", poursuit notre consultant, pour qui chercher à intégrer l'échappée en début de course était une meilleure option. "On a vu les équipiers de Pogacar, dans la roue, qui avaient envie de dire 'C'est une attaque, ça ? Même pas mal !'", appuie-t-il. En prime, la Movistar a manqué de réussite, Sanchez étant victime d'un problème mécanique qui a définitivement précipité dans l'eau ce coup d'épée peu affûtée.
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Costiou : "Je remercie vraiment Julian, qui n'était pas obligé de faire ça..."

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Pellizzari adoubé

Puis, alors qu'un nouveau groupe de tête s'était formé, le leader du classement général a donc fini par se dévoiler, à l'issue d'un ultime relais de Majka qui avait mis dans le rouge tous les autres ténors de ce 107e Tour d'Italie. "Pogi" a rattrapé des coureurs partis à l'offensive dans le final, dans cet ordre : Christian Scaroni, Ewen Costiou et Giulio Pellizzari (2e à 16") qu'il a doublé aux 800 mètres sans trop en faire, donnant l'impression de ne pas vouloir le déposer à tout prix.
Le deuxième du Tour de l'Avenir 2023 a été repris par Daniel Felipe Martinez (3e, dans sa roue) et tenter de lui laisser la victoire n'était donc pas raisonnable – si tant est que cela ait traversé l'esprit du chef de file d'UAE Emirates. Mais le Slovène a offert sa tunique rose à son dauphin du jour à Santa Cristina Valgardena, juste après avoir franchi la ligne, le complimentant en sus : "Il a été très fort, je pense qu'il peut remporter une étape cette semaine."
Résultat, le double vainqueur du Tour de France (2020, 2021), qui espérait rester "en sécurité" dans le peloton en cette 16e étape rabotée (118 bornes au lieu de 206), dans le froid et sous la pluie, a pu nous montrer les cinq doigts de sa main droite, sans se lancer dans un raid solitaire ni passer pour le méchant. Mardi dernier, Pogacar avait le mauvais rôle. Celui du patron qui ne lève pas les bras et ironise sur un acte de bienséance quasiment contraint. Ce mardi, il a eu le très beau rôle. Celui du vainqueur magnanime. Car "involontaire".
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Pogacar chipe la victoire à Pellizzari... mais lui donne son maillot rose

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