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Tadej Pogacar, une domination comme on n'en fait plus
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Publié 13/05/2024 à 01:02 GMT+2
Après neuf jours de course et alors que le Giro goûte à sa première journée de repos dans la douceur des environs de Naples, Tadej Pogacar (UAE-Emirates) voit la vie en rose. Leader du Tour d'Italie depuis le deuxième jour, le Slovène a de plus remporté trois étapes sur neuf, le tout en possédant une avance conséquente au classement général. Sinon totale, sa domination est historique.
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Sans que l'on sache vraiment pourquoi, Alberto Contador, notre consultant Eurosport, s'était senti obligé de préciser que non, définitivement Tadej Pogacar (UAE-Emirates) ne remporterait pas chacune des 21 étapes du Giro cette année. Le double vainqueur de l'épreuve (2008 et 2015), sept fois lauréat en grand tour, connaît trop bien la chose cycliste pour que l'on imagine une seule seconde qu'il ait pu douter de sa réponse mais elle témoignait d'un sentiment général que la route a confirmé. Oui, le petit Pogi se balade en Italie.
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La palette | "Pogacar comme à l'entraînement" : son sprint diabolique
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Balade disions-nous donc mais à 43 km/h de moyenne, Pogacar n'amuse pas le terrain en Italie et on l'a vu vainqueur ou actif sur cinq des neuf étapes qui ont mené les coureurs du nord de l'Italie à Naples la rebelle. Alors que beaucoup l'imaginaient conservateur, Pogacar se veut glouton. C'est que chez lui, le naturel revient toujours au galop et on l'a même vu tenter sa chance dans le final d'une 3e étape promise aux sprinteurs. "Pogi" n'a aucun maître et une seule obsession : attaquer dès qu'il peut pour ne jamais laisser gagner l'ennui.
Des "clowns" face à Pogacar
Bilan, après neuf jours de course, il n'y en a que pour lui, ou presque. Il reçoit les lauriers pour ses succès mais aussi les critiques quand son équipe tue les espoirs des fuyards sur la 8e étape, samedi. "Écoeurant" a commenté Romain Bardet qui n'avait pas totalement compris pourquoi les UAE et leur leader s'étaient battus à ce point pour un troisième succès en huit jours. "Mes coéquipiers ont voulu jouer la victoire après avoir survécu à la première longue ascension", a simplement commenté l'intéressé. C'est si simple le vélo quand on s'appelle Pogacar et UAE.
Trois succès avant la 9e étape et la première journée de repos, ce n'est pas si courant sur les grands tours. Jasper Philipsen l'avait fait sur le Tour de France 2023, Arnaud Démare sur le Giro 2022 et quelques autres - une petite douzaine -, ces vingt dernières années. Mais tous, y compris le plus victorieux d'entre eux (4 pour Alessandro Petacchi sur le Giro 2004) ont un point commun, celui d'être sprinteur, ce que n'est pas Pogacar malgré une liste sur laquelle on a bien du mal à apposer un point final.
"La course contre 'Pogi' est un peu absurde, a commenté Maximilian Schachmann auprès de GCN. C’est impressionnant, on ressemble parfois à des clowns." L'Allemand l'avait pourtant battu au sprint le premier jour à Turin pour terminer deuxième derrière Jhonatan Narvaez mais depuis Pogacar est serein, pour ne pas dire souverain. Après neuf jours, son avance sur son plus proche poursuivant s'établit à deux minutes et quarante secondes. Du très rarement vu au XXIe siècle sur les grands tours.
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Narvaez contrarie Pogacar au sprint : l'arrivée de la 1re étape en vidéo
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Des écarts déjà très importants
Si l'on écarte les leaders de circonstances (grâce à une ou plusieurs échappées), un seul coureur a fait mieux au matin de la première journée de repos. Il s'agissait de… Tadej Pogacar, évidemment. Vainqueur du Tour de France 2020, il avait écrasé l'édition suivante, comptant 5'18'' d'avance sur Rigoberto Uran (3e) alors que Ben O'Connor avait profité de sa fuite vers Tignes pour se placer au deuxième rang. Cette année-là, "Pogi" avait malgré lui profité des chutes de Primoz Roglic et Geraint Thomas en début de Tour de France.
Pour le reste, il faut remonter à Primoz Roglic sur le Giro 2019 pour retrouver une avance réellement conséquente à ce moment de la course (1'44'' sur Vincenzo Nibali) et même à la Vuelta 2007 pour passer la barre des deux minutes (Denis Menchov avait 2'27'' d'avance sur Cadel Evans). Ce sont donc des écarts d'un autre temps qu'a déjà creusés un Tadej Pogacar que l'on sait peu partageur sur les courses de trois semaines.
Comme Rominger en 1995 ?
C'est bien simple, quand il prend le maillot de leader sur un grand tour, le Slovène de la UAE ne le donne jamais. En 2020, il n'avait évidemment pas eu le temps, l'arborant seulement sur l'étape des Champs mais en 2021, il l'avait porté des Alpes jusqu'à Paris avant, en 2022, de se le faire déposséder contre son gré par Jonas Vingegaard dans la célèbre étape du Granon.
Si sur ce Tour d'Italie, on l'imaginait peut-être "offrir" le maillot rose à un échappé, Pogacar l'a gardé bien accroché à ses épaules et les écarts laissent désormais penser qu'il lui sera difficile de le lâcher pour partager les responsabilités. Voir un homme en rose du deuxième jour jusqu'au bout n'est pas une évidence non plus sur le Giro puisqu'il faut remonter à 1995 pour voir Tony Rominger prendre la suite de Mario Cipollini pour ensuite mener jusqu'à Milan. Pogacar n'en est pas là mais dans deux semaines, ce sont, sauf accident, d'autres chiffres qu'il faudra convoquer pour mesurer son incroyable domination.
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