Grand Prix de Québec | Paul Seixas n'est-il pas encore plus fort sur les courses d'un jour qu'il ne l'est sur le Tour ?

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Dans la longue liste des exploits de Paul Seixas depuis deux ans et son arrivée chez les professionnels, sa 4e place sur le Tour de France figure très haut. Parce qu'il est Français et qu'il a des qualités de grimpeurs fabuleuses, on lui projette un avenir sur les épreuves de trois semaines mais cette saison, le leader de Decathlon CMA CGM a peut-être été encore meilleur sur les courses d'un jour.

"Je pense que Seixas ne fera rien aux championnats du monde"

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Paul Seixas est-il un petit Tadej Pogacar ? Ne levez pas tout de suite les yeux au ciel, il n'est pas question de talent ici, quoique le Slovène n'a pas fait ce que réussit le Français à son âge, c'est un fait. Parlons plutôt caractère, attirance, préférence et… qualités. Il ne le dira peut-être pas mais on jurerait qu'il a pris plus de plaisir sur les classiques de début de saison qu'il n'en a pris sur le Tour de France, pourtant achevé juste au pied du podium. De Québec à la Lombardie en passant par Montréal et les Mondiaux, Seixas a l'occasion de prouver qu'il est peut-être encore plus à l'aise dans des courses sans lendemain.
Entre ses résultats sur les grands tours (2e en Algarve, 1er au Pays basque, 4e du Tour) et ceux sur les classiques (1er de la Faun-Ardèche, 2e des Strade Bianche, 1er de la Flèche Wallonne, 2e de Liège-Bastogne-Liège), difficile de décider de quel côté faire pencher la balance. La saison du coureur de Decathlon CMA CGM serait excellente pour 98% du peloton, elle est ahurissante pour un homme qui fêtera ses 20 ans dans deux semaines. Il sait tout faire, tout très bien faire mais où est-il le plus efficace ? 

La Redoute dans la roue de Pogacar : l'acte de naissance 

Du Tour Auvergne-Rhône-Alpes à la Grande Boucle, on l'a bassiné avec des questions sur l'inconnue prétendue des longs cols, doute qu'il a évidemment levé, ce dont personne de censé ne doutait, eu égard à ce qu'il avait montré sur des montées plus courtes et sur les contre-la-montre. Seixas a de la puissance à revendre, qu'importe le profil, mais s'il fallait retenir un moment, ce serait bien sûr l'ascension de la Redoute sur Liège-Bastogne-Liège. Ce jour-là, Tadej Pogacar a tout fait pour le lâcher, battant son propre record de l'ascension. Pourtant, Seixas n'a pas faibli, lâchant finalement dans la Roche-aux-Faucons un peu plus loin. 
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Chez Decathlon CMA CGM, on avait pris les six courses de son calendrier du printemps comme autant de tests. Avant la Flèche Wallonne, alors que Liège se profilait, on attendait de savoir ce que Seixas avait à offrir sur des efforts de puncheur. Le résultat fut éclatant avec la victoire au sommet du Mur de Huy et cette performance tellement prometteuse cinq jours plus tard. Les classiques sont des terrains de jeux exceptionnels, si tant est qu'on puisse y briller. 

Une fin de saison parfaite pour les qualités de Seixas 

Parce qu'il est très jeune et surtout parce qu'il était en découverte, Seixas a dû maîtriser ses envies sur le Tour, chose qu'on ne lui demande jamais sur les classiques. C'est pourquoi il s'était envolé à 41 kilomètres de l'arrivée pour aller s'imposer en Ardèche en février ou qu'il s'est frotté au soleil Pogacar aux Strade en mars ou à Liège en avril. Qu'importe les conséquences. Bien lui en a pris puisqu'il s'est découvert un punch dont on soupçonnait les contours sans en mesurer véritablement la puissance. A l'instant T, il est bien l'un des meilleurs du monde sur les classiques vallonnées. Exactement ce qui va lui être proposé d'ici la fin de saison.
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Avant de se rendre au Québec, Seixas s'est mis en mode classiques. Aux Arcs, où il a posé ses valises fin août pour le dernier stage de la saison en altitude, le travail a largement été axé sur l'explosivité, mise de côté à la fin du printemps au profit des efforts longs, de l'endurance et de la récupération. A Québec, et plus sûrement à Montréal, Seixas aura déjà deux occasions d'étoffer un peu un palmarès déjà fourni cette saison. Le Français avait dès décembre 2025 ciblé les deux grands prix canadiens, mettant d'emblée la Vuelta de côté, ce pour se préparer pour son grand objectif de la fin de saison : le championnat du monde. 
Autour du Mont Royal, Seixas devra ferrailler non pas avec Tadej Pogacar mais plutôt avec Remco Evenepoel et Isaac Del Toro, deux hommes qui l'ont devancé sur le Tour de France mais qu'il a laissé derrière à Liège pour le Belge, aux Strade pour le Mexicain. De quoi imaginer qu'aux Mondiaux, Seixas sera encore plus près qu'au Tour de France et peut-être même un peu devant bien qu'Evenepoel reste le favori numéro un. Si ça n'est pas au Canada, ça sera peut-être au Tour de Lombardie, sorte de quintessence de l'éventail des qualités montrées cette saison.
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