Un nouveau printemps, de nouvelles possibilités. Les frimas sont toujours là. Un froid glacial accompagne le départ de Paris-Nice, ce dimanche, après avoir gelé les courageux du week-end dernier, dans la Drôme, en Ardèche ou sur le week-end d’ouverture belge. Mais l’atmosphère cycliste se réchauffe en ce début mars, même si les coureurs laissent derrière eux le soleil qui a baigné les épreuves australiennes, latines ou arabes du début de saison. Après l’échauffement sous des latitudes plus favorables, l’heure des braves est venue. Et parmi eux, on attend forcément Julian Alaphilippe.

Le puncheur français de la Quick-Step Floors est toujours prompt à faire monter la température en course. Il l’a déjà démontré cette année. Vainqueur d’étape sur la belle fête colombienne que fut Oro y Paz et bien en vue la semaine dernière sur le Tour d’Abou Dabi. "Je me sens bien, j’ai fait un bon hiver", nous expliquait-il alors. Les jambes étaient bien affutées, l’esprit toujours aussi déterminé, et les résultats déjà intéressants. Mais c’est maintenant qu’on attend Alaphilippe, et c’est aussi maintenant que lui espère particulièrement briller : "Paris-Nice, c’est une course importante, qui me plaît beaucoup. Quand j’y arrive, c’est que la saison est vraiment bien lancée. C’est un rendez-vous très important."

Cyclisme
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03/03/2018 À 17:35
Julian a un énorme moteur. C'est la grande différence avec les autres coureurs.

L’avantage avec Alaphilippe, c’est qu’il passe rarement à côté des rendez-vous qu’il se fixe. L’autre avantage, c’est qu’il est en mesure de chasser des objectifs tout au long de la saison. "Comme Valverde, Julian est rapide au sprint donc il peut gagner beaucoup de courses”, se réjouit Geert Van Bondt, le directeur sportif qui l’accompagne notamment sur les Ardennaises. “Il a aussi un énorme moteur. C’est la grande différence avec les autres coureurs. Quand vous voyez ses volumes d’entraînement… Certains ne peuvent pas encaisser cette charge, lui oui. Pour moi, il est ce genre de coureurs hyper talentueux capables de s’exprimer de février jusqu’en octobre."

Julian Alaphilippe

Crédit: Getty Images

L’année dernière, Alaphilippe a ainsi impressionné dès Paris-Nice (maillot jaune après avoir remporté le chrono du Mont Brouilly) et était l’un des hommes les plus forts de l’automne - ne revenons pas sur le maillot arc-en-ciel qui lui a filé entre les doigts, je bondis encore à chaque fois qu’on évoque les Mondiaux. Seul accroc, de taille : une absence de quatre mois, d’avril à début août, lorsqu’une blessure au genou a privé le peloton d’un de ses coureurs les plus excitants, acteur majeur d’un Milan-Sanremo ébouriffant et qui s’apprêtait à défier Alejandro Valverde sur les Ardennaises. L’Espagnol fait même d’Alaphilippe son rival numéro un sur ces courses dont il est le maître quasiment incontesté.

Ce printemps, le programme est à peu près le même : Course au soleil, Primavera, Tour du Pays basque et classiques ardennaises avant une coupure en vue du Tour. "Je veux être dans la lignée de ce que j’ai fait l’année dernière", nous explique Alaphilippe. Dans sa bouche, ça veut dire "faire le travail pour l’équipe mais aussi avoir des ambitions à moi, (…) être en forme pour me faire plaisir et faire ce que je dois faire."

L'heure du premier Monument ?

Dans notre esprit, "être dans la lignée de ce (qu’il a) fait l’année dernière", ça veut dire enflammer la course et peut-être accrocher cette première très grande victoire autour de laquelle il tourne. Le dernier Milan-Sanremo et l’épreuve olympique de Rio furent deux des plus beaux jours de course des dernières années. Alaphilippe n’y était pas pour rien et on en redemande… Mais il va falloir qu’il finisse par lever les bras sur ces rendez-vous.

La folle arrivée de Milan-Sanremo : Peter Sagan, Michal Kwiatkowski et Julian Alaphilippe

Crédit: Panoramic

"J'espère que ça va venir cette année, on verra bien", temporise le principal intéressé, qui peut déjà faire valoir ses victoires sur la Vuelta ou en Californie. "J’aimerais bien en tout cas. Je n’en vise pas un en particulier. Liège ou Sanremo, ce sont deux Monuments mais ça ne se gagne pas de la même manière. Le scénario à Sanremo était exceptionnel l'an dernier, il n'est pas dit que ça se reproduise."

Je sais, le jeune loup n’a pas encore 26 ans, mais l’incandescence de son talent appelle à l’impatience. Et cela fait trois ans qu’il a signé ses deux premiers podiums sur les Ardennaises, devancé par le seul Valverde aussi bien à Huy qu’à Liège en 2015. Depuis, il a encore fini 2e sur la Flèche (en 2016) et a également accroché le podium sur les Monuments que sont Milan-Sanremo (3e) et le Tour de Lombardie (2e), l’an dernier. Alaphilippe tourne autour et tout le monde sait qu’il a le talent pour concrétiser.

"On ne gagne pas un Monument comme ça, du jour au lendemain", faisait-il remarquer cet automne lorsque je lui opposais le pedigree de ceux qui parviennent encore à le frustrer (Valverde, Kwiatkowski, Nibali). Le constat est toujours valable mais Alaphilippe a encore pris de l’épaisseur, avec ses expériences heureuses et malheureuses des dernières saisons. Van Bondt promet même qu’il est "encore plus fort" aujourd’hui que l’année dernière sur le plan physique. On en salive déjà.

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