Pourquoi un report était inévitable ?

Les déclarations du préfet du Nord et des Hauts-de-France, Michel Lalande, qui avait lâché un "le ciel est moins bleu" sur les ondes de France Bleu le 22 mars dernier étaient un signe très négatif. L'organisateur a depuis cherché à convaincre le gouvernement qu'un Paris-Roubaix sans risque était possible. Interrogé par L'Equipe ce jeudi, Christian Prudhomme, le patron d'ASO, a raconté la reconnaissance du parcours la semaine dernière, moment où il a cru pouvoir inverser la tendance.
"Le but était de voir si en supprimant certains secteurs, on aurait pu tenir plus facilement le public potentiel. C'était une 'reco' quasiment mètre par mètre, où l'objectif était de voir comment bloquer la route, quel dispositif mettre en place, quel affichage, quelle barrière... C'était très minutieux, mais cela n'a pas suffi", dit-il. Effectivement, Paris-Roubaix n'a pas tenu le coup, comme fin 2020 quand le même préfet avait décidé de l'annulation de la course dans un contexte sanitaire tendu. Le maire de Wallers a même mis sur la table une suppression de la mythique Trouée d'Arenberg du parcours mais rien n'y a fait.
Paris - Roubaix
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01/04/2021 À 14:25

Octobre, la meilleure solution ?

Paris-Roubaix a été reporté de près de six mois ce jeudi (du 11 avril au 3 octobre). Un écart énorme mais l'Union cycliste internationale, a jugé, en relation avec toutes les parties, que cette date du premier weekend d'octobre était le meilleur compromis. Pourquoi ?
Premièrement, programmer une nouvelle date en avril était impossible. Depuis mercredi, la France est confinée pour quatre semaines, ce qui nous emmène au 2 mai. Rien ne dit que les restrictions ne seront pas prolongées et le Tour d'Italie s'élance le 8 de ce même mois. Être en concurrence avec le Giro en 2020 était acceptable, c'est en revanche inimaginable en 2021 dans une saison "normale".
En juin, tous les weekends sont pris par le Dauphiné, le Tour de Suisse, les championnats nationaux puis le Tour de France. Juillet et août sont aussi très chargés, d'autant plus avec les JO de Tokyo. Restait alors la solution plus lointaine en octobre. Elle a le double avantage de donner de la visibilité aux coureurs et d'espérer une présence du public sur l'Enfer du Nord puisque la vaccination devrait être bien avancée dans l'Hexagone à cette date.

Quelles conséquences sur le calendrier ?

Le report de Paris-Roubaix rend le mois d'avril plus triste sur la planète cyclisme. Le 3 octobre prochain, 903 jours se seront écoulés depuis la dernière édition de l'Enfer du Nord. Une éternité. La nouvelle date n'arrange évidemment pas tout le monde. "Il est bien évident que dans le calendrier national belge, italien et français, ce décalage risque de perturber certaines courses et nous en sommes désolés", a avoué Christian Prudhomme à L'Équipe. Trois courses de l'Europe Tour étaient prévues ce jour-là : le Gran Premio Bruno Beghelli en Italie, La DH Famenne Ardenne Classic en Belgique et le Tour de Vendée en France.
C'est très dommageable pour ces courses mais ce choix du 3 octobre pour les hommes (le 2 pour le premier Paris-Roubaix féminin), va nous offrir un enchaînement spectaculaire entre la fin septembre et le début du mois d'octobre. Le 26 septembre aura lieu la course en ligne masculine des Mondiaux dans les Flandres avant donc Paris-Roubaix, où le champion du monde pourra étrenner son nouveau maillot, puis le Tour de Lombardie le dimanche suivant.

Une aubaine pour van der Poel et Van Aert… moins pour Alaphilippe ?

Si Mathieu van der Poel n'a pas donné de très bons signes quant à sa forme sur A Travers la Flandre ce mercredi, le Néerlandais et son compère Wout Van Aert étaient quand même les deux favoris de Paris-Roubaix. Sauf incident majeur sur le Tour des Flandres ce dimanche, ce statut n'allait pas évoluer en une semaine. Mauvaise nouvelle donc ? Pas tout à fait car le nouveau calendrier leur offre de belles possibilités.
Très proche de nous déjà. Van der Poel est sur la brèche des classiques depuis fin février, Wout Van Aert depuis début mars. Les deux sont des Flandriens mais ils peuvent nourrir des ambitions sur les Ardennaises, on en veut pour preuve le succès de "MVDP" sur l'Amstel Gold Race en 2019 et la 2e place de "WVA" aux Mondiaux 2020 derrière Alaphilippe. Avec un dimanche de repos supplémentaire, les deux pourraient très bien avoir envie de pousser jusqu'à Liège-Bastogne-Liège (25 avril). Ce qui n'est pas forcément une bonne nouvelle pour Julian Alaphilippe qui allait lui, de toute façon, zapper les pavés du nord de la France.

Le contre qui fait mal : comment Van der Poel a déposé Van Aert

Reste à savoir si van der Poel et Van Aert auront encore le feu sacré en octobre. Certes le Mondial semble leur convenir mais leur saison aura déjà été bien harassante. Il faut se souvenir qu'ils n'ont pas vraiment coupé avec la saison de cyclo-cross et que le Néerlandais a fait de l'épreuve de VTT des JO un objectif.
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