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La Vuelta - Remco Evenepoel, leader du Tour d'Espagne, a-t-il la pression en Belgique ? "Il est attendu comme le messie"
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Publié 26/08/2022 à 00:31 GMT+2
VUELTA 2022 - Leader du Tour d'Espagne depuis jeudi et son coup de force dans le Pico Jano, Remco Evenepoel (Quick Step - Alpha Vinyl) est l'espoir de tout un pays qui attend une victoire sur un grand tour depuis 44 ans. Encore jeune mais terriblement talentueux, le surdoué subit-il cette pression ? Nous avons interrogé des confrères belges pour prendre le pouls d'un pays où le cyclisme est roi.
Quand le rouleau compresseur Evenepoel fait céder Roglic
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Bernard Hinault le sait, être le dernier des vôtres à avoir triomphé d'une course si chère dans le cœur du public que le Tour de France, vous condamne à revivre les mêmes scènes chaque année. On parle ici uniquement de la Grande Boucle, alors imaginez un peu la Belgique et ses 44 ans d'attente depuis le succès de Johan De Muynck sur le Giro. Imaginez maintenant la pression qui entoure Remco Evenepoel, leader de la Vuelta depuis jeudi, et espoir d'un pays qui attend ça depuis trop longtemps.
"Le garçon gère assez bien cela, mieux qu'avant en tout cas", sourit Stéphane Thirion, journaliste pour le quotidien Le Soir et envoyé spécial sur le Tour d'Espagne ou sur le Tour d'Italie 2021 où Remco Evenepoel avait découvert d'abord de manière épatante et ensuite dans la douleur les grands tours. Questionné à ce sujet avant le départ de la Vuelta depuis les Pays-Bas, le coureur de la Quick-Step avait semble-t-il tout prévu.
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Evenepoel : "C’est l’une des plus belles choses que j’aie réalisées sur un vélo"
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Eevenepoel a préparé la Vuelta... loin de la Belgique
"Je n'ai pas senti la pression, disait-il, et pour cause. J'étais loin de la Belgique depuis le mois de juillet. Ça m'a fait du bien de ne pas être dans tout ces, je ne dirais pas ces problèmes, mais les commentaires, ce que les gens disent sur moi, mes coéquipiers, ma famille. Ça m'a fait du bien. C'était la meilleure manière de me préparer : partir loin de la Belgique et rester près de mes coéquipiers, mes amis et ma famille. C'est l'un des meilleurs choix de ma vie." Les mots sont forts, d'autant plus pour un gamin qui a abandonné son sport de toujours, le football, pour le cyclisme à 17 ans, avant d'en devenir l'un des plus grands espoirs.
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Le coup de force de la Quick-Step, la vaine résistance de Molard : le résumé de la 6e étape
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"Il y a de la pression parce qu'il y a beaucoup d'attentes autour de Remco Evenepoel, reconnaît Cyril Saugrain, consultant pour la RTBF, chaîne de télévision belge. Le public belge attend depuis très longtemps quelqu'un qui est capable de briller sur les grands tours. Quand j'ai commencé à être consultant pour la RTBF, ils disaient qu'ils n'avaient pas de sprinteurs, pas de rouleurs, là ils se retrouvent avec les meilleurs dans les deux domaines. Et ils ont ce Remco Evenepoel qui est un phénomène". Voilà pour le public belge, évidemment passionné dans un pays où le cyclisme est "le sport numéro 2 globalement et numéro 1 en Flandres", dixit Stéphane Thirion.
Evenepoel - Van Aert, même combat
"Il y a une présence médiatique massive, poursuit-il. Dans la presse néerlandophone (flamande donc), il y a une forme de pression autour de lui qui est la même qu'autour de Van Aert. On sait tout d'Evenepoel dans la presse flamande, son père, sa mère, sa copine. Il n'y a que son chien qu'on n'a pas encore interrogé. On va voir le soigneur, le diététicien, on suit tout le monde, exactement comme on le fait avec Van Aert." Comme son homologue, Evenepoel sait faire beaucoup de choses mais contrairement à lui "WVA" n'est pas encore un candidat à la victoire sur les grands tours.
"Il est attendu comme le messie, sourit Cyril Saugrain. Le cyclisme belge est quand même tourné vers les classiques, c'est dans les gènes des coureurs, des spectateurs. Il y a une culture classique mais les grands tours avec des coureurs comme Remco Evenepoel, ils y pensent forcément." Du côté de Stéphane Thirion, on ne dit pas autre chose : "Le fait que la Belgique ne gagne plus de grand tour depuis 44 ans joue évidemment. C'est paradoxal d'être la première nation mondiale et de n'avoir personne dans le Top 5 de ces courses. La presse belge les suivait pour des victoires d'étape mais sur un général, le dernier c'était Jürgen van den Broeck (4e du Tour 2012)".
La Vuelta peut-elle déjà mettre fin à la malédiction ? Le plat pays y pense même si notre confrère évoque plutôt un Top 5 puisque "Roglic, Mas et les autres ont un répertoire de grimpeur plus étoffé que lui". Avec la démonstration de jeudi, nul doute que l'intérêt a encore dû gagner un ou deux crans. Pas diffusée en direct dans la partie flamande, la Vuelta a pour autant drainé de nombreux journalistes belges sur le terrain. "Toute la presse écrite est là et toutes les télévisions ont un envoyé spécial. C'était aussi le cas au Giro quand Evenepoel était là. Le garçon entraîne avec lui l'engouement de la presse". Un peu de pression, vous avez dit ?
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