Vuelta 2026 | Pour le Tour d'Espagne, il y a bien une vie sans Tadej Pogacar

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Voilà une semaine que le Tour d'Espagne est privé de la présence de Tadej Pogacar, venu pour compléter sa trilogie de grands tours. Le Slovène, vainqueur de trois des sept premières étapes, était tellement l'alpha et l'oméga de la Vuelta que son départ a soulevé beaucoup de questions dont la plus importante : la course allait-elle perdre tout son intérêt sans lui ?

Van Aert et Brennan ont flingué à tout-va : le résumé en vidéo

Video credit: Eurosport

Un grand tour peut-il être digne de son histoire quand il compte, après 13 étapes, seulement deux coureurs du Top 10 mondial et quatre du Top 20 encore en course ? La question est volontairement provocatrice, se faisant d'une certaine manière l'écho d'une petite musique entendue après la chute et l'abandon de Tadej Pogacar il y a une semaine déjà. L'ancien maillot rouge manque-t-il réellement à la Vuelta ? Peut-être. S'est-on vraiment ennuyé sans lui ? Absolument pas.
Trois vainqueurs en six étapes avant l'abandon de Pogacar - dont la fin de saison a été actée ce dimanche - six en six jours après, c'est peu dire que depuis samedi dernier, le Tour d'Espagne a pris une autre tournure, plus ouverte, moins prévisible même si au classement général, le maillot rouge n'a pas quitté les épaules d'Enric Mas, nous y reviendrons. "Sans Pogacar, la course est moins contrôlée. Je pense que cela rend le spectacle plus intéressant", estimait Guillaume Martin-Guyonnet vendredi matin. Plus encore que l'étape de vendredi destinée à une échappée et remportée par Wout van Aert, celle de jeudi a livré un scénario sinon complètement dingue, au moins différent.

Carapaz et Gall y croient toujours

Quand Pogacar est là et qu'il a envie de gagner, il n'y a pour ainsi dire pas de course, d'autant qu'il est toujours accompagné d'une équipe UAE Emirates-XRG qui roule à l'allure qu'elle, ou son boss, a décidé, qu'importe ce qui se passe devant ou derrière. On n'est pas obligé de lui reprocher, après tout sa chute a brutalement rappelé qu'il avait raison de gagner dès qu'il le pouvait mais force est de constater que le spectacle, et plus encore le suspense, en prennent un coup. Ce jeudi, Jakob Omrzel a pu se défaire de ses compagnons d'échappées à l'abri du retour d'un peloton où les leaders se flinguaient pourtant.
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Carapaz a tenté d'anticiper : son accélération à près de 40 bornes de l'arrivée

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Aurait-on vu un Richard Carapaz attaquer au nez et à la barbe d'un équipier de Pogacar à plus de 35 kilomètres de l'arrivée si celui-ci était encore en course ? L'entreprise de l'Equatorien avait pour seul but de renverser la course, ce en quoi il n'aurait évidemment jamais cru si le leader était encore slovène et quintuple vainqueur du Tour de France, et à raison. Felix Gall, dont l'équipe Decathlon CMA CGM avait déjà tenté de défier les UAE, aurait-il continué à force de se faire taper sur la tête ? Peut-être pas.

Mas domine, mais...

La course est pourtant dominée par un seul homme, Enric Mas, maillot rouge depuis dimanche dernier, vainqueur d'une étape et le meilleur en montagne sans débat possible. Voir l'Espagnol de 31 ans en position de remporter son premier grand tour est déjà un événement en soi, une immense surprise et une très belle histoire mais si suspense il devait y avoir jusqu'au bout, son succès n'en serait que plus beau pour lui mais aussi pour le public. Avec bientôt deux minutes d'avance, Mas commence à avoir un matelas confortable mais personne ne pense qu'il a déjà gagné la Vuelta, ce qui serait le cas, avouons-le, si Tadej Pogacar était toujours là.
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Un duel pour finir : l'irrésistible Mas écoeure Onley à l'arrivée

Video credit: Eurosport

La fragilité de sa position, eu égard à beaucoup de choses, sa propre histoire d'abord, la composition de son équipe, le CV et le tempérament de ses adversaires, changent absolument tout dans notre manière d'appréhender chaque étape de montagne. Ce qui a fait la grandeur du cyclisme, ce ne sont pas les champions intouchables mais bien l'idée qu'il peut tout leur arriver à n'importe quel moment, ce que Pogacar nous avait fait oublier. Mas sera peut-être le vainqueur de la Vuelta dans une grosse semaine mais personne ne peut mettre toutes ces économies là-dessus et disons-le, c'est assez rafraichissant.
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