Le 25 mai 2018, Christopher Froome réalisait le plus grand exploit d'une carrière pourtant déjà bien remplie. Vers Bardonecchia, son raid de 80 kilomètres lui permettait de refaire ses presque trois minutes de retard sur Tom Dumoulin pour se parer définitivement de rose. Alors que Eurosport rediffuse ce jeudi (15h30 sur Eurosport 1) cette étape dans le cadre des "Giro d'Italia classics Stages", le Britannique est revenu, pour nous, sur cette journée.
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Avant cette 19e étape, le Giro de Chris Froome, vainqueur du Tour de France et de la Vuelta l'année précédente, n'avait pas été tout rose. Entre chutes et forme incertaine, le leader de Sky semblait incapable de se mêler à la lutte pour la victoire finale alors que Simon Yates volait et que Tom Dumoulin était un dauphin solide. "Jusqu'à cette étape, le Giro ne s'était évidemment pas passé comme nous l'avions prévu", rembobine-t-il pour Eurosport. Mais la veille, Yates a lâché quelques dizaines de seconde, montrant quelques signes de faiblesse. Le signal, pour Froome, qu'un coup de Trafalgar était possible.
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"All in"

"J'en étais à un point où, même si c'est toujours bon de terminer sur le podium d'un Grand Tour, après avoir gagné quatre fois le Tour et deux Vuelta, je préférais tout miser, quitte à tout perdre, assure aujourd'hui le natif de Nairobi (Kenya). J'ai proposé mon idée à l'équipe (partir de loin, ndlr) et certains ont levé un sourcil. Ils hochaient la tête comme s'ils étaient d'accord mais qu'en même temps ils n'y croyaient pas." Il faut dire que cette accélération sur le Colle delle Finestre à 80 kilomètres de l'arrivée et avec encore deux ascensions ressemblait à une auto-destruction.
"Ce n'était pas une attaque incroyable, c'était plutôt une accélération en tête du groupe. Je pensais que les autres allaient pouvoir me suivre mais ils ont sans doute pensé que c'était du suicide, que j'allais dans le mur. C'était exactement ce que je voulais", analyse le septuple vainqueur de Grands Tours. Froome était parti pour un raid qui a rappelé à certains la journée d'un Floyd Landis convaincu de dopage quelques jours après une entreprise similaire sur le Tour de France 2006.

La moto qui l'a empêché de chuter

Seul, Froome a pu gérer son tempo mais a peut-être évité une chute qui aurait tout changé. "Dans la descente du Finestre, il y avait un virage dans un tunnel et j'ai vu une moto à terre, se souvient-il. Sans cette moto je n'aurais sans doute pas su que le virage était dangereux. Elle m'a peut-être évité une chute." Finalement tout s'est bien passé dans une journée incroyable à bien des égards.

Chris Froome

Crédit: Getty Images

"C'était évidemment un sentiment fantastique de remporter cette étape mais je me demandais surtout si les écarts communiqués étaient les bons. Je me souviens nettement du moment où l'écart suffisait pour que je sois maillot rose. J'ai été submergé par les émotions." Avec 3'23'' d'avance sur la ligne sur Dumoulin et 38 sur un Simon Yates à la dérive, Froome venait de s'assurer la victoire finale. "Il n'y a pas un seul autre jour comme celui-ci dans mes victoires sur les Grands Tours, jubile Froome deux ans plus tard. D'habitude c'est plutôt une collection de moments pendant trois semaines, là j'ai gagné le Giro ce jour-là. C'est l'un de mes souvenirs les plus chers."
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