Jour de gloire pour Lorenzo Fortunato et la formation EOLO-Kometa ! Parti dans l’échappée dès le début de l’étape, l’Italien de 25 ans a pris le meilleur sur ses compagnons pourtant réputés meilleurs grimpeurs, comme Bauke Mollema ou George Bennett, pour s’offrir un succès de prestige au sommet du mythique Monte Zoncolan. La toute première victoire de sa carrière mais aussi la première sur un Grand Tour pour l’équipe d’Ivan Basso et d’Alberto Contador. Le plus fort dans les derniers kilomètres, Egan Bernal (INEOS Grenadiers) a lui encore conforté son maillot rose de leader. Le voilà avec plus d’une minute trente d’avance sur tous ses adversaires.

Montée parfaite pour Fortunato

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22/05/2021 À 15:28
Le Monte Zoncolan est un mythe du Tour d’Italie qui ne sacre que des champions, mais il n’est pas forcément gagné par des champions déjà établis. Ce n’est ni Astana-Premier Tech, ni son directeur sportif Giuseppe Martinelli qui diront le contraire. La formation kazakhe a passé la journée à rouler pour gagner l’étape, estimant que seul un champion – et donc un favori - devait s’imposer au sommet du géant du Frioul. A l’arrivée, non seulement la victoire d’étape échappe à Astana-Premier Tech mais son leader russe apparait même comme le grand perdant de la journée. Lorsque le groupe des favoris est apparu très amaigri au pied du Zoncolan, le succès ne semblait déjà plus qu’une lointaine chimère avec plus de 6 minutes de retard sur l’échappée matinale.
Bien aidée par l’énorme travail de Mosca pour Mollema et d’Affini pour Bennett, les deux hommes ayant étonnamment coincé, celle-ci avait de bonnes chances de s’imposer au moment d’aborder les 13,8km à 8,9% du Monte Zoncolan, abordé comme en 2003 par le versant du Sutrio. Parti en facteur à 11km du sommet, Jan Tratnik (Bahrain-Victorious) a un temps cru pouvoir surprendre son monde mais il n’a rien pu faire face au retour de Lorenzo Fortunato.
Le grimpeur italien d’EOLO Kometa a parfaitement géré sa montée pour distancer le Slovène dès les premiers pourcentages et, malgré une belle résistance du vainqueur de San Daniele del Friuli l’an passé, résisté par la suite. A 25 ans, le voilà qui s’offre son premier succès chez les professionnels, pour le premier Grand Tour de sa formation. Un succès de prestige qui plus est.

La gloire pour Fortunato, les déboires pour les rivaux de Bernal et Yates : arrivée de la 14e étape

Astana a joué gros et Astana a perdu (gros)

Pourtant, Astana-Premier Tech n’avait ménagé sa peine dans la Forcella di Monte Rest, à plus de 60km de l’arrivée, reprenant deux minutes aux onze hommes de tête avant de faire la descente tambour battant, au point de s’isoler en bas en la seule compagnie de Bernal, Castroviejo et Bilbao. Mais la transition était trop longue, tout est rentré dans l’ordre et lorsque INEOS Grenadiers a pris les choses en main à 9 kilomètres de l’arrivée, Vlasov a vite été esseulé. Et le ménage s’est vite effectué parmi les favoris.
Après la grosse défaillance de Nibali (Trek-Segafredo, +12’04’’), c’est Remco Evenepoel qui, comme attendu, a été le premier candidat au podium à craquer. Longtemps à la limite, le jeune Belge a fini par lâcher prise à 2 kilomètres de l’arrivée. Sans exploser toutefois, ce qui est plus surprenant, puisqu’il concède "seulement" 1’30’’ à un Egan Bernal encore une fois intouchable.

Simon Yates et Egan Bernal à la lutte dans le Monte Zoncolan, lors de la 14e étape du Giro - 22/05/2021

Crédit: Getty Images

Bernal largement au-dessus du lot

Le maillot rose a été le seul à pouvoir suivre l’attaque d’un Simon Yates qui monte en puissance, avant de le contrer à 300 mètres de la ligne pour grignoter encore 11’ secondes sur le Britannique mais bien plus sur les autres favoris. Surprenant 3e du général, Damiano Caruso concède 39 secondes comme Gulio Ciccone (Trek-Segafredo) et Daniel Felipe Martinez, équipier de … Bernal. Dan Martin (Israel Start-Up Nation, +44’’), Emmanuel Buchmann (Bora-Hansgrohe, +46’’), Hugh Carthy (EF Education Nippo, +54’’) limitent eux aussi la casse alors que Romain Bardet (DSM, + 1’’02) a réalisé une montée correcte pour rentrer dans le top 10 du général (9e).
Non, le grand perdant du jour se nomme bien Aleksandr Vlasov. Le Russe a concédé à peine moins qu’Evenepoel (+ 1’’12) et se retrouve éjecté du podium du classement général (4e, +1’57’’) où Simon Yates est le nouveau dauphin de Bernal (+ 1’33’’). Mais pour l’heure, le roi du Giro est bien Colombien et il est (largement) au-dessus du lot.

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