Tour de Catalogne : Remco Evenepoel, du punch… avec modération
Eurosport sur GoogleTOUR DE CATALOGNE - Il ne manquait plus que ça. Remco Evenepoel se met à faire preuve d'une célérité notable dans les derniers hectomètres. Une qualité entrevue l'année passée qui lui a permis de battre au finish Primoz Roglic, mercredi au sommet de la Molina, après l'avoir challengé lundi. Notre consultant Nicolas Fritsch relativise cet atout. Evenepoel reste avant tout un as du travail de sape.
Fritsch : "Van der Poel et Evenepoel sont uniques, Van Aert et Pogacar sont exceptionnels"
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Il dispose d'une grande marge de progression et c'est peut-être ça le plus effrayant. Au milieu de Tadej Pogacar, Wout van Aert ou autre Mathieu van der Poel, horde de stars polyvalentes, il y a Remco Evenepoel. Un écraseur de pédales en chef qui s'est déjà forgé, à 23 ans, un superbe palmarès. Mais le vainqueur de la dernière Vuelta, champion du monde et également tenant du titre de Liège-Bastogne-Liège, fait tout cela alors qu'il a éclos en s'illustrant, quasiment, dans un unique registre.
Depuis qu'il a explosé au grand jour, passant du football au vélo avec succès à vitesse grand V, il a progressé dans l'élargissement de sa palette. Evenepoel n'est plus contraint d'attaquer à cinquante bornes de l'arrivée pour gagner en solitaire. Sa mue vers un profil plus complet a déjà sauté aux yeux, l'an passé. Nous la soulignions d'ailleurs en septembre dernier. Mais face au sprinteur des montagnes qu'est Primoz Roglic, le Tour de Catalogne met cette semaine son punch à l'épreuve.
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Evenepoel a fini par faire craquer Roglic : son arrivée victorieuse à La Molina
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"C'est bon pour mon moral de le battre dans un sprint"
Trois étapes sans gros écarts : trois podiums, dont une victoire ce mercredi. Evenepoel s'invite bel et bien au bal des finisseurs. Au pinacle de la Molina, il a décroché Roglic à 200 mètres de l'arrivée. "J’ai montré que j'avais de la vitesse dans un sprint, après une étape très difficile, s'est gargarisé le leader de l'équipe Soudal - Quick-Step, comme rapporté par la RTBF. C'est bon pour mon moral de le battre dans un sprint." Il s'était déjà essayé à l'exercice lundi, dans un cadre qui lui convenait moins.
Lors de la 1re étape, moins sélective, le sprint en côte n'était pas en tout petit comité, et Evenepoel avait eu du mal à se placer. Trop loin du Slovène de la Jumbo-Visma quand ce dernier s'était dressé sur les pédales, le Belge n'avait pu que le chatouiller. "Si je suis un peu plus proche dans sa roue, lundi, je pense que je gagne l'étape", a-t-il estimé ce mercredi, se disant "un peu frustré" par cette opportunité manquée : "C'était de ma faute". Bien gérer un final s'apprend et il n'en a pas eu l'occasion chez les jeunes.
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Roglic irrésistible, Evenepoel un poil trop court : le résumé de la 1re étape
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"Je pense que sur un sprint à l'entraînement (…) les trois-quarts du peloton le tapent"
"Dans ses années juniors, il était tellement au-dessus du lot qu'il ne travaillait pas sur ça (le sprint). La tactique ? Il n'en avait rien à faire !", sourit Nicolas Fritsch. Sans cette carence stratégique qui perdure légèrement, "(Evenepoel) aurait pu gagner les trois premières étapes, appuie-t-il. Tu sens qu'au niveau tactique, ce n'est pas encore tout à fait ça." Le processus est en cours, et savoir porter l'estocade dans les 300 derniers mètres entre dans cette logique.
"Il a un petit potentiel de fibres rapides qu'il ne faut pas négliger et sur lequel il a intérêt à bosser, parce qu'il n'est plus chez les juniors et les mecs en face sont bons. Il l'a compris", poursuit Fritsch. Il est question d'une progression, pas d'une métamorphose. Evenepoel a peut-être gagné quelques km/h, mais il ne sera jamais un bolide façon Tadej Pogacar. "Je pense que sur un sprint à l'entraînement, 'une pancarte', sur 200 mètres, les trois-quarts du peloton le tapent", explicite notre consultant.
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Martin et Carapaz ont tenté mais Evenepoel et Roglic étaient trop forts : le résumé de la 3e étape
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Toujours plus rouleau compresseur que monstre d'explosivité
D'où un prérequis qui lui convient parfaitement : user ses adversaires. "Il bat Roglic au sommet de la Molina parce que Roglic était à fond, au taquet, note Nicolas Fritsch. Il ne l'aurait pas battu si c'était monté moins vite. En plus, il lance de loin, il l'asphyxie, il le met dans une zone rouge… et Evenepoel, lui, n'est pas dans le rouge, il garde cette petite marge." Pas besoin d'avoir alors une vitesse de pointe impressionnante, si les rivaux stagnent voire s'affaissent.
"Il est capable d'exprimer un certain punch, mais surtout parce qu'il est fastoche", résume l'ancien coureur. Selon lui, même dans le royaume des puncheurs, le Belge pourrait avoir son mot à dire à condition d'imposer le scénario idoine à son sacre : "On peut imaginer un Mur de Huy monté à bloc depuis le pied. Là, il peut gagner. Dans le cas contraire, non." Remco Evenepoel n'en est pas encore à se voir en lauréat de la Flèche wallonne, déjà trois fois remportée par son coéquipier Julian Alaphilippe. Il a un Tour de Catalogne à gagner.
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Evenepoel fait la moue : "Dommage, j'avais le maillot de meilleur jeune…"
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"Je suis sûr qu'il peut les éclater"
"Je pense que l'étape de vendredi sera décisive. C'est une montée assez raide et difficile (8,6 km à 8,8%, NDLR). Elle me plaît bien", salive Evenepoel, deuxième du classement général, dans la même seconde que Roglic (1er). "Il faut encore que certaines pièces du puzzle s'imbriquent chez lui", souligne notre expert, pour qui les atermoiements du prodige dans les dernières lignes droites en sont une illustration parmi d'autres. Il a eu un déclic sur les courses d'un jour, mais il a toujours une petite appréhension sur les courses par étapes. Quand ce truc-là va sauter, ça va être autre chose."
Et si c'était pour vendredi, justement ? "S'il a une opportunité d'attaquer, s'il prend 50 mètres alors qu'il reste 25 minutes d'effort… je suis sûr qu'il peut les éclater et gagner avec deux ou trois minutes d’avance", assure Nicolas Fritsch. Ce ne serait pas le meilleur moyen de façonner ses qualités de sprinteur. Mais une façon de rappeler que l'enjeu de leur développement relève du perfectionnement, voire du perfectionnisme.
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Comment Evenepoel a pris les commandes : l’arrivée de la 3e étape
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