Tour de Catalogne 2e étape : Tadej Pogacar (UAE Emirates) s’est amusé malgré la pluie et le froid
Par Raphaël Brosse
Mis à jour 19/03/2024 à 19:22 GMT+1
Arrosé par de généreuses averses et saisi par le froid au cours de l’ascension finale vers Vallter 2000, le peloton a, dans son ensemble, vécu une journée pénible ce mardi, lors de la deuxième étape du Tour de Catalogne. À l’exception de Tadej Pogacar. Faisant fi des conditions, le Slovène s’est, comme souvent, amusé sur la route. Et il a probablement déjà plié la course.
Il y avait Pogacar et les autres : les temps forts de la 2e étape
Video credit: Eurosport
Certains diront que ce n’était pas un temps à mettre un cycliste dehors, et il sera difficile de leur donner tort. La deuxième étape du Tour de Catalogne, qui reliait ce mardi Mataro à la station de ski de Vallter 2000, s’est déroulé dans des conditions climatiques particulièrement pénibles. En plus d’avoir à subir des averses régulières, les coureurs ont dû affronter des températures glaciales au cours de l’ultime ascension, qui les a menés jusqu’à 2 135 m d’altitude. Il n’y avait qu’à voir Lenny Martinez, transi de froid, tenter de répondre aux médias tout en claquant des dents, pour prendre la mesure de l’épreuve qu’ils ont relevée.
Pour beaucoup, cette journée a sans doute été un calvaire. Pas pour Tadej Pogacar. Très attendu sur cette Volta a Catalunya, à laquelle il participe pour la première fois, le double vainqueur du Tour de France (2020, 2021) a profité de la première arrivée au sommet pour s’imposer avec autorité. Et même s’il a avoué avoir "déjà connu des conditions vingt fois plus froides", le Slovène n’était pas insensible à la fraîcheur de l’air. "J’ai tout donné jusqu’au sommet, en espérant que, peut-être, la conférence de presse aurait lieu dans une salle chauffée", a-t-il rigolé devant les micros, en constatant qu'aucun radiateur n'avait été branché.
On s'est cachés dans les buissons pour que le peloton ne sache pas où on Était
Une boutade illustrant on ne peut mieux l’état d’esprit du leader d’UAE Emirates, déjà deuxième la veille, qui a fait fi des circonstances de course et a couru selon ses habitudes : au feeling, sans réserve ni frilosité aucune. Il a d’ailleurs commencé à s’amuser peu après le départ. Constatant que le premier du général, Nick Schultz, et son équipe Israel - Premier Tech n’avaient guère l’intention de mener grand train en tête du peloton, "Pogi" a fugué, en compagnie de son compatriote Domen Novak. "C'était fun", a reconnu l'intéressé. "Comme personne n’a suivi, il y a eu un trou de 100 m, 200 m… On s'est arrêtés pour un besoin naturel et on s'est cachés dans les buissons pour que le peloton ne sache pas où on était." La joyeuse escapade des deux hommes aura duré cinq kilomètres.
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Tout schuss sourire aux lèvres : Pogacar a des fourmis dans les jambes
Video credit: Eurosport
À une quarantaine de kilomètres du but, Pogacar s’est une nouvelle fois fait remarquer en ayant quelques longueurs d’avance dans la descente du Coll de Coubet. "Je me sentais bien, j’allais à mon rythme", a-t-il expliqué. Avant de raconter son attaque décisive à six kilomètres de l'arrivée, non diffusée à l’antenne en raison de la météo : "Quand Joao (Almeida, ndlr) a accéléré, il a fait exploser tout le peloton. Il était tellement bon que j’ai pensé qu’il pourrait venir avec moi, on avait déjà creusé un petit écart, mais il m’a dit d’essayer d’y aller seul. Je savais que la route était encore longue jusqu’au sommet, mais j’ai eu un super soutien à la radio."
Ses poursuivants sont déjà loin
Ce soutien l’a porté jusqu’à la ligne d’arrivée, que le coureur de 25 ans a coupée avec plus d’une minute d’avance sur la meute frigorifiée des poursuivants. Car en plus de s’être fait plaisir, le récent 3e de Milan - San Remo a mis une gifle à tous ses adversaires au général. Après seulement deux étapes, il compte déjà 1'35'' de marge sur son dauphin, Mikel Landa (Soudal - Quick Step). De quoi penser que le Tour de Catalogne est déjà plié, après seulement deux étapes ? "C’est un assez gros écart, mais la course n’est pas encore terminée", a prévenu, prudent, Tadej Pogacar. S’il continue à s’amuser autant, on ne donne cependant pas cher des chances de ses rivaux.
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