Tour de France : Egan Bernal (Ineos) n'a plus qu'à finir le travail
Par Laurent Vergne
Publié 27/07/2019 à 08:47 GMT+2
TOUR DE FRANCE - Avec un premier poursuivant au bout du rouleau, un deuxième qui appartient à sa propre équipe et vient de lui faire allégeance, Egan Bernal est presque dans un fauteuil avant la dernière étape de montagne, samedi. Malgré la relative faiblesse des écarts, il faudrait une catastrophe pour que le maillot jaune s'éloigne des épaules du jeune Colombien.
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Crédit: Eurosport
Egan Bernal est à moins de 60 kilomètres du bonheur. Bien sûr, techniquement, il restera encore la procession francilienne vers les Champs-Elysées, mais si le Tour se termine dimanche, la course, elle s'achèvera vraiment samedi après-midi à Val Thorens. Vendredi soir, après avoir endossé le tout premier maillot jaune de sa carrière, le jeune Colombien avait toutes les peines du monde à s'imaginer en grand triomphateur. "J'espère gagner le Tour de France, mais en vérité je ne sais pas si je vais le gagner", a-t-il glissé comme s'il était encore incrédule.
Pourtant, c'est peu dire qu'il a désormais toutes les cartes en main. Thibaut Pinot, sans doute le seul à pouvoir rivaliser avec lui sur les plus hautes cimes de ce Tour, est hors course. Son dauphin, Julian Alaphilippe, n'est certes qu'à 48 secondes, mais l'autre héros tricolore des trois dernières semaines, a pris un gros coup sur la cafetière vendredi et, surtout, il ne lui reste plus que quelques gouttes de carburant. On voit mal, dès lors, comment il pourrait inverser la tendance dans une arrivée hors catégorie comme celle de Val Thorens.
Une attaque de Thomas ? "Ce serait de la folie"
Quant au troisième larron du podium encore très provisoire, il pointe à 1'16" et appartient à la même équipe que lui. Geraint Thomas pourrait-il jouer sa propre carte au risque de mettre en péril le triomphe annoncé de sa propre équipe ? "S'il veut attaquer, je respecterai sa décision, nous sommes libres de faire ce que nous voulons", a évoqué Bernal face à cette improbable hypothèse, avant de livrer son avis sur le fond : "je crois que ce serait de la folie. Je pense que l'équipe devra faire attention, une attaque de sa part n'aurait pas trop de sens." En effet.
A vrai dire, Egan Bernal peut dormir sur ses deux oreilles. D'abord parce qu'entre les deux hommes forts du Team Ineos, il ne semble pas y avoir eu le début de la moitié d'une embrouille durant ce Tour. Même quand Thomas était devant lui au classement général (soit jusqu'à... jeudi soir) et en dépit du statut de tenant du titre du Gallois, le maillot blanc devenu jaune a eu toute latitude pour faire sa course, comme il l'a encore confirmé à Tignes : "je savais que 'G' voulait attaquer. On en avait parlé jeudi et encore aujourd'hui (vendredi, NDLR), je savais qu'il se sentait très bien. Mais on m'avait aussi dit que si je me sentais bien il fallait le suivre car ce serait mieux à deux."
De l'attaque à la défense
Si la formation de Dave Brailsford n'a pas hésité à miser sur le prodige de Zipaquira quand la hiérarchie n'était pas encore clairement établie entre Thomas et lui, on imagine mal Ineos jouer avec le feu samedi dans l'ultime étape de montagne. Puis Geraint Thomas lui-même s'est montré limpide sur le sujet. "Egan est en jaune, et le plus important est qu'il puisse finir le travail et il a un avantage significatif sur tout le monde. Alors, oui, total soutien à Egan maintenant", a dit le Britannique sans la moindre ambiguïté.
Le tout nouveau maillot jaune n'a donc rien à craindre de son lieutenant de luxe. Il lui "suffit" donc de contrôler Alaphilippe, voire Steven Kruisjwijk et Emanuel Buchmann, tous deux un peu plus loin mais toujours en embuscade. Or il dispose avec Ineos de l'équipe idéale pour ce faire. "Nous sommes dans une très bonne position, il ne reste qu'une étape, l'équipe est bonne pour contrôler, a-t-il rappelé.Quand on est leader avec une seule étape devant soi, la logique me dit qu'il faut défendre plutôt qu'attaquer." Après avoir porté l'estocade dans le Galibier et l'Iseran, Bernal devrait donc se contenter de gérer à Val Thorens. Une tâche largement à sa portée et celle de ses troupes.
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