Primoz Roglic (Jumbo-Visma, 1er)

  • Le moment fort : La victoire et le symbole
Tour de France
Les 10 choses à retenir de la première semaine
06/09/2020 À 22:37

Primoz Roglic a mis les choses au clair dès la première arrivée en altitude de ce Tour de France. Il s’est imposé à Orcières-Merlette lors de la 4e étape, dans la configuration favorite de sa formation, la Jumbo-Visma. C’est-à-dire en sprinteur des montagnes. On savait que l’équipe néerlandaise allait procéder ainsi. Elle l’a fait, avec un Roglic impérial en dernier étage de la fusée. Le tout en dégageant un sentiment d’inéluctable.

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  • Les raisons d’y croire : Hiérarchie clarifiée

Primoz Roglic semble le plus fort, après neuf joutes sur ce Tour de France. Il en occupe la tête et dispose de l’équipe la plus puissante. Voilà au moins trois raisons pour lui de s’imaginer en jaune sur les Champs. Surtout qu’il a remporté six courses par étapes du World Tour depuis le début de la saison 2018, dont la Vuelta 2019, et a déjà tutoyé les hautes sphères du Tour (4e il y a deux ans). Mais il a même un autre argument en poche.

La pénultième étape de ce Tour, un chrono de 36 bornes s’achevant à la Planche des Belles Filles, lui permet de voir venir. Dans le domaine de l’effort solitaire, il est la référence parmi les candidats au sacre sur ce Tour, même si son compatriote Tadej Pogacar lui a ravi le titre national dans l’exercice. Le seul qui pouvait lui contester ce statut était… son coéquipier, Tom Dumoulin. Or celui-ci, potentiel co-leader, est déjà hors-jeu : 14e, à 3’22".

  • L’ombre d’un doute : Domination sous-exploitée ?

Malgré la partie de poker menteur qu’il a disputée avec Egan Bernal dans les semaines précédant le Tour, on se doutait que le Slovène serait fort dès la première semaine. Qu’il trouverait un terrain à sa convenance, aussi. On l’attendait ainsi en jaune lors du jour de repos et, éventuellement, susceptible de prendre un peu le large. La première condition est donc remplie, mais pas la seconde.

Roglic n’a qu’une marge ténue sur le tenant du titre (Bernal, 2e à 21") et un matelas à peine plus important sur l’adversaire qui lui a donné le plus de fil à retordre quand la route s’est cabrée (Tadej Pogacar, 7e à 44"). De plus, il a montré sur le dernier Tour d’Italie (3e) qu’il ne maîtrisait pas encore l’art du pic de forme à la perfection. Il a rectifié le tir sur le Tour d’Espagne quelques mois plus tard. Mais cette fois, la concurrence semble plus rude et la perspective d’une montée en puissance de ses adversaires peut l’inquiéter. S’il est lui aussi en phase ascendante, il a les cartes en main. Sinon, il n’a pas de joker.

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Egan Bernal (Ineos-Grenadiers, 2e à 21")

  • Le moment fort : Une attaque annonciatrice ?

C’est une petite banderille. Mais elle n’est pas passée inaperçue. Dimanche dans le Col de Marie Blanque, Egan Bernal a attaqué. Il n’a lâché ni Mikel Landa, ni Primoz Roglic, ni Tadej Pogacar, mais il s’est élevé au-dessus de la meute avec eux. Et cela a déjà ressemblé à un petit tour de force. Paradoxal pour le vainqueur sortant. Mais à l’aune de sa difficulté à terminer dans le temps du vainqueur (Roglic) lors de l’arrivée à Orcières-Merlette cinq jour plus tôt, c’est un sacré message envoyé à la concurrence : je monte en puissance.

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  • Les raisons d’y croire : Il sait faire...

Le contexte particulier de ce Tour de France, débuté fin août après avoir souffert d’un risque de report en raison d’une crise sanitaire devenue économique, semblait induire un plateau encore plus XXL que d’habitude. Avec des structures poussées à mettre leurs meilleurs éléments sur la plus grande course du monde par la conjoncture. Résultat : il y a du beau monde au départ. Mais un seul coureur qui a déjà gagné le Tour. Egan Bernal, qui en est le tenant du titre.

C’est un atout qui ne suffit pas et qui ne pèse pas lourd face à l’aspect physique du défi. Bernal l’a justement prouvé l’an dernier en remportant le Tour à 22 ans et dès sa deuxième participation. Mais quand on voit qu’un parallèle se dessine entre sa Grande Boucle victorieuse et celle-ci, forcément… En 2019, déjà, le Colombien avait affiché certaines limites à la Planche des Belles Filles. Il avait fini le Tour en boulet de canon, dominateur en haute altitude dans les Alpes. Cette fois encore, le cap des 2000m sera franchi en fin de Tour. Et comme évoqué précédemment, la thèse d’un schéma similaire se défend.

"Bernal, en 3e semaine, quand il va lâcher les chevaux, je ne vois pas comment on peut le battre"

  • L’ombre d’un doute : Part de bluff ?

On est obligé d’avoir un doute concernant Egan Bernal, tant son retrait du Critérium du Dauphiné, au matin de la 4e étape, a été entouré de questions. Au-delà de ça, la théorie de la forme qui se parfait de jour en jour jusqu’à atteindre son pinacle le jour J ne se vérifie pas toujours. Pour l’instant, si on ne juge que ce que l’on a vu : Bernal n’est pas au-dessus du lot.

La capacité qu’il a démontrée l’an dernier à être exact au rendez-vous, plus brillant quand le parcours et l’approche du dénouement l’exigent… Il n’en a fait étalage qu’une seule fois. On ne parle pas d’un double ou triple vainqueur de la Grande Boucle. Qui plus est, il va devoir réitérer cette performance sans compter sur une équipe aussi forte, tant la formation Ineos-Grenadiers n’est pas aussi souveraine qu’elle ne l’a été.

Guillaume Martin (Cofidis, 3e à 28")

  • Le moment fort : Offensif, toujours

Difficile de sortir un moment du lot pour Guillaume Martin, tant il est épatant d’activité à l’avant de la course depuis le départ à Nice. Sa tentative d’anticiper le sprint, vendredi à Lavaur, pourrait être retenue. Pour le symbole de sa capacité à être dans le coup tout le temps (dans le Top 30 de toutes les étapes, à l’exception de la première). Mais ce sont ses attaques en direction de Loudenvielle qui sont les plus significatives. C’est à ce moment qu’il a confirmé qu’il jouait dans la cour des grands, se lançant à l’assaut du maillot jaune, sans réussite certes, mais pas sans obliger les autres cadors à s’employer.

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  • Les raisons d’y croire : En progrès depuis longtemps

Guillaume Martin progresse avec régularité. Il court son quatrième Tour de France et a pour l’instant toujours fait mieux, d’une année sur l’autre : 23e en 2017, 21e en 2018 et 12e en 2019. De là à espérer plus qu’une "simple" amélioration de son accessit précédent ? Peut-être. Depuis sa signature chez Cofidis, il semble avoir changé de statut. Il n’est plus celui qui s’accroche et qui espère prendre une échappée pour gagner quelques places. Il fait partie des leaders. C’était l’objectif clamé lors de son recrutement, avec l’évocation d’un Top 5 qui paraissait alors très ambitieux.

Depuis, ce dessein semble de moins en moins illusoire. Sur le Critérium du Dauphiné, il y a quelques semaines, il a pris une troisième place qui augurait d’un Tour de France intéressant. Après neuf étapes, il est à la même place, mais sur la Grande Boucle cette fois. Même s’il garde un discours prudent, il n’est plus tellement un intrus dans ce gotha.

  • L’ombre d’un doute : Le mauvais présage du Dauphiné ?

Mais il y a une nuance entre "plus tellement" et "plus du tout". Sur trois semaines, Guillaume Martin n’a encore jamais prouvé qu’il pouvait regarder les meilleurs les yeux dans les yeux. De plus, ceux qu’il accompagnait sur la boîte à l’arrivée du Dauphiné, à savoir Daniel Martinez et Thibaut Pinot, sont hors du Top 20 sur ce Tour. Ils paient peut-être un peu plus tôt que lui les efforts consentis. A-t-il été en forme trop tôt ? C’est un point d’interrogation qui plane au-dessus de bien des coureurs. Mais qui semble encore plus menaçant pour un leader en phase d’apprentissage du rôle, comme lui. Surtout que la lutte s'achèvera par un contre-la-montre, ce qui n'est pas sa tasse de thé.

Romain Bardet (Ag2r-La Mondiale, 4e à 30")

  • Le moment fort : A l'assaut du jaune

Le podium du Tour, Bardet connaît. Deuxième en 2016, troisième en 2017 (pour une seconde devant Landa), l'Auvergnat d'Ag2r-La Mondiale brille par sa régularité sur les routes de juillet, ou septembre. Avec cinq "top 10" depuis 2014, il est quasiment seul au monde et ses trois étapes remportées en font un homme qui a compté. Une ligne manque cependant et une frustration l'habite : il n'a jamais porté le maillot jaune.

C'est dans cette optique qu'il a attaqué dans le final de Loudenvielle, à la faveur d'un léger faux-plat montant samedi. Il lui fallait reprendre 13 secondes à Adam Yates, c'était beaucoup. Trop. L'entreprise s'est soldée par un maigre gain (deux secondes) mais elle a mis Bardet en lumière, celle qu'Alaphilippe et Pinot, lui avaient pris bien malgré eux en 2019. Sur le départ d'Ag2r-La Mondiale, Bardet a à coeur de finir en beauté. Offrir ce maillot jaune aurait été un formidable cadeau.

Romain Bardet, dans le final de la 8e étape

Crédit: Getty Images

  • Les raisons d'y croire : Le plus expérimenté

Son expérience premièrement. On l'a dit, depuis 2014, Bardet n'a manqué le top 10 qu'en 2019. Cette Grande Boucle, et celle de 2018 conclue à la 6e place, avaient fait oublier ses qualités. Bardet s'est rappelé à leur bon souvenir en étant au contact des meilleurs en montagne. Dimanche, il a recollé à Roglic, Bernal, Landa et Pogacar avant que les deux Slovènes ne sprintent pour les bonifications au sommet de Marie Blanque.

Sans ça il basculait avec eux et pouvait disputer la victoire d'étape. Toujours plus à l'aise dans les Alpes que dans les Pyrénées, souvent fort en troisième semaine, Bardet peut encore surprendre ceux qui le pensaient incapable de lutter dans les hautes sphères du Tour d'autant plus qu'il n'aura qu'un seul chrono à affronter. En 2016, sur un profil très particulier là-aussi, il avait pris la 5e place du contre-la-montre de Megève.

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  • L'ombre d'un doute : Un genou et une crainte

Samedi, on pensait trouver un Romain Bardet souriant après l'arrivée à Loudenvielle. Il avait tenu, attaqué même, pourtant une inquiétude pointait le bout de son nez : son genou gauche. A terre dans la montée du Port de Balès, le grimpeur d'Ag2r-La Mondiale reconnaissait avoir souffert tout au long de l'étape. Il a rassuré sur son état de santé dimanche mais Thibaut Pinot l'a montré, une blessure peut avoir des conséquences bien après le choc. Le peloton du Tour ne retrouvera la montagne que jeudi, la moyenne dans le Massif Central, mais l'étape de mardi pourrait être dangereuse avec le vent. Bardet devra y être à 100% pour ne pas hypothéquer ses chances au général. Pour une chute dans une ascension, ce serait tellement dommage...

Nairo Quintana (Arkéa-Samsic, 5e à 32")

  • Le moment fort : Capable de répondre dans Peyresourde

Voir Nairo Quintana suivre Roglic et Pogacar samedi dans Peyresourde, un col qui ne sied pas tout à fait à ses qualités selon Emmanuel Hubert, son manager chez Arkéa-Samsic, nous a ramenés quelques années en arrière quand le grimpeur colombien était le meilleur dans son domaine. "Nairoman" y était facile comme en 2013 quand il avait fait peur à Chris Froome dans les Alpes.

Si Quintana est capable de suivre un Primoz Roglic, plus rouleur-grimpeur que lui, sur des pentes à 7 ou 8%, que sera-t-il capable de faire sur des ascensions moins régulières ? C'est sans doute ce que se sont demandé ses équipiers et ses supporters. Son accident en Colombie fin juillet ne semble qu'un mauvais souvenir : Quintana est présent au rendez-vous et ce ne sont pas les onze secondes lâchées dimanche qui vont nous faire penser le contraire.

  • Les raisons d'y croire : Cocon retrouvé et parcours rêvé

Les quelques années passées chez Movistar avaient usé le Colombien. Il n'avait plus envie de se battre avec les autres leaders de l'équipe donc il est parti. Son choix, Arkéa-Samsic, a surpris mais force est de constater que Quintana y a trouvé ce qu'il voulait : une famille. Le Colombien a besoin de se sentir aimé, soutenu quoi qu'il arrive, pour briller. Il l'était à ses débuts à Movistar, il l'est dans la formation bretonne.

L'autre raison de croire à un podium à Paris, qui serait déjà une performance exceptionnelle pour une équipe invitée, rappelons-le, c'est son niveau en montagne. Le Tour 2020 fait la part belle à la très haute montagne en troisième semaine ? Quintana adore ça. Le Col de la Loze offre des ruptures de pente ? Le vainqueur du Giro et de la Vuelta raffole de ces montées où il peut mettre le petit plateau. Comme pour Bardet, l'absence de chrono long et plat est un plus non négligeable.

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  • L'ombre d'un doute : Trop seul ?

On l'a dit, Arkéa-Samsic est une formation invitée sur le Tour. Quintana n'a pas le soutien en montagne que possèdent ses adversaires, notamment Roglic et Bernal. Diego Rosa, a dû quitter la course samedi et Winner Anacona ou Dayer Quintana, ne sont d'aucune utilité quand la bagarre débute. Warren Barguil a promis qu'il allait aider son leader mais jusqu'ici, sans être totalement absent, il n'a pas brillé par sa présence non plus. Quintana devra se débrouiller seul et prier pour ne pas avoir d'ennui mécanique au pire moment. D'autres avant lui ont réussi sans soutien de poids à accrocher le podium. S'il venait à prendre le maillot jaune, le défendre s'annoncerait en revanche vraiment très compliqué.

Rigoberto Uran (EF Pro Cycling, 6e à 32")

  • Le moment fort : Aucun, comme souvent

On parle de Rigoberto Uran. L'homme que personne ne voit mais qui est toujours là. Il n'y a pas à proprement parler UN moment marquant de sa première semaine. Le Colombien est comme les arbitres en football : si on ne parle pas de lui, c'est que tout se passe bien. Il a répondu présent partout, a évité les bobos dans les chutes, a pris le bon wagon dans la bordure et a répondu présent quand la route s'est élevée. Bref, il a fait du Uran.

  • Les raisons d'y croire : Régulier et entouré

Le leader de l'équipe Education First est un monstre de régularité. Coureur complet, il sait tout faire, et possède l'expérience des grands tours. Entre 2016 et 2019, il a terminé quatre épreuves de trois semaines. Bilan, une fois 2e (Tour de France 2017), trois fois 7e (Giro 2016, Vuelta 2018, Tour 2019). Il avait également fini deux fois 2e du Tour d'Italie avant cela.

Il ne faut pas s'attendre à voir Rigoberto Uran s'effondrer lors de la rude troisième semaine qui attend le peloton. Avec son compatriote Sergio Andres Higuita et le Britannique Hugh John Carthy, respectivement 19e et 23e du classement général il est aussi plutôt pas mal entouré même si, à son image, ses équipiers ne font pas beaucoup de bruit. Et si le vainqueur du Dauphiné Daniel Martinez se remet d'aplomb après un début de Tour très difficile, il pourrait même bénéficier d'un "renfort" de luxe.

Rigoberto Uran (EF Pro Cycling)

Crédit: Getty Images

  • L'ombre d'un doute : Quelle ambition ?

Dimanche, il s'est montré un peu juste dans les derniers hectomètres de Marie Blanque pour suivre Roglic, Pogacar, Bernal et Landa. Bien sûr, comme Bardet, Quintana ou Martin, il n'a cédé que 11 petites secondes dans l'affaire, autant dire rien, mais il est tout de même apparu un cran en-dessous.

Surtout, Rigoberto Uran est-il vraiment capable de courir pour gagner le Tour ? Suiveur hors pair, il passe rarement à l'offensive, et c'est un euphémisme. A 33 ans, on le voit mal se délester brusquement de cette forme d'avarice qui, quand il s'agit d'aller chercher le maillot jaune, finit par s'avérer problématique. On le voit sans problème dans le Top 10, pourquoi pas dans le Top 5 et à la rigueur sur le podium. Mais sur la première marche ? Il faudra qu'il montre des qualités qu'on ne lui connait pas encore.

Tadej Pogacar (UAE Emirates, 7e à 44")

  • Le moment fort : Une victoire, déjà

Sa première semaine n'en a pas manqué ! Mais c'est bien sa victoire, dimanche, à Laruns, qui vient parachever un premier tiers de Tour de France où il est apparu très actif. Remporter une étape de haute montagne de cette intensité, à la pédale, à moins de 22 ans, cela en dit long sur le potentiel du jeune homme. "C'est fou, c'est incroyable", a-t-il lâché. Il a beau être doué et ambitieux, il reste un très jeune coureur pour qui, remporter une première étape du Tour constitue un acte fondateur. Il se souviendra de celle-ci, même si elle n'est sans doute que la première d'une longue série.

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  • Les raisons d'y croire : Entreprenant et polyvalent

Primoz Roglic l'a dit lui-même, "Pogacar est peut-être le plus fort en ce moment." En montagne, personne n'est apparu plus tranchant que lui. Ses accélérations font mal, très mal. Il a repris samedi une partie du temps concédé dans la bordure la veille et dimanche, il était encore le plus saignant de tous. Si sa mauvaise affaire de vendredi ne le fait apparaître qu'au 7e rang, il est probablement le plus dangereux rival de Roglic, avec Bernal.

L'autre bonne nouvelle, c'est qu'il n'a pas froid aux yeux. A quelques jours de son 22e anniversaire, le garçon a du tempérament et il n'a pas peur d'attaquer. Il harcèlera la concurrence autant qu'il le pourra. Et il sait tout faire. Superbe grimpeur, il est aussi un rouleur de très bon niveau. L'unique chrono de ce Tour, à la Planche des Belles Filles, ne le desservira pas s'il est encore dans le coup à ce moment-là.

  • L'ombre d'un doute : Manque d'expérience

L'étape de Lavaur l'a montré, Tadej Pogacar peut encore être sujet à des erreurs de jeunesse. Après son incident mécanique, il a trop traîné en queue de peloton et l'a payé cash. Il a eu beau balayer d'un revers de main les conséquences de cette bordure ("J'ai perdu du temps mais cela ne veut pas dire grand-chose. Il y aura des écarts plus importants dans les deux semaines à venir" ,a-t-il dit dimanche), les écarts entre les meilleurs en haute montagne sont aujourd'hui difficiles à créer. Aurait-il pris du temps samedi s'il n'avait pas laissé 81 secondes la veille ? A voir. Dimanche, personne ne l'a laissé sortir... Il devra aussi gérer la tension unique d'un Tour de France en troisième semaine. Imaginons qu'il se retrouve un moment donné avec le maillot jaune : ce poids-là sera-t-il supportable ?

La palette : L'erreur de Pogacar vendredi ? Il est resté 12 minutes à l'arrière du peloton...

Et les autres…

Dans Marie Blanque, ce n'était ni Quintana, ni Bardet, ni Martin qui accompagnaient Roglic, Bernal et Pogacar, mais bien Mikel Landa (11e à 1'42'') qui leur collait aux basques. En deux étapes de montagne, le leader de Bahrain-McLaren n'a pas lâché la moindre seconde, contrairement à l'étape de Lavaur où il avait perdu 1'21''. Gare à ne pas le sous-estimer, lui qui est souvent prêt à tout perdre pour beaucoup gagner. Si les autres favoris se marquent, il en profitera, à coup sûr.

Devant lui au général, Adam Yates (8e à 1'02'') a abandonné son maillot jaune à la veille de la journée de repos. Il a carrément flanché dans Marie Blanque et devrait désormais se consacrer à son objectif annoncé : une victoire d'étape. Lui est venu en découverte et pour briller au général, Miguel Angel Lopez (9e à 1'15'') se fait très discret jusqu'ici. Dernier coureur sous les deux minutes, Richie Porte (11e à 1'53'') a fait forte impression en étant un temps dans la roue des meilleurs dans Marie Blanque dimanche. Souvent malchanceux sur le Tour, il doit croiser tout ce qu'il peut pour rallier Paris sans problème.

Primoz Roglic, Mikel Landa, Tadej Pogacar et Egan Bernal sur le Tour 2020

Crédit: Getty Images

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