Tour de France 2023 | Descentes, chutes, public... Comment améliorer la sécurité sur le Tour ?

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Le mois dernier, le cyclisme a pleuré l'un des siens. Victime d'une terrible chute sur le Tour de Suisse, Gino Mäder est mort des suites de ses blessures. Un rappel pour tous que ce sport est dangereux par nature et qu'il doit sans cesse travailler pour améliorer la sécurité de ses acteurs. Le Tour de France, accompagné du syndicat des coureurs et de l'UCI, prend ce sujet avec sérieux.

Vingegaard a eu chaud : l'énorme chute provoquée par un spectateur en vidéo

Video credit: Eurosport

Spectacle à ciel ouvert qui n'a pas toujours la main sur la qualité de son parcours, le cyclisme, plus que beaucoup d'autres sports, ne peut atteindre le risque zéro, duquel instances, organisateurs et coureurs tentent pourtant de s'approcher. Mais comme l'ont montré, tragiquement, la mort de Gino Mäder en Suisse, et bien moins gravement les chutes causées par les spectateurs sur le Tour de France, la quête d'une meilleure sécurité ne doit jamais s'arrêter.
Avant le Tour de France, Amaury Sport Organisation, l'Union cycliste internationale et le syndicat des coureurs, représentés par leur président Adam Hansen, se sont réunis. Au menu, entre autres, les descentes dangereuses de l'édition 2023. Personne n'avait attendu la mort de Mäder pour avoir conscience des dangers et le Tour avait d'ailleurs déjà prévu de sécuriser la descente du Col de la Loze, au programme ce mercredi pour la 17e étape.

Des matelas pour sécuriser la descente de la Loze

Pour ne pas revivre le drame Mäder, l'organisateur a ainsi installé des matelas de 30 mètres de large, utilisés pour les Championnats du monde de ski à Courchevel et Méribel, "pour que si un coureur tombe à cet endroit, il ne dévale pas" dans le vide, précise Christian Prudhomme. Dans la descente du Col de Joux Plane, empruntée samedi sur la 14e étape, ce sont 2,5 kilomètres d'asphalte qui ont été refaits. "Ils ont fait ce qui était prévu", salue, pour Eurosport, Adam Hansen, président du CPA (le syndicat des coureurs) en première ligne sur la question des descentes dangereuses.
Celui qui a pris sa retraite en 2022 a enfourché son vélo pour reconnaître les quelques descentes dangereuses du Tour 2023. Les faisant "à fond", il a ensuite mis à disposition de tous les coureurs du Tour le film de sa descente pour que chacun puisse se préparer. Après Joux Plane, il a fait la Loze qu'il juge "technique, très technique et étroite". Est-elle risquée pour les coureurs ? "J'ai fait des descentes plus dangereuses dans ma carrière, avec une mauvaise route, ce genre de choses. L'asphalte est parfait. La route change tout dans une descente donc ça dépendra des coureurs. Si vous y allez doucement, ce sera très sûr. Mais nous ne pouvons pas contrôler ce que vont faire les coureurs, ça dépend d'eux."
L'objectif pour Hansen ? "Mettre la sécurité entre les mains des coureurs". Comprenez, que leur seule envie de faire la course doit les mettre en danger, ou pas. "C'est un sport professionnel et les coureurs gagnent plus d'argent s'ils gagnent plus de courses, continue-t-il alors que ces derniers mois certains coureurs ont mis le doigt sur les risques toujours plus grands pris dans les descentes. C'est l'essence de ce sport. On ne peut pas l'enlever."
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Tour de France : Stage 14 - On Board Highlights

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Moins dramatique que l'épisode Mäder, la chute de dimanche vers Saint-Gervais, causée par un spectateur trop avancé sur la route, a relancé un débat vieux comme le cyclisme moderne et alors qu'en montagne, le public prend, aussi, toujours plus de place. "Nous devons comprendre que le public du Tour est différent, note Hansen. Il y a les habitués mais aussi des nouveaux qui sont plus intéressés par un selfie que par regarder la course."

Effet Netflix ?

Sepp Kuss, le lieutenant du maillot jaune Jonas Vingegaard, a été envoyé au tapis par un spectateur. "Ça n'a aucun sens pour moi. On voit des gens regarder à travers leurs téléphones plutôt que de vivre ce qui se passe", s'est lamenté l'Américain. "Je ne sais pas s'il y a un emballement avec Netflix mais on sent qu'il y a vraiment une ferveur plus importante", témoigne Thibaut Pinot qui remarque des visages rajeunis.
"On retrouve plus de gens de 20 ou 30 ans. Et on n'a qu'une jeunesse comme on dit, je pense qu'ils la vivent bien au bord de la route. Moi ça me fait rire."Faut-il mettre des barrières sur les 200 kilomètres d'une étape ? Évidemment pas, ce serait à la fois trop coûteux et logistiquement impossible, en plus de détruire la proximité des spectateurs avec les coureurs, élément constitutif du Tour de France.

L'UCI tarde à statuer sur les nouvelles barrières

La réponse passe par l'éducation. Hansen propose le passage d'une voiture devant le peloton pour faire comprendre aux spectateurs présents à quel point ils empiètent sur le "terrain" des champions pour éviter les images déjà vues et revues, cette année mais aussi sur les précédentes éditions du Tour de France et ailleurs. En début de Grande Boucle, certains sprinteurs ont fait voler en éclats des téléphones portables trop avancés par leur propriétaire. Les chutes furent évitées mais il s'en est fallu de peu.
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Le ralenti de la chute massive qui a mis le Tour sur pause

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C'est pourquoi du côté des organisateurs, on attend de pouvoir changer les barrières qui délimitent la route avant les arrivées, qu'elles soient massives ou non. Selon nos informations, l'UCI tarde à statuer malgré la pression mise par les autres parties. Du côté du syndicat des coureurs, on salue l'action des organisateurs, toujours prêts à entendre les propositions des acteurs, comme ce fut le cas notamment sur le dernier Giro. "La sécurité des coureurs est une quête perpétuelle", conclut Christian Prudhomme.
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