Peter Sagan, vainqueur de la 3e étape pour TotalEnergies, est toujours spécial, plus seulement "Specialized"
Eurosport sur GoogleTOUR DE SUISSE - Peter Sagan a enfin gagné pour TotalEnergies. Recrue phare de la formation française, le Slovaque de 32 ans a remporté la 3e étape, mardi à Granges. Son recrutement ne porte plus seulement ses fruits par l'intermédiaire du matériel, via l'arrivée de Specialized. Mais Sagan en veut plus. Il s'est timidement dit "de retour", comptant l'être plus glorieusement lors du Tour de France.
La renaissance et un immense bonheur : Sagan lève enfin les bras avec Total
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"C’est comme ça, Peter Sagan est de retour." Le constat est effectué par Bryan Coquard, dans un rire nerveux. Le Français de l’équipe Cofidis a échoué à la 2e place mardi, lors de la 3e étape du Tour de Suisse. Son sprint impressionnant lui a permis de remonter un à un tous ses rivaux, ou presque. Seul Peter Sagan lui a donc résisté pour s’offrir un premier succès avec la TotalEnergies. Il met un terme à des mois de galère, qui avaient tendance à se transformer en railleries.
De quoi assister au show Sagan dans l’aire d’arrivée ? Au contraire, le trublion slovaque a tout juste levé un bras, de satisfaction, puis il s’est montré peu loquace face aux micros. Comme s’il fallait plus qu’un début de saison moribond pour faire douter un champion de sa trempe. "C’est juste une victoire d’étape", a ainsi répondu le triple champion du monde (2015, 2016, 2017), concernant la portée de son succès, le 18e de sa carrière lors du Tour de Suisse, le 120e en pro.
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"C’est bon d’être de retour" mais…
"Je suis heureux de cette victoire et heureux pour mon équipe", a-t-il vite enchaîné, finissant par lâcher un timide : "C’est bon d’être de retour." La rockstar du peloton est de retour aux affaires, mais il lui en faudra plus pour s’en gargariser : "C’est cool de gagner, mais j’espère que je vais encore progresser en vue du Tour de France". La suite de ce Tour de Suisse exigeant - dont "c’était peut-être l’étape la plus simple", mardi en direction de Granges - pourrait lui permettre de parfaire sa condition.
Une condition fluctuante en 2022, souvent au plus bas, et rarement dans des hauteurs rassurantes. Après une préparation perturbée par le Covid-19, Peter Sagan a pointé le bout de son nez en mars : 4e d’une étape de Tirreno-Adriatico, 5e de Milan-Turin. Mais il est vite rentré dans le rang. Sa méforme a été de plus en plus prégnante lors de la période des classiques, à tel point qu’il a fait l’impasse sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, les deux Monuments qu’il a déjà gagnés.
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Un break aux Etats-Unis
Parti se refaire une santé et retrouver un coup de pédale digne de son standing aux Etats-Unis, Sagan n’a pas participé à une course pendant deux mois. Pourtant, l’urgence de sa résurgence ne semblait pas frappante, au sein de la TotalEnergies. La 2e place d’Anthony Turgis lors de Milan-Sanremo avait de quoi satisfaire la formation française de deuxième division, malgré des déboires lors des autres grandes courses d’un jour. Puis le Critérium du Dauphiné est venu confirmer sa bonne forme générale.
Deux étapes remportées, via Alexis Vuillermoz et Valentin Ferron, un maillot jaune porté une journée par Vuillermoz, plusieurs places d’honneur d’Edvald Boasson Hagen : sur le Dauphiné, la TotalEnergies a répondu présent. Cela a confirmé que l’arrivée de Sagan avait changé bien des choses, chez les hommes de Jean-René Bernaudeau. Derrière les discours convenus concernant le leadership du Slovaque de 32 ans, plusieurs coureurs ont évoqué le changement de matériel comme une clef.
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Déjà un bon coup... par procuration
L’arrivée de Peter Sagan, lors de l’intersaison, a été couplée à celle de Specialized, marque de référence dans le cyclisme mondial. D’une pierre, deux coups : avec "Tourminator", TotalEnergies a ainsi récupéré "l’une des meilleures machines du peloton", comme s’enthousiasmait Turgis lors d’un entretien accordé au YouTuber Styros, avant le début de la saison : "Le rendu est vraiment extra, tu as un bon ressenti de la route et du rendement du vélo." Les résultats ont suivi.
Avec dix victoires, l’équipe de Continentale Pro fait mieux que plusieurs escadrons du World Tour, en 2022. Mais résumer Peter Sagan à l’instrument d’un passage de cap matériel allait devenir gênant. L’homme aux sept maillots verts sur le Tour de France est bien plus que ça. Il l’a prouvé ce mardi. Il en faudra plus pour que son recrutement soit une réussite intrinsèque. Il le sait, à en croire sa relative réticence à se dire "de retour". Du 1er au 24 juillet, la Grande Boucle sera un révélateur à sa hauteur.
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