Mondiaux de cyclo-cross | Steve Chainel : "C’est du 50,5% pour Wout van Aert - 49,5% pour Mathieu van der Poel"

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MONDIAUX - Dimanche à Hoogerheide, on connaîtra le nom du champion du monde de cyclo-cross 2023. Il y a fort à parier que ce soit Van Aert ou Van der Poel… et le premier cité tient la corde, à en croire leurs affrontements cette saison (6-4). Notre consultant Steve Chainel explique en quoi le Belge a été "un petit cran au-dessus" jusqu’à cette ultime lutte. Tout, ou presque, plaide pour lui.

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Le sacro-saint "c’est du 50-50" vole en éclats. Entre Wout et Mathieu, ce dimanche à Hoogerheide, il y a bien un favori et il se nomme Van Aert, pas Van der Poel. Steve Chainel reste prudent, à l’heure de les départager avant les Mondiaux de cyclo-cross, eu égard au talent incommensurable du Néerlandais. Mais il finit par trancher : "Pour moi c’est du 50,5% pour Van Aert - 49,5% pour Van der Poel".
Le bilan de leurs confrontations en CX cette saison traduit cette hiérarchie : 6-4 pour Wout van Aert face à son grand rival. Plus encore que cette statistique, l’impression visuelle plaide pour le Belge. "On a eu le sentiment que Van Aert maîtrisait vraiment son sujet, était un petit cran au-dessus, estime notre consultant. Il n’a jamais été blessé, au contraire de Van der Poel (rattrapé par ses maux de dos début janvier, NDLR)."
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Van Aert plus puissant et plus persévérant ?

"On a parfois vu Van der Poel baisser pavillon. C’est peut-être l’un de ses plus gros défauts d’ailleurs, poursuit Chainel. Une fois qu’il est touché, il a vite fait de baisser les bras, au contraire d’un Van Aert qui peut crever, avoir un problème mécanique… et ne pas lâcher l’affaire." Dans leur duel au long cours, "MVDP", quadruple champion du monde, a longtemps eu le beau rôle. C’était équilibré ou à son avantage, face à celui qui ne compte "que" trois titres planétaires. Ce n’est plus le cas.
Même dominée, la star de l’équipe Alpecin-Deceuninck garde une carte maîtresse, d’après notre spécialiste : "(Van der Poel) a cette petite technicité supplémentaire, il est hyper agile sur un vélo." Problème, son homologue de Jumbo-Visma a quasiment "comblé l’écart" en la matière et a dégagé plus de force brute, ces derniers temps : "Il a un petit truc supplémentaire sur le physique". Le détail de leurs joutes 2022-2023 illustre cette tendance.
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Si le parcours est sélectif…

Van der Poel a d’abord battu un Van Aert en reprise, le 4 décembre à Anvers. Deux courses à zéro dans les jambes : il n’y avait pas eu match. Ensuite ? Le petit-fils de Raymond Poulidor a presque toujours perdu quand l’épreuve permettait d’opérer un grand écrémage, décrochant un seul net succès, à Gavre (26 décembre) et concédant de nombreuses défaites écrasantes.
Il a fallu un pépin de Van Aert (à Herentals), ou encore une prise de risque énorme (à Benidorm) – lors de leur dernier face-à-face avant celui qui comptera "réellement" – pour que Van der Poel coupe la ligne en vainqueur. D’autant plus qu’en Espagne, il y a deux semaines, Eli Iserbyt a complété le podium à 9 secondes seulement. "On sentait Van Aert en contrôle, analyse Steve Chainel. Mais le circuit n'était pas suffisamment sélectif pour faire 'péter' Van der Poel."
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Dimanche, aux Pays-Bas, le parcours "sera très physique (...) on n’aura pas cinq mecs au sprint pour la gagne", d’après notre "Roi de la pédale", qui a effectué le dernier cyclo-cross de sa carrière le week-end passé à Besançon, terminant à 4’43" d’un Van der Poel intouchable, venu faire le plein de confiance. "Le terrain est assez spongieux (à Hoogerheide). Il y a cette longue partie d’escaliers en fin de course, une partie montante sur la route, cela fait du dénivelé", détaille-t-il, évoquant aussi des parties techniques plus favorables à "MVDP".

La Belgique contre Van der Poel

"Peu le prennent en considération, mais cela me paraît important : Wout van Aert courra avec le même maillot que Laurens Sweeck, Eli Iserbyt et Michael Vanthourenhout, ajoute Chainel. S’ils sont cinq devant, je pense que ce sera Van der Poel et ces quatre Belges (en l’absence du tenant du titre, Tom Pidcock, NDLR)." Il n’envisage qu’un mince espoir de course d’équipe, côté Pays-Bas : "Lars van der Haar est le seul Néerlandais capable d’aider un petit peu Mathieu… mais ces dernières semaines, ce n'était pas du très, très grand Van der Haar."
Dernier élément que le champion de France 2018 place dans la balance : Van der Poel joue plus gros que Van Aert à ses yeux, et la pression sera difficile à gérer. L’état des lieux ainsi dressé suggère même plus qu’un 50,5%-49,5%. Mais Mathieu van der Poel est l’archétype du coureur impossible à enterrer. De son retour sensationnel pour triompher lors de l’Amstel Gold Race en 2019, à sa 3e place lors de Milan-Sanremo 2022 dès son premier jour de course sur route de l’année, en passant par son succès délirant à Mûr-de-Bretagne lors du Tour de France 2021, il semble capable de tous les exploits. Cela tombe bien, il doit en réaliser un dimanche.
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