Coupe du monde des clubs | Vitinha, les Portugais du PSG et le poids de l'émotion de la mort de Diogo Jota et de son frère André

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Samedi, Vitinha, Nuno Mendes, João Neves et Gonçalo Ramos disputeront un quart de finale de Coupe du monde des clubs, entre le PSG et le Bayern Munich (18h00), alors que le Portugal enterrera leur coéquipier en sélection Diogo Jota, ainsi que son frère André Silva. Pour eux, comme pour les Portugais du Bayern ou d'Al-Hilal la veille, l'émotion sera vive.

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On avait beaucoup parlé, à raison, de la fatigue physique que pouvait engendrer cette Coupe du monde des clubs chez les joueurs. On avait assez peu évoqué, à tort, l'usure mentale avec laquelle ils doivent désormais vivre tout au long de saisons qui n'ont plus vraiment de début, ni de fin. Samedi, lors du quart de finale opposant le Paris Saint-Germain au Bayern Munich, ils seront bien peu à se soucier de l'état psychologique dans lequel évolueront quatre joueurs parisiens et quelques autres Munichois qui connaissaient, de près ou de loin, Diogo Jota ou son frère André. Même si les larmes de Joao Cancelo et Ruben Neves, qui disputaient le premier quart de finale entre Fluminense et Al-Hilal vendredi soir, ont donné une idée de la difficulté de fouler une pelouse dans un tel contexte.
Samedi, Vitinha, João Neves, Nuno Mendes et Gonçalo Ramos n'auraient pas dû être à Atlanta, à l'autre bout du monde, mais à Gondomar, ville de la banlieue de Porto où seront enterrés les deux hommes qui ont perdu la vie dans un accident de la route. Il y a un peu moins d'un mois, ils remportaient, ensemble, une finale de Ligue des nations à laquelle ils avaient attaché beaucoup d'importance.

Vitinha a joué avec André Silva

En marge de la préparation du match, jeudi, les Parisiens de la Seleção das Quinas ont rendu hommage aux deux frères, joint par leur directeur sportif Luis Campos lui aussi très ému, selon le constat de nos confrères de L'Equipe. Mais ils joueront, sans doute avec l'intensité qui est la leur depuis plusieurs mois et malgré un contexte extrêmement douloureux.
Tous côtoyaient l'attaquant de Liverpool en sélection. Pour Vitinha, la relation était encore plus particulière. Lui aussi a grandi dans le Nord, lui aussi a émergé au FC Porto, lui aussi a été envoyé à Wolverhampton avec l'insistance de son agent Jorge Mendes, lui aussi est arrivé assez discrètement dans un grand club européen avant d'y faire son trou.
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Dans la région de Porto, le chef d'orchestre du PSG a reçu une formation similaire et des valeurs communes. Il a aussi fréquenté André Silva, frère de Diogo, durant l'adolescence, alors qu'il gravitait autour du club phare, en particulier lors d'une saison commune à Padroense (2015-2016), petit club situé à quelques kilomètres de l'Estadio do Dragão. Cette année-là, l'aîné des frères Jota se faisait remarquer à Paços de Ferreira avant d'être transféré à l'Atlético.

La Dragon Force

Avec Fabio Vieira, passé par Arsenal, João Mario, devenu titulaire à Porto, André Silva et Vitinha avaient grandi dans la Dragon Force, ce programme de détection et de formation chargé d'amener les meilleurs talents vers le plus grand club de la moitié nord du pays. Dans le football, ils ont grandi ensemble.
Pour Vitinha - qui n'est jamais le dernier à s'exprimer sur ses failles  - Nuno Mendes, João Neves et Gonçalo Ramos (tous un peu plus jeunes) mais aussi les Munichois João Palhinha et Raphaël Guerreiro, l'émotion sera vive. Avec tout ce que cela implique, pour un match important pour le club, mais finalement si dérisoire à l'échelle de la vie.
"Je me souviens toujours de mes débuts et de la mort de Rui Filipe au FC Porto, a raconté José Mourinho à TSF. Lui aussi avait perdu la vie dans un accident de voiture, la veille d'un match. À cette époque, le FC Porto avait remporté le championnat grâce à la force de l'unité dans un moment de souffrance collective. Rui était aussi un jeune homme formidable et aimé de tous. Je pense que les gens se rassemblent pour essayer de souffrir d'une certaine manière… Souffrir seul est une chose, souffrir ensemble en est une autre, en gardant toujours à l'esprit que la présence spirituelle de celui qui est parti peut-être une force importante." 
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