Coupe du monde 2026 | Avant d'affronter la Croatie, pourquoi le Portugal est has been
Par Julien Pereira
Mis à jour 02/07/2026 à 22:04 GMT+2
Un festival face à l'Ouzbékistan mais surtout deux nuls bien ternes : le Portugal a été l'une des grandes déceptions de la phase de groupes de cette Coupe du monde 2026. La faute, notamment, à une absence quasi totale de prise de risques, alors que la tendance actuelle les encourage. Et il n'est vraiment pas certain que cela change lors du 16e de finale face à la Croatie.
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Video credit: Eurosport
Il y a deux mois, naissait l'espoir qu'un match mémorable au Parc des Princes entre le PSG et le Bayern (5-4) marque le début d'une nouvelle ère du jeu. L'idée étant de laisser place à l'initiative, d'encourager la prise de risques et d'accepter de se mettre en danger pour en créer encore plus. Parce que le calendrier international est ce qu'il est, il y avait peu d'espoir que cette tendance se greffe au football de sélections. Pourtant, ce début de Coupe du monde tend à démontrer que cette philosophie s'est invitée dans la plus prestigieuse des compétitions. La France, devenue la grandissime favorite dans le feu d'artifice de son trio Olise - Dembele - Mbappé, en est un exemple.
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Le Portugal, lui, en est plutôt une preuve par l'absurde. Malgré un effectif bourré de talents, la Seleção s'est illustrée par une extrême timidité qui a fait d'elle l'une des grandes déceptions de cette phase de groupes malgré un large succès face à l'Ouzbékistan (5-0).
Une statistique l'avait parfaitement illustrée à l'issue du premier match de l'équipe de Roberto Martinez face au Congo (1-1) : les trois joueurs ayant effectué le plus de passes en retrait étaient tous... portugais. Dans ce classement peu flatteur, João Neves (24) avait devancé João Cancelo (23) et Pedro Neto (22). "Parfois, on pourrait jouer vers l’avant et on ne le fait pas, a admis João Félix en conférence de presse, mardi. Mais ça dépend du joueur qui a le ballon et qui décide."
Le plus provocateur est... Nuno Mendes
Neto, justement, est l'un des visages de cette faible production offensive. Depuis le début du tournoi, l'attaquant n'a tenté que sept petits dribbles et n'en a réussi... que deux. À titre de comparaison, les plus performants dans ce domaine (Julio Enciso, Vinicius, Ibrahim Maza...) ont déjà provoqué une trentaine de fois chacun. "Parfois, on pourrait prendre plus de risques, je pense, mais ça dépend de chacun", a insisté Félix.
Le joueur d'Al-Nassr s'est légèrement démarqué avec un rendement plutôt correct dans ce domaine compte tenu de son temps de jeu (10 tentés, 4 réussis). Mais au Portugal, le joueur de couloir le plus provocateur est un latéral, à savoir Nuno Mendes (4/10), ce qui en dit long la prudence des ailiers offensifs.
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Ce déficit de prises d'initiatives n'est même pas compensé par des alternatives puisque la Seleção n'est pas, par exemple, une grande adepte des centres (seulement 25 réussis sur 61 tentés), alors qu'il s'agit là du domaine où Cristiano Ronaldo aurait sans doute beaucoup à apporter.
Il manque cette arrogance qui nous a toujours caractérisés
"Il y a un manque de joie, un manque de bonheur, un manque de créativité, un manque de cette arrogance qui nous a toujours caractérisés", avait relevé Ricardo Quaresma au micro de LiveModeTV. L'ancien grand spécialiste de la Trivela est bien placé pour en parler.
Il fut longtemps, après Luis Figo et avec Cristiano Ronaldo (dans son ancienne version) ou Nani, l'une des incarnations d'un football plus spectaculaire, à une époque où ce facteur avait un peu moins d'influence sur le résultat. Mais la Seleção a bien changé. Elle est, désormais, un mélange entre des joueurs obsédés par la possession et d'autres misant sur leur vitesse plutôt que sur leur qualité technique.
"Pour notre sélection, il est très important de bien jouer, a rappelé Bernardo Silva en conférence de presse en début de semaine. Le néo-joueur du Real Madrid, ailier de formation, n'est aujourd'hui plus capable de faire de véritables différences sur une aile. On a des joueurs hyper talentueux, qui peuvent être frustrés si on n'a pas le pied sur le ballon. C’est fondamental de trouver cet équilibre entre être agressif offensivement mais aussi contrôler nos émotions." Jusqu'à présent, la Seleção s'est surtout focalisée sur le deuxième critère. Quitte à n'en procurer aucune à ses supporters.
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