Finale Coupe du monde 2026 - Espagne-Argentine : Testostérone et éternité

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Dimanche, à New York, l'Espagne et l'Argentine s'affrontent pour une finale de Coupe du monde inédite mais pleine de promesses (21h). D'un côté, une mécanique de précision sublimée par un talent hors-normes, Lamine Yamal, qui attend son grand moment américain. De l'autre, une troupe argentine miraculée, dopée à la grinta et guidée par Lionel Messi. En ligne de mire : l'histoire et l'éternité.

Espagne ou Argentine : qui sera champion du monde ?

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Tout ça, pour ça. 104 matches, 48 équipes, trois pays, un mois et demi de compétition et cette finale : Espagne – Argentine. À ce petit jeu-là, les super-ordinateurs statistiques n'auront pas eu besoin de pondérer leurs modèles : le numéro 1 mondial au classement FIFA affronte le numéro 2 mondial. C'est une première, et elle ne doit rien au hasard. En modifiant sa formule de tirage au sort, la FIFA avait dessiné un tableau final en forme de Grand Chelem de tennis. Les Bleus, tête de série numéro 3, et les Three Lions, étiquette 4 dans le dos, ont juste subi la froide logique mathématique.
Ce dimanche, les matheux donnent la Roja vainqueur à 60%. Mais le sport - a fortiori celui-ci - a ses raisons que la raison ignore, et l'Argentine est arrivée jusqu'ici en faisant trembler quelques statisticiens. Les survivants argentins ont tout vécu dans ce Mondial, à l'inverse des Espagnols, qui ont eu réponse à tout, tout le temps. En termes de jeu pur, la troupe de Luis de la Fuente dispose d'une longueur d'avance. Mais une finale de Coupe du monde, ce sont surtout des émotions, et à ce petit jeu-là, l'Albiceleste gonflée à la testostérone ressemble à une garantie de duel.

Chevilles et cerveaux

"Ce sera un spectacle grandiose, deux super équipes, avec beaucoup de similitudes, et chacune essayera d'emmener le match là où ça l'arrange", a tenté de prophétiser Luis de la Fuente samedi. Il est resté poli. Le sélectionneur de la Roja sait qu'il va défier une troupe pleine de vices, qui va autant s'en prendre aux chevilles qu'aux cerveaux de ses adversaires et que, si l'arbitre décide de laisser jouer comme depuis le début de ce Mondial, le rapport de force s'inversera sans doute.
L'opposition de style est beaucoup plus grande que veut ne le faire croire le sélectionneur espagnol. Là où la Roja n'a pas eu besoin d'un immense Lamine Yamal pour arriver jusque-là, l'Albiceleste rejoue le film de 2022, avec dix sicarios et un génie qui ne fait pas son âge. A la Masia, on se félicite de voir dans cette finale une potentielle passation entre l'homme qui a fini le jeu et celui qui pourrait prendre sa succession. 19 ans après une photo que même Merino estimait fabriquée par l'IA, les deux géniaux gauchers ont rendez-vous pour un duel qui pourrait aussi décider d'un trophée beaucoup plus secondaire : le Ballon d'Or.
Secondaire parce que dimanche, dans le New Jersey, c'est l'histoire qui s'écrit. Celle de la Coupe du monde, celle qui fixe les destins pour l'éternité. D'un côté, l'Espagne pourra se couronner pour la deuxième fois de l'histoire après 2010, histoire de confirmer une série délirante entamée en juin… 2023 : 38 matches officiels sans défaite, seulement gâchée par une finale de Ligue des nations perdue aux tirs au but. Au passage, l'Euro 2024 est tombé dans son escarcelle et c'est donc un doublé rare que chasse la Roja.
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Messi va-t-il devenir le plus grand… ou l'est-il déjà ?

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Inédit depuis le Brésil 1958-1962

L'histoire racontée par l'Argentine n'est pas moins folle : depuis la délivrance de la Copa America 2021, elle a remporté le titre mondial derrière lequel courait son icone depuis toujours avant d'aller de nouveau gagner sur le continent sud-américain en 2024. Réaliser le doublé en Coupe du monde serait une folie anachronique : depuis le Brésil 1958-1962, personne n'a réussi pareille prouesse. Le faire 60 ans plus tard, dans un football toujours plus mondialisé et beaucoup plus concurrentiel, inscrirait cette équipe dans les livres d'histoire, quoiqu'on en pense.
La Finalissima aura donc lieu en finale de la Coupe du monde et, de ce point de vue, difficile de faire plus belle affiche. Il y aura de tout : de la tension, des coups, de la technique, de la tactique, bref du football, du grand. Parce que c'est la plus belle scène. Et parce que dimanche, un nouveau roi du monde sera couronné. Pour quatre ans. Et pour l'éternité.
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Espagne - Argentine : qui sera champion du monde ?

Crédit: Quentin Guichard


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