Repoussé d'un an en raison de la pandémie de coronavirus, l'Euro 2020 aura donc patienté jusqu'en 2021 pour connaître son vainqueur. En attendant de savoir qui succèdera au Portugal, vainqueur en France il y a cinq ans, on vous propose de jouer à un jeu : distinguer le champion d'Europe ultime, soit la plus grande équipe à avoir conquis le Vieux Continent.
Pour ce faire, nous avons concocté un tournoi sous forme de playoffs mettant les quinze précédents champions d'Europe aux prises, de l'URSS en 1960 au Portugal en 2016. De façon arbitraire, chauvine diront les mauvaises langues, nous avons décidé d'exempter l'emballante équipe de France championne d'Europe en 2000 du premier tour. Il vous revenait de désigner les vainqueurs de chaque duel en votant ci-dessous.

ESPAGNE 1964 VS DANEMARK 1992

Euro 2020
La FA ouvre une enquête indépendante après les débordements à Wembley
19/07/2021 À 13:44
Espagne 1964
Pourquoi elle : "C'était une équipe plus qu'une sélection de grands joueurs". Sur le site de l'UEFA, Luis Suárez - Ballon d'Or 1960 – a parfaitement résumé cette sélection espagnole, qui a offert son premier sacre à l'Espagne. Ce n'était peut-être pas la Roja la plus talentueuse de l'histoire. Mais il se dégageait autre chose de cette formation. Quatre ans après avoir vu Franco refuser d'envoyer la Roja jouer en Union Soviétique pour un quart de finale de la première édition de l'Euro, l'Espagne guidée par la science de Luis Suarez a en effet fait parler son collectif pour aller au bout chez elle. En s'offrant l'URSS, tenante du titre, en finale sur la pelouse du stade Santiago-Bernabeu à Madrid (2-1).
L’équipe type : Iribar – Rivilla, Olivella, Calleja, Zoco – Fusté, Amaro, Pereda, Martinez – Suarez, Lapetra
Danemark 1992
Pourquoi lui : S'il y a un champion d'Europe improbable que personne ne pouvait voir venir, c'est bien celui-là. Parce qu'il ne devait même pas jouer l'Euro et n'a dû sa place qu'à la disqualification de la Yougoslavie, à 10 jours du match d'ouverture. Parce qu'il est sorti à la surprise générale d'un groupe où figuraient la Suède, pays organisateur, ainsi que la France et l'Angleterre, deux des favoris. Parce qu'il s'est ensuite offert le scalp des Pays-Bas, champions d'Europe en titre, et de l'Allemagne, championne du monde en titre. Le tout sans sa star, Michael Laudrup, qui a préféré rester en vacances. Il a manqué l'un des exploits les plus inattendus et retentissants de l'histoire du football.
L'équipe type : Schmeichel - Sivebaek, Nielsen, Olsen, Christofte, Andersen - Larsen, Jensen, Vilfort - Povlsen, B.Laudrup
QUI REMPORTE CE DUEL ?
Vainqueur (vote arrêté le 7 juin à 19h05) : Danemark 1992 avec 76% des votes

ESPAGNE 2012 VS TCHÉCOSLOVAQUIE 1976

Espagne 2012
Pourquoi elle : C'est une équipe qui a écrit l'Histoire. Rien que cela. Durant cet Euro 2012, l'Espagne d'Andres Iniesta, Xavi et Iker Casillas n'a fait que confirmer sa domination totale sur le football continental et mondial. Talents purs, QI football, expérience et leaders charismatiques : la Roja avait tout pour elle. Et après avoir gagné l'Euro 2008 et la Coupe du monde 2010, elle en a profité pour devenir la première nation à réaliser un triplé Euro - Coupe du monde – Euro. Et si la sélection espagnole a de temps en temps donné l'impression de ronronner, la finale a remis les pendules à l'heure. Au Stade Olympique de Kiev, l'équipe de Vicente Del Bosque a offert une démonstration de force impressionnante face à une Italie impuissante (4-0). Le chef-d'oeuvre ultime d'une équipe alors intouchable.
L’équipe type : Casillas – Arbeloa, Piqué, Ramos, Jordi Alba – Xavi, Busquets, Xabi Alonso – Iniesta, Fabregas, David Silva

Andres Iniesta et Xavi Hernandez, brillants maîtres à jouer de l'Espagne championne d'Europe en 2012.

Crédit: Getty Images

Tchécoslovaquie 1976
Pourquoi elle : "Si j'avais pu le breveter, je l'aurais fait". Antonín Panenka, un nom devenu immortel un soir de juin 1976. D’une pichenette inédite, le milieu offensif du Bohemians Prague a offert le titre européen à son équipe et marqué les esprits pour toujours. Les champions du monde ouest-allemands ont cédé en finale, comme les Pays-Bas de Johan Cruyff avant eux, face à une formation qui n’avait pas la faveur des pronostics à l’heure d’aborder le final four en Yougoslavie. Un esprit d’équipe remarquable et un coup de patte légendaire se sont chargés d’écrire l’histoire.
L’équipe type : Viktor - Dobias, Capkovic, Ondrus, Pivarnik – Panenka, Moder, Pollak – Masny, Nehoda, Gögh
QUI REMPORTE CE DUEL ?
Vainqueur : Espagne 2012 avec 84% des votes

RFA 1972 VS PORTUGAL 2016

République fédérale d'Allemagne 1972
Pourquoi elle : Avant 1974, il y eut… 1972. Avant de conquérir le monde sur ses terres, l'Allemagne de l'Ouest s'est chargée de faire plier l'Europe, du côté de la Belgique. Après avoir perdu une finale mondiale en 1966 et être tombée en demie au Mexique deux ans plus tôt, la Nationalnannschaft de Beckenbauer met les points sur les i face à l'URSS (3-0). Doublé de Müller et un but de Wimmer, la RFA survole les débats et d'aucuns jugent que cette Allemagne-là, la devancière, était plus forte que sa version 1974. C'est dire.
L'équipe type : Maier - Höttges, Breitner, Beckenbauer, Schwarzenbeck - Wimmer, Heynckes, Hoeness, Netzer - Kremers, Müller
Portugal 2016
Pourquoi lui : "Nous avons allié la simplicité de la colombe à la sagesse du serpent". Le sélectionneur Fernando Santos a résumé à sa façon la campagne victorieuse du Portugal, qui a décroché en France son premier titre majeur. Une récompense au forceps pour une équipe qui s’est extirpée de son groupe après trois matches nuls et qui n’a gagné qu’un seul match dans le temps réglementaire, contre le pays de Galles en demi-finale. Les Bleus aussi ont été piégés, victimes de la solidarité ravageuse d'une Seleção conquérante à défaut d’être brillante.
L’équipe type : Rui Patricio – Cédric, Pepe, Fonte, Guerreiro – Renato Sanches, William Carvalho, Adrien Silva, Joao Mario – Nani, Ronaldo
QUI REMPORTE CE DUEL ?
Vainqueur : RFA 1972 avec 79% des votes

ESPAGNE 2008 VS RFA 1980

Espagne 2008
Pourquoi elle : Habituée à dominer le football de clubs grâce à ses deux géants madrilène et barcelonais, l’Espagne peine à convertir ces succès sur la scène internationale. Jusqu’à 2008. Quarante-quatre ans après son premier titre continental, la Roja de Luis Aragones remet ça. La machine se met en route avec du talent à revendre à tous les étages, de Casillas au binôme offensif Villa-Torres en passant par les nombreux maestros de l’entrejeu, Xavi et Iniesta pour ne citer qu’eux. L’Europe est conquise une première fois en Autriche et en Suisse, le monde suivra deux ans plus tard.
L’équipe type : Casillas – Ramos, Marchena, Puyol, Capdevilla – Iniesta, Senna, Xavi, Silva – Villa, Torres
République fédérale d'Allemagne 1980
Pourquoi elle : Il ne faut pas la voir comme l'équipe d'Allemagne de l'Ouest qui signe une troisième finale européenne de rang après son sacre en 1972 et son échec en 1976. Mais comme celle qui marque un vent de renouveau. Après l'échec du Mondial 1978, la RFA a retrouvé son côté implacable dans le sillage de Karl-Heinz Rummenigge et du jeune Bernd Schuster (20 ans), qui termineront aux deux premières places du Ballon d'or cette année-là. Impressionnants sur le plan physique, les Allemands ont placé pas moins de six joueurs dans l'équipe du tournoi. Et cet Euro 1980 a marqué l'avènement de la génération Rummenigge, qui atteindra à deux reprises la finale de la Coupe du monde (1982, 1986).
L’équipe type : Schumacher - Briegel, Förster, Stieleke, Dietz, Kaltz - Müller, Rummenigge, Schuster - Hrubesch, Allofs
QUI REMPORTE CE DUEL ?
Vainqueur : Espagne 2008 avec 72% des votes

URSS 1960 VS ALLEMAGNE 1996

Union des républiques soviétiques socialistes 1960
Pourquoi elle : L'URSS a tourné la page sur une ultime finale, perdue en 1988. Comme un symbole. L'Union Soviétique avait ouvert le bal et l'histoire de l'Euro, en 1960. En France, au cœur de l'ancien Parc des Princes, la sélection dirigée par Gavriil Kachalin réussit un coup de maître, deux petites années après sa première apparition sur la grande scène mondiale. Une victoire face à la Yougoslavie en finale (2-1). Ce soir-là, ce ne sont pas les buteurs qui prennent la lumière, mais celui qui les arrête : Lev Yachine.
L'équipe type : Yachine - Chokheli, Maslyonkin, Krutikov - Voinov, Netto - Metreveli, Ivanov, Ponedelnik, Bubukin, Meskhi
Allemagne 1996
Pourquoi elle : C'est tellement l'Allemagne. Celle qui n'est pas souveraine mais qui finit toujours par lever les bras. Elle a galéré pour venir à bout de la Croatie en quarts, elle a plié comme jamais avant de crucifier une nouvelle fois l'Angleterre aux tirs au but en demie, elle s'est retrouvée menée et dos au mur en finale contre la République tchèque… et Oliver Bierhoff est sorti de sa boîte pour arracher la prolongation, puis lui donner la victoire sur un but en or, dans tous les sens du terme. Un but affreux, sur un tir dévié deux fois qui touche le poteau avant de mourir au fond des filets. Tellement symbolique d'une Allemagne qui gagne toujours à la fin.
L'équipe type : Köpke - Helmer, Sammer, Babbel - Reuter, Eilts, Möller, Scholl, Ziege - Kuntz, Klinsmann
QUI REMPORTE CE DUEL ?
Vainqueur : Allemagne 1996 avec 57% des votes

ITALIE 1968 VS PAYS-BAS 1988

Italie 1968
Pourquoi elle : Comme l'amour, le football peut avoir ses raisons que la raison ignore. C'est peu dire que l'unique montée de la Nazionale sur le toit de l'Europe s'est faite dans des conditions rocambolesques. A la maison, les Italiens d'un impérial dernier rempart nommé Dino Zoff ont vu la chance leur sourire. C'est en effet... un tirage au sort qui leur a offert leur billet pour la finale après un match nul contre l'URSS (0-0) en demie. Menée en finale par la Yougoslavie, la Squadra Azzurra égalisera à dix minutes du terme. "Honnêtement, nous ne méritions pas le match nul", se souvient Zoff, finalement couronné après un "replay" inédit, remporté 2-0 par les locaux. "Nous méritions de gagner ce match", précisera le légendaire gardien transalpin.
L'équipe type : Zoff - Anastasi, Burgnich, Castano, Domenghini - Facchetti, Ferrini, Juliano, Guarneri - Prati, Riva
Pays-Bas 1988
Pourquoi eux : Tout vient à point à qui sait attendre. Rinus Michels pourrait faire sienne cette maxime. Quatorze ans après avoir perdu une finale de Coupe du monde face à la RFA, malgré Cruyff, malgré l'enchantement oranje, le sélectionneur national tient enfin sa revanche. Revenu aux commandes des Pays-Bas en 1986, il fonce vers l'Euro avec une nouvelle génération dorée, donc Marco van Basten est la tête qui dépasse. Le buteur, remplaçant au début du tournoi, va éclabousser la compétition de son immense talent. Symbole : son but d'exception en finale face à l'URSS, au stade olympique de Munich… là où tout s'était effondré quatorze ans plus tôt.
L'équipe type : Van Breukelen - Van Aerle, Rijkaard, R. Koeman, Van Tiggelen - Vanenburg, Wouter, Mühren, E. Koeman - Gullit, Van Basten
QUI REMPORTE CE DUEL ?
Vainqueur : Pays-Bas 1988 avec 91% des votes

GRÈCE 2004 VS FRANCE 1984

Grèce 2004
Pourquoi elle : Personne ne l'avait vue venir. Mais la Grèce a rappelé à l'Europe que le football était une histoire de collectif cet été-là. Les Hellènes d'Otto Rehhagel ont affiché une imperméabilité déroutante, une discipline à toute épreuve et un froid réalisme pour s'offrir le casse du siècle. Avec "juste" trois coups de tête pour se débarrasser de la France de Zidane (0-1) en quart, de la République tchèque de Nedved en demie (1-0) et du Portugal - le pays hôte – en finale (0-1), la Grèce a fait briller son schéma tactique ultra-rigoureux. Un modèle du genre.
L’équipe type : Nikopolídis - Seitaridis, Dellas, Kapsis, Fyssas – Zagorakis, Katsouránis, Basinas – Charisteas, Vryzas, Karagounis

Michel Platini à l'Euro 1984

Crédit: AFP

France 1984
Pourquoi elle : Deux ans après la cicatrice de Séville, l'équipe de France transforme les promesses en argenterie. Une première dans l'histoire du football hexagonal. A la maison, les Bleus gagnent leur Euro, avec le plus fantastique des one man show vus sur la scène continentale. Ballon d'Or 1983, Michel Platini vit quinze jours de rêve. L'Euro est à huit équipes, Platoche termine avec 9 buts au compteur. Record absolu. Record inimaginable. Deux triplés de suite, trois autres buts lors des trois autres matches, le numéro 10 des Tricolores porte la bande à Michel Hidalgo sur ses épaules. Exceptionnel.
L'équipe type : Bats - Battiston, Le Roux, Bossis, Domergue - Giresse, Fernandez, Tigana - Platini - Lacombe, Bellone
QUI REMPORTE CE DUEL ?
Vainqueur : France 1984 avec 85% des votes
Rendez-vous mardi sur notre site pour les quarts de finale de notre tournoi !
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