Les révélations des Football Leaks se poursuivent. Et ce mardi, c'est au tour de l'AS Monaco d'être au coeur de ces dernières. Selon des documents analysés par le média allemand Der Spiegel, et révélés par Mediapart ces dernières heures, le club de Dimitri Rybolovlev s'est joué des règles concernant le recrutement de plusieurs joueurs mineurs. Le tout grâce à quelques "combines" jusqu'alors secrètes.
On le sait, la politique de l'ASM est claire depuis des années : attirer des jeunes joueurs à fort potentiel... pour mieux les revendre ensuite. Avec, bien évidemment, des plus-values importantes. Dans ce système, il est donc impératif pour les dirigeants monégasques de recruter des joueurs prometteurs au plus jeune âge. Problème, un joueur ne peut pas signer de contrat aspirant (ou apprenti) avant ses 15 ans.
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Primes aux parents

Pour éviter ce "problème", le club du Rocher a donc trouvé plusieurs moyens. Par exemple, pour recruter un jeune joueur de douze ans et demi, que Nicolas Holveck, le directeur général adjoint monégasque, décrit dans un mail comme le "meilleur de sa génération", l'ASM promet une prime à la signature de 15 000 euros aux parents du jeune joueur... puis une prime de 20 000 euros "à la signature anticipée du contrat aspirant". Le loyer du joueur et sa scolarité seraient même pris en charge, ainsi que les frais de la famille pour venir en stage à Monaco. Plusieurs accords signés sous seing privé, ce qui permet de ne pas les transmetttre à la Ligue de football professionnel (LFP).

Le vice-président de Monaco, Vadim Vasilyev

Crédit: Panoramic

Interrogé par Mediapart, l'instance a livré sa version des faits. "Le recours au 'sous seing privé' pour contractualiser des conditions qui ne peuvent, parce qu’illégales, figurer dans le contrat de travail est prohibé par la Charte du football professionnel", explique la LFP, qui ajoute que de tels agissements seraient "considérées comme nuls et de nul effet" et que des sanctions seraient alors "infligées aux parties". L'accord de non-sollicitation du joueur, qui oblige les parents et le joueur mineur à ne pas signer ailleurs, a été enregistré par la LFP en septembre 2017. Le document officiel n'évoque pas d'éventuels avantages à l'intéressé et sa famille.
Comme le rajoute Mediapart, l'ASM résume tous ses paiements pour des joueurs mineurs dans un seul et unique tableau, nommé "tableau de suivi des joueurs à venir". Au total, le montant avoisine les 1,1 million d'euros (primes, homologation contrat aspirant etc...) pour 22 joueurs, dont l'un d'entre eux a même signé à 11 ans.
Les fidéliser dans l’espoir qu’ils rejoignent notre effectif professionnel
Interrogé par Mediapart, le club du Rocher estime que ses pratiques pour recruter des joueurs mineurs ont un but : "les fidéliser dans l’espoir qu’ils rejoignent notre effectif professionnel". C'est certainement dans ce but qu'une prime de 17 000 euros a été promise à la famille d'un joueur de 14 ans provenant de Drancy. "Oui totalité à verser à la maman", répond l'ASM à l'un de ses cadres concernant le paiement. Pour rappel, la loi est claire concernant un contrat avec mineur : il ne donne lieu à "aucune rémunération ou indemnité ni à l'octroi de quelque avantage que ce soit" pour une personne physique ou morale "agissant au nom et pour le compte du mineur".
Outre les primes, les dirigeants monégasques s'engagent, parfois, à trouver un emploi aux parents du joueur en question. Par exemple, pour la mère de l'un d'entre eux, l'ASM cherche un poste "de femme de ménage". Ou bien encore un poste "d’homme à tout faire" pour un autre. "Ce n'est pas en soi problématique (dès lors bien sûr qu'il s'agit d'un emploi réel)", répond la LFP à Mediapart.

Comment verser de l'argent aux agents ?

Comme expliqué un peu plus haut, aucun intermédiaire n'a le droit de toucher de l'argent sur un transfert d'un joueur mineur. Quid des agents ? Les Football Leaks révèlent les moyens utilisés pour payer ces derniers. Par exemple, pour verser une prime à Jorge Pires, un agent qui a travaillé à la venue du jeune Ruben Vinagre, il est proposé à l'ASM de faire passer sa mission comme un contrat de "scouting". Selon Mediapart, cette pratique est très fréquente aujourd'hui pour "payer des commissions qui ne respectent pas les règles".
Autre méthode : payer le joueur pour que ce dernier reverse l'argent à son agent via des bonus dans son contrat. "Comme [Ruben Vinagre] va vivre à Monaco et qu'il ne payera pas d'impôt, il sera capable de reverser l'argent à l'agent", explique ainsi Daniel Bique, responsable juridique, dans un mail. Mediapart révèle une autre "combine" assez fréquente, qui consiste à payer une partie de la commission pour un joueur X... sur le contrat d'un joueur Y, à condition bien évidemment qu'il possède le même agent.
Outre ces révélations sur l'ASM, les Football Leaks s'attaquent à plusieurs autres clubs, comme Chelsea, l'Atlético Madrid, Manchester City ou encore plusieurs clubs belges, comme Anderlecht.
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