Il y a des sales semaines dans une carrière de footballeur. Celle que vient de vivre Clément Lenglet est sûrement une des plus désagréables depuis son arrivée à Barcelone. Entre la débâcle face au PSG (1-4), où il a sombré face à Mbappé et consorts, et un match de Liga le week-end dernier contre Cadix (1-1) au cours duquel il a coûté deux points précieux en concédant son troisième penalty de la saison, le défenseur de 25 ans a vu sa mauvaise passe du moment révélée au grand jour.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son entraîneur Ronald Koeman n’a pas été des plus rassurants après son erreur dimanche dernier : "Clément doit-il prendre ce risque vers le ballon ? Peut-être pas, mais on doit analyser l'action plus en profondeur". Après la diffusion d’images montrant Lenglet très frustré après la rencontre, et même en larmes dans sa voiture devant les fans du Barça, la question de sa fatigue morale semble se poser également. Koeman l’a confirmé, indiquant que son joueur prenait ça "de manière très personnelle", n’a d’ailleurs pas davantage accablé son joueur en conférence de presse, avant le match contre Elche ce mercredi : "C’est clair qu’il peut mieux jouer et qu’il a fait quelques erreurs défensives, mais tous les joueurs en ont fait".
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La cible du moment de la presse catalane

Sans que sa responsabilité soit mise en cause ces dernières semaines, Clément Lenglet est peut-être aussi l’arbre qui cache la désolante forêt barcelonaise. Pointé du doigt par les socios et par la presse catalane, qui l'affiche même en une pour illustrer les erreurs des Blaugrana, le Français est la cible du moment, qualifié de "puéril" par Sport dimanche dernier, et responsable désigné de tous les maux du Barça. Pas forcément à juste titre, tant le collectif barcelonais tout entier est à l’arrêt et pose question.
Guère aidé par des coéquipiers français qui ne s’en sortent pas beaucoup mieux, entre un Griezmann qui ne parvient à retrouver son meilleur niveau sur la durée, un Dembélé intermittent et un Samuel Umtiti au temps de jeu famélique (3 titularisations en Liga cette saison), Clément Lenglet est surtout critiqué parce qu’il est en régression par rapport à ce qu’il a déjà montré. Recruté en 2018 pour 35 millions d’euros, le défenseur s’était rapidement imposé dans la défense centrale catalane, impressionnant par son anticipation, sa qualité de relance impeccable et compensant son manque d’agressivité par sa très bonne lecture du jeu. Sa complémentarité avec Piqué, aussi remarquable fut-elle dans un premier temps, s’est effritée ces derniers mois, et l’absence de l’Espagnol a révélé que Lenglet ne pouvait pas encore être le patron de la défense du Barça. A 25 ans, ce n’est pas rédhibitoire non plus.

Sur un fil, en club comme en Bleu

L’ancien du FC Séville et de Nancy a en plus reçu du soutien, en la personne de Jérémy Mathieu, ancien défenseur de Barcelone qui a défendu son compatriote sur la RAC 1, après avoir connu pareille situation en Catalogne : "Je me suis senti seul, personne ne m'a soutenu et, pour moi, ce n'est pas du football. Aujourd'hui, tout le monde tue Lenglet. Il doit essayer d'être positif pour renverser la vapeur."
Le natif de Beauvais ferait en effet bien de changer la donne au plus vite, surtout avec le retour de blessure du prometteur Ronald Araujo. L'Uruguayen n’étant pas encore complètement remis, Lenglet devrait avoir la confiance de Koeman et être titulaire face à Elche mercredi, dans ce qui ressemblera à un ultime sursis pour le Français. Le technicien néerlandais n’a d’ailleurs pas vraiment laissé de place au hasard dans ses déclarations d’avant-match : "Je dois toujours prendre ces décisions difficiles en tant qu’entraîneur. Bien sûr qu’un joueur doit être confiant, et montrer sa confiance aussi bien sur son état physique que mental."

Ronald Araujo et Clément Lenglet, en concurrence au FC Barcelone

Crédit: Getty Images

Lenglet peut aussi s’inquiéter pour son statut d’international, lui qui reste sur une sortie bien moyenne avec l'Équipe de France contre la Finlande (0-2) en novembre dernier, et sur des performances récentes qui pourraient lui coûter cher. Déjà derrière Kimpembe pour une place de titulaire dans l’axe gauche de la défense des Bleus, le numéro 15 barcelonais doit faire attention à ne pas compromettre complètement sa place dans les 23 de Didier Deschamps en vue du prochain Euro. A tous les niveaux, Clément Lenglet est sur un fil en ce moment, et se doit de ne pas perdre l’équilibre d’une carrière jusque-là parfaite.

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