C’est toujours la même chose avec l’été. Il en faut peu pour être séduit. Surtout quand vos précédentes relations n’ont pas été de tout repos. Les petits problèmes paraissent secondaires face à l’enthousiasme d’une nouvelle rencontre. Le problème, c’est aussi que c’est toujours la même chose avec la rentrée. L’amourette estivale survit rarement aux premières secousses de l’automne.

Jusqu’à vendredi, 20h45, l’OL a vécu un sacré été. Enthousiasmant forcément. Excitant aussi. Car nouveau. Mais la rentrée se fiche de la nouveauté. Ce qui compte dans les premiers jours, c’est de maîtriser les fondamentaux. Sous peine de perdre le fil trop rapidement.

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C’est une révolution qui s’est déroulée à Lyon. Le mot n’est pas usurpé. Pour la première fois depuis 1983 et le Serbe Vladimir Kovačević, un entraîneur étranger va s’assoir sur le banc lyonnais. Pour la première fois depuis 1987, Jean-Michel Aulas a lâché (provisoirement ?) les rênes. Et c’est donc à l’icône locale, le plus grand joueur de l’histoire du club, Juninho, que revient l’immense défi de donner un coup de fouet à l’institution OL.

L’amour du risque

Pour cela, rien de tel que du sang neuf. L’avantage avec Bruno Genesio, c’est qu’on connaissait la chanson. Un OL intermittent mais dans les temps au classement final. Un OL lassant aussi. Et frustrant. Car, sur le papier, c’est bien cette équipe qui devrait embêter le plus longtemps possible le PSG. Même après les départs de Tanguy Ndombélé, Ferland Mendy et Nabil Fekir, le constat reste le même.

Sylvinho, lui, arrive face une feuille blanche ou presque. Aussi immaculée que son CV d’entraîneur. En intronisant un technicien qu’il a choisi, Juninho s’est mouillé dès ses débuts. La marée de critiques, justifiées ou non, qui les attend au premier faux-pas est à la hauteur de la prise de risque. On ne change pas une équipe qui gagne. On ne change pas une PME qui roule. Sauf quand on vise autre chose.

Au fond, Lyon s’était mis à ronronner depuis plusieurs années. Bien calé dans son costume d’outsider - de victime aussi du PSG à écouter Aulas - l’OL n’a jamais cherché à renverser la table. Une équipe qui roule, un entraîneur qui ne fait pas de l’ombre à son omniprésent président, des rentrées d’argent régulières avec des plus-values XXL et le sentiment que Lyon était devenu l’Arsenal français : tant que les sous rentrent…

Sylvinho et Jean-Michel Aulas

Crédit: Getty Images

Discours alléchant, matches de préparation inquiétants

Les Gones n’ont pas changé leur modèle du jour au lendemain. Mais ils ont au moins pris le risque de sortir de leur train-train. Sylvinho-Juninho, c’est un discours nouveau. Plaisant surtout. Car les idées semblent claires quant à la destination finale. Retrouver un ADN de jeu. Et cela passe aussi à un organigramme plus clair où Florian Maurice semble encore garder une influence certaine à l’image d’un recrutement jalousé par d’autres écuries françaises.

Sur le papier, tout roule. Sur le terrain, en revanche… Quatorze buts encaissés, sept marqués, quatre défaites pour une seule victoire, obtenue à l’arrachée face à une équipe d'Arsenal elle aussi en recherche d'équilibre (1-2) : voilà le bilan peu reluisant de la préparation lyonnaise. Certes, ces matches ne sont que des tests grandeur nature. Ratés en l’occurrence. Les maux lyonnais semblaient les mêmes que par le passé, entre attitude défaillante des cadres supposés face à la tempête et stabilité défensive inexistante. On se demande tout simplement s'il y a un patron dans cette équipe.

Pourtant, l’intention du nouveau coach, notamment dans le pressing, a été entrevue. Parfois. Mais pas assez. Car il faut du temps pour changer les habitudes. Tout ce que l’OL n’a finalement pas. Lyon ne peut pas se permettre de redémarrer à zéro. Pas avec cet effectif et pas avec les résultats passés. D’autant que ses concurrents les plus proches pour le podium, l'OM et Monaco notamment, ne rateront pas leur année à chaque fois. Pour l’heure, du côté du Groupama Stadium, on a entrevu le brouillon de l’ambition. Mais la copie propre doit suivre rapidement.

Sylvinho, Jean-Michel Aulas et Juninho

Crédit: Getty Images

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