"C'est un diamant qui brille aux côtés d’étoiles" : c’est par ces mots que nous était défini Julian Draxler en 2017 par nos collègues allemands. Des étoiles, Paris en compte une multitude, au point de construire une galaxie. Le "diamant" en revanche ressemble de plus en plus à une banale pierre précieuse. En quatre ans, la trajectoire de l'Allemand ressemble à celle d’une comète en nette perte de vitesse.
Comme ses compères de la nouvelle génération allemande, de Mario Götze à André Schürrle, Draxler avait semé des espoirs légitimes. Comme ses compères, il reste une énigme. Tantôt capable de fulgurances, tantôt déprimant de neutralité, Draxler a longtemps eu l’excuse de l’âge pour cacher son irrégularité chronique.
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Ultra-précoce en Bundesliga, l’ancien de Schalke 04 a surfé sur des débuts canons et sur une réputation flatteuse mais légitime. Son passage raté à Wolfsburg a révélé un autre visage, entre absence de leadership et disparitions épisodiques surprenantes. Son transfert à Paris devait marquer un renouveau et le lancement d’une carrière prometteuse.

Débuts de rêve et duo d’enfer

Ce fut le cas… l'espace de six mois. But décisif face à Rennes pour son premier match de L1, prestation emballante et but à nouveau face au Barça lors de la manche aller (4-0), l’Allemand semblait prêt à prendre son envol. Avec Emery, la relation est d'abord fluide et l’horizon dégagé. Vient alors la remontada où il est associé plus que de raison. Sa présence sur une vidéo aux côtés de Verratti, Matuidi et Meunier où ils discutent d’un scénario cauchemar au Camp Nou, sans imaginer la suite, n’a pas aidé dans l’affaire.
Si le naufrage au Camp Nou marque un tournant pour le PSG, c’est pourtant sans doute lui qui l’aura payé le plus cher. Indirectement. Vu comme un membre à part entière de l’équipe titulaire pour abreuver Cavani de ballons en 2017, il dégringole dans la hiérarchie dès l’été suivant. Kylian Mbappé et Neymar débarquent et deviennent ses "concurrents" directs. Impossible de lutter. De titulaire en puissance à roue de secours, la courbe de confiance de l’Allemand plonge. Ses performances aussi.
On tente de le réinventer en milieu relayeur. Prometteur mais encore irrégulier. Toujours plus frustrant. Là où son ADN de meneur de jeu devrait le pousser à prendre des risques et créer des décalages, des brèches, Draxler s’efforce à jouer simple, latéral et sans fougue. Sans son audace originelle, l’apport de l’Allemand est franchement limité.

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Emery, Tuchel et Pochettino ont toujours été séduits et puis…

Emery, avec qui la relation ne passait plus, parti, c’est Thomas Tuchel qui débarque. Avec son compatriote, on pense alors que l’osmose sera totale d’autant que le technicien ne cesse de mettre en avant ce joueur "fiable" sur lequel il veut s’appuyer. Mais le casting offensif n’a pas changé et l’Allemand est encore sacrifié, sur l’autel de l’équilibre.
"Je sais qu’il apprécie que je ne perde pas la balle et que j’ai une bonne technique, détaillait-il en décembre 2019. Il compte également sur moi pour donner de bons ballons à nos attaquants parce que je trouve toujours un moyen de trouver Ney ou Kylian dans une position dangereuse. Parfois, il devient fou parce que je n’aime pas me battre sur le terrain dans des situations de un-contre-un ou des duels directs. C’est pour ça parfois qu’il devient fou. […] Je veux jouer, je veux gagner et c’est pour cela que je suis là et j’aime jouer pour une équipe comme celle-ci même si je sais que c’est difficile de trouver une place sur le terrain, donc tu dois être capable de jouer dans différentes positions".

Thomas Tuchel et Julian Draxler à Rennes

Crédit: Getty Images

C’est aussi cette propreté technique, cette habitude du haut niveau (56 sélections avec la Mannschaft) et sa capacité à remplacer un Neymar trop souvent absent qui a séduit Mauricio Pochettino à son arrivée. Comme Emery et Tuchel avant lui, l’Argentin espère sans doute agir comme un déclic pour un offensif dont l’influence minime sur le terrain est cachée par des statistiques honorables (160 matches avec le PSG, 23 buts, 36 passes). Comme ses prédécesseurs, il a dû comprendre qu’il n’avait pas seul les réponses aux questions qui entourent le niveau réel du joueur.
Mis à l’écart par Tuchel, Draxler a bien retrouvé des couleurs avec l’ancienne tête pensante de Tottenham. Mais cette bouillie livrée mercredi face au FC Barcelone (1-1) a rappelé son apport trop intermittent. Pas aidé par un collectif en déliquescence en première période, l’Allemand a été visé par son entraîneur pour sa nonchalance défensive. Pas sûr que de telles opportunités de renverser la table se présentent aussi tôt. Surtout quand un Moise Kean a autant brillé dans un rôle inhabituel d’ailier droit…

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La prolongation de raison

Same old story en somme : quand les chances se présentent, Draxler tarde à les saisir. Et les mots d’Andreas Brehme de 2019 continuent de raisonner comme une vérité incontestable. "ll est logique de parler d’un beau gâchis, expliquait l’ancien international allemand au Parisien. Julian est un joueur pétri de talent, mais il n’a jamais véritablement exploité son potentiel. Il lui manque du caractère pour répondre aux attentes au plus haut niveau. Il me semble particulièrement friable".
Face à un tel tableau, difficile d’imaginer une suite heureuse au mariage avec le PSG. Décembre 2019, été 2020, hiver 2021 : mercato après mercato, Draxler est poussé vers la sortie. Mercato après mercato, il s’accroche. Bien dans sa vie parisienne, attaché à un effectif où il a tissé des liens, il croit encore à une porte de sortie inespérée. Il semble être le seul. Mais en ces temps incertains, les vérités d’hier ne sont pas celles de demain.
Comme expliqué par L’Equipe, derrière les dossiers Neymar, Mbappé et Di Maria, Pochettino insiste pour que Draxler soit aussi prolongé. Un choix de raison plus qu’une vraie déclaration d’amour : laisser filer l’Allemand libre en fin de saison obligerait le club à se renforcer à ce poste. De l’argent que Paris n’a plus forcément pour ce genre de dossiers secondaires. Dès lors, une prolongation à la baisse, Covid oblige, est dans les cartons. L’Allemand serait tenté, question de conjoncture pour lui aussi qui ne peut plus prétendre à un aussi gros club que le PSG. Dès lors, c’est une chance inespérée qui tend les bras à Draxler. Encore une…

Julian Draxler et Mauricio Pochettino à l'entraînement du PSG

Crédit: Getty Images

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