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Ligue 1 - "Ce serait un cataclysme" : Le conflit entre la LFP et Mediapro fait trembler les clubs
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Publié 09/10/2020 à 08:40 GMT+2
LIGUE 1 - Alors que Mediapro, principal diffuseur de la L1 et de la L2 sur la période 2020-2024, a demandé un délai de paiement et une renégociation du contrat à la LFP, les clubs qui comptent sur cette manne financière importante font grise mine. Selon Pierre Maes, auteur de l'ouvrage "Business des droits TV du foot", les clubs français pourraient "faire face à un Covid puissance 10".
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La LFP s'est exprimée jeudi et ce n'est guère rassurant. L'instance dirigée par Vincent Labrune confirme le délai de paiement demandé par Mediapro. Une demande rejetée par la Ligue de football professionnel. Cette véritable bombe fait donc trembler l'écosystème de la Ligue 1, surtout depuis que le groupe sino-espagnol, par la voix de James Roures, a annoncé vouloir renégocier le contrat, qui porte jusqu'en 2024 pour un montant total de 1,153 milliard d'euros. Cette annonce tombe à un moment critique, la pandémie ayant déjà mis à mal les finances des clubs.
"Il est important que les choses soient discutées rapidement parce que les règlements qui devaient intervenir le 6 octobre n'ont pas été effectués, et les recettes que l'on attendait au sein des clubs le 17 octobre risquent de ne pas arriver non plus", s'est inquiété le président des Girondins de Bordeaux, Frédéric Longuépée. Fin juillet, une étude du cabinet EY commandée par le syndicat de clubs Première Ligue tablait déjà sur 605 millions d'euros de pertes en chiffre d'affaires dues à l'arrêt du championnat.
C'était sans compter l'assèchement des recettes de billetterie provoqué par la jauge maximale de 5.000 spectateurs, rabaissée à 1.000 dans les zones les plus touchées. Mais à peine plus d'un mois après son lancement, Mediapro laisse à sa merci les clubs, qui tirent plus d'un tiers de leurs recettes des droits TV (36% pour la Ligue 1 en 2018-2019 selon la DNCG).
Le prêt garanti par l'Etat de 224,5 millions d'euros pèse lourd
"Il est évident que l'enjeu des droits TV pour les clubs est important. C'est une part significative de leurs revenus et ce serait un cataclysme, après avoir perdu un quart des revenus suite à l'arrêt du championnat 2019-2020, la perte des recettes liée aux dix matches qui n'ont pas eu lieu, les quasi huis-clos actuels...", craint Frédéric Longuépée. De mauvais augure, d'autant que la Ligue s'est déjà endettée au printemps avec un prêt garanti par l'Etat de 224,5 millions d'euros, compensant le manque à gagner en droits TV de l'arrêt prématuré du championnat.
Et l'un des arguments les plus souvent avancés par les dirigeants du football français au printemps pour justifier l'arrêt de la saison, à savoir, l'importance de "sécuriser" le nouveau cycle de droits télévisés, semble désormais tomber à l'eau...
Si Mediapro est "en position de force" dans la négociation, selon l'économiste du football Luc Arrondel, les perspectives ne sont guère alléchantes pour le groupe sino-espagnol. "Mediapro est à la base une agence. Leur modèle initial, c'était d'acheter les droits très cher et de les revendre avec une plus-value, en spéculant sur une hausse en France du marché et de la concurrence. Ils ont parié, ils ont perdu", note Pierre Maes, consultant et auteur du "Business des droits TV du foot", interrogé par l'AFP.
Résultat, les doutes resurgissent vis-à-vis de Mediapro et sa chaîne payante Téléfoot, dont le grand lancement fut "tiède" en terme d'abonnements selon Jaume Roures, le dirigeant espagnol refusant de donner des chiffres. Et l'économie du football, largement basée depuis les années 2000 sur une augmentation continue des droits TV, se retrouve à vaciller avec la crainte d'un "éclatement de la bulle".
"Aujourd'hui, les clubs ont acheté leurs joueurs avec l'argent de Mediapro et leur ont offert des contrats longs et extrêmement chers. Passer de ce modèle-là à un modèle plus frugal, c'est impossible, s'inquiète Pierre Maes. Pour le moment, on en n'est qu'à un signal inquiétant, mais en cas de déconfiture, je pense que les clubs vont faire face à un Covid puissance 10."
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