Ligue 1, Lille - PSG : Et maintenant, où va le LOSC ?
Par Glenn Ceillier
Publié 19/12/2020 à 23:32 GMT+1
LIGUE 1 – Alors que le club brille sur le terrain, Lille, qui affronte le PSG dans un duel au sommet de la L1 ce dimanche, se retrouve face à une période plus incertaine avec le changement de gouvernance acté en fin de semaine. Le départ forcé de Gérard Lopez laisse des zones d'ombre notamment sur la future politique des nouveaux propriétaires et la logique de trading qui était au cœur du projet.
Olivier Letang en 2019
Crédit: Getty Images
Des nuages sont apparus dans le ciel lillois. Jusqu'ici cet exercice 2020-2021 était pourtant presque idyllique. Sur le plan sportif, c'est même le début de saison parfait. Premier de L1 et encore en course en Ligue Europa, le LOSC ne cesse de séduire. Entre l'étonnant rendement de son duo turc Burak Yilmaz - Yusuf Yazici et la solidité de sa défense, le club nordiste, qui reste sur trois succès consécutifs en championnat, a de quoi bomber le torse avant de retrouver le PSG dans un choc très attendu. Mais cette semaine, tout a basculé. Et des doutes sont venus s'immiscer.
La raison ? Le changement d'actionnaire. Vendredi, Gérard Lopez a été contraint de céder le club lillois au fonds d'investissement Merlyn Partners. Endetté auprès d'Elliott Management qui lui avait donné les moyens de s'offrir le LOSC en 2017, l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois n'avait plus le choix dans un contexte si singulier avec la crise liée à la pandémie de la Covid-19 et le fiasco Mediapro pour les droits TV. Mais alors que Lopez avait réussi à "redresser sportivement le LOSC" comme il l'a glissé dans le communiqué pour annoncer la vente, cette passation de pouvoir à la tête du club place le leader de L1 dans une zone de turbulences et d'incertitudes.
Galtier, le discours de Merlyn : des signes rassurants
Le discours du nouvel actionnaire se veut certes rassurant. "La volonté de Merlyn est de capitaliser sur les résultats sportifs obtenus au cours des saisons passées et de garantir que ce succès soit durable à long terme en s'appuyant sur une situation financière solide et une équipe de direction forte", ont expliqué les nouveaux propriétaires vendredi dans le communiqué. Olivier Létang, ancien dirigeant du PSG et de Rennes qui devient le nouveau président du club nordiste, n'est aussi pas un inconnu dans le paysage de la L1.
Autre nouvelle qui a de quoi rassurer quelques fans : le staff technique et notamment l'entraîneur Christophe Galtier ne sont pas concernés pour le moment par ces changements de cap. "J’aurai des échanges avec Olivier (ndlr : Létang), peut-être aussi le propriétaire du club pour connaître ses intentions. Il faudra voir à l’usage si nous sommes compatibles et si les objectifs du club correspondent à ce que j’attends. Mais cela ne remet pas en cause mon contrat", a glissé samedi Galtier, qui est lié au club lillois jusqu'en 2022, dans des propos rapportés par la Voix du Nord. Cependant, l'édifice lillois va forcément évoluer. En bien ou en mal. Seul le temps pourra le dire.
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Galtier peut-il quitter le navire ? "Le danger, c’est de faire ‘une Jardim’"
Video credit: Eurosport
Quid des prochains mercatos ?
Le prochain mercato, qui s'ouvre dans quelques jours, devrait ainsi déjà donner une idée du nouveau projet du LOSC, qui sera à nouveau entendu le 4 janvier par la DNCG. Si certaines sources évoquent l'hypothèse que le leader de L1 pourrait se séparer de certains joueurs pour renflouer les caisses et rembourser la dette, L'Equipe a révélé dans son édition de samedi que les nouveaux propriétaires ont encore insisté sur le fait qu'il "n'y aura pas de braderie" cet hiver.
L'été prochain en revanche d’après le quotidien sportif, Olivier Létang aura du pain sur la planche pour vendre, histoire d'aider les bilans comptables à avoir une meilleure allure. Mais ce n'est pas forcément nouveau pour le LOSC, qui s'est séparé de Victor Osimhem (70 millions) et Gabriel (26 millions) l'été dernier après avoir vendu Nicolas Pepé (80 millions), Rafael Leao (23 millions) ou encore Thiago Mendes (22 millions) lors de l'intersaison 2019. Le souci, c'est finalement de savoir si Lille aura encore le nez creux pour dénicher des joueurs aptes à compenser ces départs et à poursuivre la belle dynamique sportive. Et là, il y a de sérieux doutes avec le départ de Luis Campos.
Le départ de Campos, le vrai coup dur ?
Conseiller de Gérard Lopez depuis 2017, le Portugais s'est imposé comme une pierre angulaire du renouveau nordiste. Grâce à son réseau de scouting d'exception, il a su bonifier le groupe lillois avec quelques coups sublimes sur le marché des transferts (Ikoné, Pépé, Osimhen). Comme il l'avait déjà fait à Monaco, où il a officié de 2013 à 2016 en tant que conseiller spécial de l'ancien président Vadim Vasilyev. Salarié d'une des sociétés de Lopez, ce dénicheur de talents s'en va dans le sillage de l'ancien président lillois. Et s’il s’était déjà mis en retrait depuis quelques mois et voulait quitter le Nord en raison de désaccords sur la politique sportive du club, il risque de laisser un grand vide lors des prochains mercatos.
Sans lui, Lille peut-il poursuivre sa politique de "trading" tout en conservant son cercle vertueux sur le plan sportif ? C'est une question sans réponse à l'heure actuelle même si Létang possède un beau réseau depuis son passage au PSG. Le nouveau président-directeur général de Lille avait d'ailleurs su l'exploiter au Stade Rennais (2017-2020) où il a notamment aidé le club à remporter son premier trophée depuis 48 ans avec la Coupe de France 2019. L'avenir dira s'il a les atouts pour poursuivre la logique lilloise des dernières années. Ou si le LOSC va devoir se réinventer. Encore une fois. Avec les doutes que cela implique.
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