On aurait peut-être dû s'en méfier. Le retour de Hatem Ben Arfa en Ligue 1, après une saison quasiment blanche et une expérience manquée en Espagne, promettait de (trop) grandes choses. Le joueur était souriant, virevoltant balle au pied, et décisif : 2 buts et 4 passes décisives en 7 rencontres de fin novembre à la trêve hivernale. A 33 ans, le gaucher semblait enfin avoir trouvé de la maturité, parfois entrevue à Rennes, et rendait tout le collectif bordelais meilleur. Son coach Jean-Louis Gasset le disait lui-même : "Je me régale. Tous ses partenaires lui donnent la balle et bougent autour de lui."

Bordeaux - Ben Arfa, le super dribbleur

Et puis vite, trop vite, l’effet s’est estompé. Presque comme d’habitude. En 2021, Ben Arfa est retombé dans ses travers, voulant jouer trop compliqué sur le terrain, et trop seul surtout. Son match face à un Marseille réduit à 9 lors de la 25e journée de Ligue 1 en est la parfaite illustration : 4 tirs, tous hors du cadre, 13 ballons perdus, et avant tout le sentiment que le numéro 8 bordelais voulait être le sauveur de toute une équipe à lui tout seul. Le Hatem chef d’orchestre de l’automne a laissé place au Hatem turbulent de l’hiver.
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Car ce n’est pas seulement son attitude et son efficacité sur le terrain qui sont remises en question, mais aussi son comportement en dehors de celui-ci, qui agace jusqu’à ses propres partenaires. "L’ambiance est moyenne, très moyenne. Vous êtes dans un groupe où il y a énormément de joueurs en fin de contrat, qui veulent partir. Il faut rester avec ceux qui ont envie de se battre, de donner, de partager, de progresse" a notamment exprimé Laurent Koscielny la semaine passée dans des propos incendiaires qui laissaient planer le doute sur l’identité des joueurs concernés. Un doute rapidement levé par les nouvelles déclarations du capitaine des Girondins après la défaite face à Metz (1-2) samedi dernier : "Il peut y avoir beaucoup d’engueulades dans un vestiaire. Il y en a eu une entre Hatem et moi."

Hatem Ben Arfa sous le maillot bordelais en 2020

Crédit: Getty Images

Comme un air de déjà-vu...

Ce qui peut préoccuper le staff bordelais avec ce cas Ben Arfa, c’est l’impression de déjà-vu qui entoure le joueur. Resté une saison avec le Stade Rennais en 2018/2019, l’international français avait impressionné jusqu’en décembre, marquant sept buts et portant l’attaque bretonne sur ses épaules, avant de progressivement s’éteindre en deuxième partie de saison, se montrant moins impliqué et sans solution pour de nouveau être décisif. Déjà en février 2019, son entraîneur Julien Stéphan l’avait mis en garde : "C’est aussi à lui de rendre certaines choses dans son investissement, dans son volume, dans ses courses, pour qu’il puisse bien fonctionner avec ses partenaires".
La saison avait bien fini pour le club, avec la victoire historique en Coupe de France malgré une décevante dixième place en championnat. Entre Ben Arfa et le Stade Rennais en revanche, l’histoire avait tourné court à la suite de sa sortie jugée "incompréhensible" par Stéphan, dans laquelle le joueur exprimait son mécontentement quant au jeu produit par l’équipe et son désir d’aller jouer ailleurs.

Hatem Ben Arfa avec Julien Stephan avec Rennes, 2019

Crédit: Getty Images

Même si Ben Arfa n’en est pas encore là avec Bordeaux, son club traverse une crise sportive avec sept matches sans victoire, dont il n’arrive pas à être le sauveur. Si son entourage affirme qu’il veut rester à Bordeaux "où il se sent bien", malgré sa fin de contrat en juin 2021, pas sûr que sa perte du statut de titulaire l’aide à vouloir allonger son aventure girondine. Avec la réception de son ancien club du Paris Saint-Germain, Ben Arfa a encore une chance de donner tort à ceux qui le donnent déjà partant et montrer qu’il est impliqué sur le terrain. Sans un retour à niveau, il deviendra dur de ne pas affirmer que la période de lune de miel entre Hatem Ben Arfa et les clubs de Ligue 1 se raccourcit à chaque nouvelle équipe dont il porte le maillot.
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