Ce qu'il est en train de réaliser à Saint-Etienne, à savoir sauver le club d'une situation désespérée, Pascal Dupraz l'a déjà fait à Toulouse et dans des conditions encore plus extrêmes. Arrivé à dix journées de la fin en 2016, le coach haut-savoyard a remonté un déficit de 10 points sur le premier non-relégable. Un authentique exploit qui a marqué les acteurs de l'époque et en premier lieu Pantxi Sirieix. L'ancienne icône du TFC revient sur les méthodes, la personnalité et les convictions de Dupraz qui ont permis aux Violets de signer l'impossible. Il prévient de suite : "Si c'est pour évoquer Dupraz, aucun problème, je peux en parler des heures." Un témoignage qui éclaire surtout sur ce qui est en train de se passer à Saint-Etienne avant le déplacement des Verts à Lille ce vendredi.

Pascal Dupraz (Toulouse) / Ligue 1

Crédit: Getty Images

Pantxi, si vous ne deviez retenir qu'une leçon du passage de Pascal Dupraz à Toulouse, quelle serait-elle ?
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P.S. : La première chose, peut-être la plus essentielle : lui y croyait alors que nous, plus du tout. Voilà ce qu'il arrive à faire : amener tout le monde avec lui à savoir les joueurs, le staff et même le personnel administratif. C'est hyper costaud parce que je rappelle qu'il ne connaissait personne et qu'il est arrivé tout seul, ce qui de nos jours semble fou. Dupraz, il fonce dedans sans réfléchir. Moi, avec lui, j'avais l'impression de revenir aux valeurs qui ont fait que je me suis inscrit au foot petit. Des valeurs humaines en fait. Il a apporté beaucoup d'enthousiasme. On s'est mis à rigoler alors qu'on était avant-derniers. Tous les matins, on voulait venir à l'entraînement. On a retrouvé goût au foot avec lui.
Quelle genre de décision a-t-il pris qui ont changé le destin du groupe ?
P.S. : Je me souviens qu'il coupait le groupe dès le mercredi soir et écartait ceux qui n'allaient pas jouer le week-end très tôt dans la semaine. C'est hyper difficile à accepter mais tout le monde adhérait au discours. Ça prouve la cohésion qu'il a amenée.

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Comment se comporte-t-il au quotidien ?
P.S. : Il est très déconneur, très tactile. Et il faut savoir qu'il manie le verbe comme personne. Ca nous a amené de la légèreté dans un climat très pesant. Il a réussi à dédramatiser une saison super lourde.

Pascal Dupraz Toulouse

Crédit: Panoramic

Quel est le moment fondateur de son passage à Toulouse ?
P.S. : Tout le monde parle de son speech qui a été immortalisé par les caméras de Canal+ mais, moi, je retiens deux autres choses. Il avait trouvé une vidéo de Floria Gueï, une coureuse de 4x400m qui a remonté ses concurrentes pour remporter le titre sur la ligne (lors des championnats d'Europe de Zürich, en 2014, ndlr). Il nous l'a passée dans le noir avant chacun des dix derniers matches de la saison. C'était son fil conducteur. Il nous a raconté cette histoire qui prenait de plus en plus de sens à mesure que la saison avançait. Et puis, je me souviens de son tout premier discours. Il réunit tout le club et parle 1h30 devant une assemblée où il ne connaît personne. A ce moment-là, on s'est tous dit qu'on allait vivre quelque chose. Je me rappelle qu'il nous a bien avertis : "Les gars, occupez-vous des neuf premiers matches. Le dernier, c'est pour moi." Parce qu'il s'était déjà sauvé lors de la dernière journée (avec Evian TG, en 2014, ndlr). Et on lui a fait une confiance aveugle. Il m'a fait vivre deux mois de folie. Tous ceux qui étaient dans le vestiaire n'oublieront jamais.
Il donne l'impression d'en faire parfois beaucoup mais…
P.S. : (Il coupe) Parfois, on se dit qu'il se construit une image mais c'est quelqu'un avec de vraies valeurs. Attention, c'est un malin bien sûr. Mais il a besoin de confiance autour de lui. Ça ne m'étonne pas ce qu'il fait à Saint-Etienne, il connaît très bien "Jeff" Soucasse. Et il doit s'appuyer sur Loïc Perrin, qui connaît le club par cœur, comme il s'est servi de moi.
Dupraz ne veut jamais parler de ses principes de jeu. A-t-il malgré tout une patte tactique ?
P.S. : On n'est pas entraîneur de L1 si on est une pipe au niveau football. Je ne peux pas nier que sa marque de fabrique, c'est l'humain. Mais il a aussi diffusé des principes de jeu. La première chose qu'il nous a demandé, c'est de resserrer les lignes parce qu'on prenait l'eau. Des choses assez simples mais qu'on oublie parfois. Il ne va pas réinventer le foot et faire comme Guardiola. Ce qu'il veut, c'est l'efficacité.
Donc vous retenez d'abord ses préceptes défensifs.
P.S. : Il avait vu qu'on avait un gros pouvoir offensif avec Oscar Trejo, Martin Braithwaite et Wissam Ben Yedder. Son truc, il voulait qu'on soit costauds, solidaires, soudés. Il savait que devant, on avait des gars capables de faire mal. On a joué pour Wissam et Martin. Dupraz les a mis tout en haut et ils en avaient besoin. Et devinez quoi ? Ce sont ces mecs qui nous ont sauvés.
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