Avant la 31e journée de Ligue 1, sept clubs voient encore planer sérieusement l'ombre de la relégation au-dessus de leur stade : Angers, Troyes, Lorient, Clermont, Saint-Etienne, Metz et Bordeaux. Les cinq derniers, plus que les autres. Ils se tiennent en cinq points dans les profondeurs du classement et quatre d'entre eux sont sur le point de s'affronter dans des joutes "à six points".
Heureux seront les gagnants : ils respireront un peu d'air frais. Malheur aux perdants : ils mettront un premier orteil en Ligue 2. Seuls les Clermontois, 17e, qui reçoivent Paris samedi (21h), ne sont pas concernés mais seraient bien avisés de ramener quelque chose du Parc des Princes. Car après ce week-end de la peur, les confins du classement de la Ligue 1 pourraient être chamboulés. Tour d'horizon des états de forme des quatre clubs qui vont jouer gros.
Ligue 1
Lorient, c'est géant !
02/10/2022 À 12:52

Saint-Etienne, la bonne dynamique

Quand Sainté, alors lanterne rouge de Ligue 1, a embauché Pascal Dupraz en décembre comme pompier de service pour calmer le feu du Forez, les critiques ont été nombreuses. L'ancien de Caen et Toulouse traîne l'identité d'un entraîneur au jeu tourné vers la défensive, plus meneur d'hommes qu'autre chose. "Je suis capable de dire combien d'enfants ont chacun d'entre eux et, bientôt, je pourrai sans regarder mes notes dire le nom des compagnes et des épouses de chacun." confiait-il d'ailleurs à Eurosport, deux semaines après son arrivée.

La méthode Dupraz : "Je suis capable de dire combien d'enfants ont chacun de mes joueurs"

Force est de constater que, même si les Verts ne sont pas encore sauvés - ils sont 18e avec 27 points -, l'impulsion Dupraz est celle dont ils avaient besoin dans l'immédiat. C'est simple, sur les 10 derniers matches Saint-Etienne est 10e de Ligue 1. Largement suffisant pour se sauver donc, et même un peu plus.
On a vu l'ASSE prendre les trois points contre ses adversaires directs (Troyes, Metz, Clermont, Angers…), arracher un point au nez et à la barbe de mieux classés (Lille, Strasbourg) et même produire quelques séquences intéressantes contre le PSG. Bouanga, trois buts et deux passes décisives sur les six derniers matches, avait ouvert le score contre les Parisiens.

Bouanga célèbre avec Camara et Khazri son but contre le PSG en Ligue 1

Crédit: Getty Images

La rencontre face à l'OM perdue 4-2 est là pour rappeler que les Verts ne sont pas encore mûrs pour prétendre à beaucoup plus, mais le maintien ne serait pas volé. Une victoire contre Lorient combinée à une possible défaite de Clermont contre le PSG les replacerait 16e, à deux longueurs de la place de barragiste.

Lorient, un destin en main ?

Après la période du 25 septembre et un nul 1-1 contre l'OL au 6 février et une défaite face à Nantes, personne ne donnait cher de la peau des Merlus. Les hommes de Christophe Pélissier venaient d'enchaîner 15 matches de Ligue 1 sans victoire (10 défaites, 5 nuls). De quoi donner la sinistrose au Moustoir.
Pourtant, ces dernières semaines, le ciel breton s'est fendu d'une (légère) éclaircie. Sur leurs cinq derniers matches, les Lorientais, qui comptaient seulement quatre victoires en Ligue jusque-là, ont battu Brest et Clermont (un concurrent direct au maintien), et ont gratté un nul sur leur pelouse face à Strasbourg. Sur le bilan comptable, on ne peut encore pas parler de bouffée d'air frais puisque Lorient n'a qu'un petit point d'avance sur Saint-Etienne et une moins bonne attaque que les Verts. Une petite dose d'espoir serait plus juste.

Lorient's Malian forward Ibrahima Kone (L) celebrates with Lorient's Senegalese forward Sambou Soumano (R) after scoring his team's first goal during the French L1 football match between Stade Brestois 29 and FC Lorient

Crédit: Getty Images

Pour la suite, Christophe Pélissier peut tenter de capitaliser sur un Terem Moffi qui semble de nouveau décidé à marquer. L'attaquant nigérian a rouvert son compteur but contre Lyon (défaite 4-1) début mars et a de nouveau marqué contre Paris trois matches plus tard. Pour un garçon qui sort d'une période à un but en 31 matches, ce n'est pas négligeable. Ibrahima Koné, à l'aise dans un rôle de supersub et buteur lors des deux dernières victoires lorientaises peut aussi faire du bien.
Le chemin est encore long et la tâche reste délicate, mais Lorient a son destin entre ses mains. Sur les huit journées restantes, les Merlus défieront trois des quatre clubs qui les talonnent, (Saint-Etienne,Bordeaux, Metz) en plus de Troyes, qui les devance d'une place et quatre points.

Metz, marquer ou mourir

Comment se sortir de la zone rouge sans marquer ? C'est la question que se posent les Messins, qui ne peuvent pas non plus compter sur une défense vraiment hermétique. Les hommes de Frédéric Antonetti n’ont inscrit que quatre buts sur leurs onze derniers matches. De quoi endormir Saint-Symphorien, où Metz ne bénéficiera même plus du soutien de la Génération Grenat, le plus ancien groupe d'ultras du club, mis en sommeil depuis début avril.

Frederic Antonetti

Crédit: Getty Images

Même si mathématiquement tout reste possible, un léger parfum de Ligue 2 flotte déjà chez les Grenats. Matthieu Udol, Habib Maiga et Fabien Centonze sont blessés. Depuis sa signature à Tottenham, Pape Matar Sarr n'est plus que l'ombre de lui-même. Et Frédéric Antonetti parle de "gros problème de confiance" en conférence de presse.
Pourtant, parfois, les Messins donnent l'impression de pouvoir se secouer. À domicile, lors du dernier match de Ligue 1 samedi face à Monaco, Ibrahim Amadou a catapulté le ballon dans la lucarne de Nübel pour égaliser à 1-1 et relancer la partie. Les Monégasques ont tremblé dix minutes puis Metz a retrouvé ses largesses en laissant Boadu libre au second poteau sur un centre de Golovin. Score final 2-1.
Des scénarios qui épuisent mentalement et qui vont coûter cher lors de cette fin de saison. Car il est bien plus douloureux de voir un maigre espoir réduit à néant que de ne pas en avoir. Plus que de l'espoir, il faut maintenant des points, et Antonetti ne semble pas avoir la formule pour aller en chercher. La victoire au Groupama Stadium dimanche (13h) est quasi obligatoire.

Bordeaux, comment s'en sortir ?

La situation comptable de Bordeaux est identique à celle des Messins : les premiers sont 20e, les seconds 19e. Seule la différence de but les départage. Et pourtant, l'atmosphère qui règne chez les Girondins ne laisse pas entrevoir l'espoir d'un sauvetage de dernière minute. Au-delà du sportif, le club est sous tension : les groupes d'ultras ne décolèrent pas et s'en sont même déjà pris à Benoît Costil tandis que la direction s'est brouillée avec certains joueurs.

Benoît Costil (Bordeaux) contre Montpellier. / Ligue 1

Crédit: Getty Images

Ajoutez à cela le sportif qui va au plus mal. Bordeaux est sur huit matches sans victoire et partage le triste titre de pire défense du big 5 européen avec les Allemands de Greuther Fürth (70 buts encaissés). Des éclairs fendent le ciel et illuminent parfois, l'espace d'un instant, la Gironde. La victoire 4-3 contre Strasbourg en janvier en est l'exemple le plus probant. Mais le propre des éclairs, c'est leur fugacité. Ils disparaissent aussi vite qu'ils arrivent. Et il va en falloir plus d'un dans les huit matches restants pour s'en sortir.
Car quand bien même les hommes de David Guion viendraient à s'imposer face à Metz dimanche, les Marine et Blanc ne feraient que quitter une place de reléguable pour une autre, sans l'assurance de grapiller des points sur ceux de devant. Seule solution, deux autres victoires contre Sainté et Lorient, qu'ils affronteront d'ici la fin de la saison, et des matches courageux contre Lyon, Nice et Nantes. La feuille de route est là, reste à savoir si Bordeaux a encore un GPS pour la suivre.
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