Un menu digne d’un cinq étoiles. Une addition qui s’en approche. Mais un rendu final qui nous laisse encore et toujours sur notre faim. Dimanche, Mauricio Pochettino avait réservé son onze de gala pour affronter l’OM, surtout devant avec l’alignement des quatre astres parisiens : Lionel Messi à droite, Neymar en meneur de jeu, Angel Di Maria à gauche et Kylian Mbappé dans l’axe.
Un casting rare puisque c’était uniquement la troisième fois de la saison que les "Quatre Fantastiques" étaient alignés ensemble après Lyon (2-1) et Rennes (2-0). Résultat : un match nul et vierge, sans grands frissons ni grande émotion. Comme souvent cette saison. Preuve que le chantier de Mauricio Pochettino est au moins aussi immense que le talent de ces quatre hommes-là. Zoom sur leur début de saison respectif et les pistes d’amélioration à envisager.

Messi, isolé et encore muet

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Son début de saison : Celui d’un sosie du meilleur joueur du monde qui régnait au Camp Nou, en Espagne et en Europe. Les circonstances atténuantes sont nombreuses : un temps d’adaptation nécessaire à l’homme autant qu’au joueur à son nouvel environnement, deux coupures internationales qui ont retardé sa prise de marques, une animation offensive en berne autour de lui et une utilisation qui pose question.
Dimanche comme mardi face à Leipzig, la question fut la même : que fait-il collé à ce couloir droit quand chacun de ses décrochages dans l’axe apporte du danger ? A 34 ans, Messi a besoin de mouvements autour de lui plutôt que de le créer par lui-même. Si sa relation avec Mbappé commence à dessiner des lancements récurrents pour l’avenir, si sa première mi-temps face à l’OM fut celle d’un joueur qui prend ses responsabilités, il reste encore très en-deçà de ce qu’on attend de lui. Au fond, son positionnement est autant une partie du problème qu’une partie de la réponse.

Lionel Messi - Olympique Marseille vs. Paris Saint-Germain

Crédit: Getty Images

La décla qui résume tout (Thierry Henry pour Amazon Prime) : "Qu'est-ce qu'il fait à droite ? Franchement je ne sais pas. […] Je ne comprends pas. Je le vois isolé là-bas. Je ne dis pas qu’il est triste à droite, mais il est isolé, il touche moins la balle. Hakimi passe moins parce que souvent Leo est resté haut et écarté, sans rentrer".
La stat qui fait causer : 0 but et 0 passe décisive en L1 en 280 minutes de jeu. Un rendement statistique franchement inhabituel pour lui, qui dénote aussi avec celui de C1 (3 buts en 3 matches). Selon Opta, il est le joueur de L1 qui a le plus haut total d'excepted Goals (1,8) sans jamais avoir trouvé le chemin des filets.
Les pistes d’amélioration : Elles sont nombreuses. Pour que le PSG tourne enfin à une cadence qui correspond à ses ambitions, il faudra sans doute que Messi prenne le contrôle des opérations. Dans l’axe, cela va sans dire. C’est autant un motif d’espoir pour Paris qu’une nécessité au vu d’un fonds de jeu toujours plus déprimant. Physiquement, l’Argentin va aussi monter en gamme après un été et une rentrée trop chargés. D’ici février et les premières échéances brûlantes du PSG, il y a fort à parier qu’il sera dans un rythme plus proche de celui entrevu en Catalogne.

Neymar, porté disparu

Son début de saison : Son naufrage du Vélodrome n’aura été que le symbole d’un début de saison qui interroge : a-t-on définitivement perdu Neymar ? Moins affûté physiquement, le Brésilien a perdu le coup de rein qui faisait sa splendeur. De cette perte de confiance dans ses capacités physiques découle un niveau technique inconcevable pour un joueur au génie naturel incontestable.
Ses attitudes en cours de match, entre pressing inexistant, fautes d’humeur et mauvais choix récurrents tracent une dynamique inquiétante dont on ne voit pas le bout. Tantôt à gauche, tantôt dans l’axe, il n’a pas encore retrouvé sa complicité barcelonaise avec Messi et a même perdu des enchaînements avec Mbappé qui semblaient naturels les saisons passées.

Neymar, toujours plus inquiétant : "C'est à se demander s'il doit rester titulaire"

La décla qui résume tout (Neymar, au magazine Gaffer en janvier dernier) : "Je ne perdrai jamais la passion du football, mais j'ai eu des moments où je voulais arrêter de jouer".
La stat qui fait causer : 3. Comme le nombre de buts inscrits "dans le jeu" avec le PSG depuis l’arrivée de Mauricio Pochettino. Le dernier remonte à mai dernier, une éternité. Dans l’ensemble, depuis que l’Argentin s’est assis sur le banc, son influence statistique a fondu comme neige au soleil (1 but, 2 passes décisives cette saison).
Les pistes d’amélioration : Pour lui, ce n’est plus une question tactique mais d’abord physique et mentale. Ses dernières semaines très agitées au Brésil ont laissé deviner un mal-être quant à son statut et un doute sur ses capacités réelles à trouver les réponses aux questions qui le parasitent actuellement. S’il y parvient, pas de doute que le Brésilien pourra à nouveau magnifier certaines soirées parisiennes. Sinon, la saison (et les suivantes) risque d’être longue…

Angel Di Maria, déjà sacrifié ?

Son début de saison : Moins en lumière que celui de ses compères. Comme souvent. Di Maria est moins attendu que Messi, moins observé que Neymar mais reste globalement décevant. Absent en C1 pour cause de suspension, il a connu un début de saison discret qui s’en ressent dans des statistiques en retrait de ses standards parisiens (1 but, 2 passes décisives). Quand les 4 Fantastiques sont alignés, c’est lui qui est désigné pour faire des efforts que les autres ne font pas, comme ce fut le cas à Marseille ou face à Lyon.
Tantôt à droite, son poste préférentiel, tantôt à gauche comme à Marseille, El Fideo est baladé au gré des envies de son coach et des trois larrons à ses côtés. Choisi à l’heure de jeu par Mauricio Pochettino pour laisser sa place à Thilo Kehrer après l’exclusion d’Achraf Hakimi, il a retrouvé le costume du sacrifié qu’il ne connaît que trop bien au PSG. A l’époque de Cavani-Neymar-Mbappé, il avait su trouver sa place. Cette fois-ci, c’est encore plus fort devant.

Angel Di Maria

Crédit: Getty Images

La décla qui résume tout (Di Maria au micro de Téléfoot dimanche) : "C’est difficile quand tu as ces trois joueurs devant toi. Il faut bien travailler et ensuite c’est le coach qui décide"
La stat qui fait causer : Sur ses dix derniers matches disputés (5 avec l’Argentine, 5 avec le PSG), il n’a été décisif qu’à une reprise.
Les pistes d’amélioration : Pour lui aussi la rentrée aura été chargée, surtout avec l’Argentine. Pourtant naturelle, sa relation technique avec Messi est encore embryonnaire, pas aidée par un positionnement souvent opposé à celui de la Pulga. S’il retrouve son côté droit fétiche, il peut être le parfait complément d’Achraf Hakimi, par sa capacité à faire plus de boulot défensif que les autres mais surtout par à déserter le couloir pour rentrer dans l’axe et ainsi libérer le Marocain.

Mbappé, le vrai facteur X du PSG

Son début de saison : Celui d’un homme dont Mauricio Pochettino ne peut pas se passer. Là où ses compères présentent des stats inquiétantes pour des joueurs de ce calibre, il est resté fidèle à sa réputation et ses standards malgré des chiffres moins impressionnants devant le but (14 matches, 6 buts, 8 passes décisives). Sa capacité à faire des différences par la vitesse ou par le dribble avant d’enchaîner sur le geste juste aura sauvé bien des situations.
Principalement utilisée dans l’axe, la bombe de Bondy s’est souvent régalée de la profondeur, seule arme d’un fonds de jeu minimaliste du PSG. Ca tombe bien, c’est dans ce domaine qu’il fait le plus de dégâts. Sa relation avec Messi est autant sujette à amélioration que porteuse d’espoir pour la suite tandis que son entente avec Neymar a connu quelques anicroches qui ont fait parler. Mais pas de doute : si Paris est dépendant d'un homme, c’est bien de lui.

Blanc : "Mbappé fait partie des joueurs capables de remplacer Messi et Ronaldo"

La stat qui fait causer : 1199 minutes disputées avec le PSG, soit beaucoup plus que ses compères devant malgré un calendrier tout aussi chargé avec les Bleus, les horaires de match baroques en moins. Derrière Presnel Kimpembe, il est celui qui a le plus joué à Paris cette saison, loin devant ses compères d’attaque (675 minutes pour Neymar, 550 pour Messi et 436 pour Di Maria). Vous avez dit indispensable ?
La décla qui résume tout (Nicolas Anelka au Parisien) : "Pour moi, Mbappé doit être le patron de l’attaque car il est en pointe. Neymar lui donne les ballons. Messi était aussi le buteur à Barcelone mais là, il doit servir Mbappé. Car le numéro un, c’est lui. À chaque match depuis le début, c’est lui qui fait la différence".
Les pistes d’amélioration : Le pire (pour ses adversaires), c’est qu’elles existent. Face à Marseille, il fût souvent pris au piège du hors-jeu et doit gagner en patience tant sa vitesse de pointe lui offre une avance confortable. Dos au but, ses progrès sont réels mais peuvent encore plus profiter au reste de la troupe, comme lors du but de Messi face à Manchester City (2-0). Et, signe qu'il peut encore devenir plus inquiétant, il peut encore s'améliorer dans le dernier geste. Histoire de devenir encore un peu plus déterminant, si cela est encore possible…

Lionel Messi, Kylian Mbappé et Neymar

Crédit: Getty Images

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