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Ligue 1 - Arbitrage : Kombouaré, Stéphan et les autres, toujours plus de litiges, toujours plus de tensions
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Publié 24/10/2022 à 11:34 GMT+2
LIGUE 1 – Julien Stéphan et Strasbourg d'un côté, Antoine Kombouaré et Nantes de l'autre, sont sortis de leurs gonds après des décisions arbitrales très discutées ce week-end. Le genre de polémiques devenues monnaie courante. Car si les incompréhensions depuis l'arrivée du VAR – et bien avant – ont toujours existé, elles sont particulièrement criantes cette saison, après seulement 12 journées.
François Letexier lors de Nice - Nantes
Crédit: Imago
Dimanche, il y a d'abord eu ce penalty non-accordé à Strasbourg, à la 89e minute de son match contre Toulouse (2-2), suite à un contact entre Maxime Le Marchand et Anthony Rouault. Julien Stéphan a alors réclamé "plus de respect" pour Strasbourg, tout en pointant du doigt l'arbitre de la rencontre pour son "manque de courage".
Puis ce fut autour du FC Nantes de voir rouge, dans tous les sens du terme, à cause d'une double main du Niçois Mattia Viti non sanctionnée avant que celle du Nantais Jean-Charles Castelletto, dans le temps additionnel, ne le soit : "Comment voulez-vous que l’on respecte les arbitres, comment voulez-vous que l’on respecte ces types ? (…) A la mi-temps quand je revois les images je me dis que, soit j’ai de la merde dans les yeux, soit c’est (le quatrième arbitre) un voyou, un menteur", a explosé Antoine Kombouaré.
Les propos plus que musclés de l'ex-coach du PSG, couplés aux exclusions d'Alban Lafont (après la rencontre) et Kader Bamba (non entré en jeu) ne laissent plus de place au doute : la tension autour de l'arbitrage en France a atteint son paroxysme lors de cette 12e journées de Ligue 1. Qu'elle semble loin, la réunion organisée le 20 septembre dernier entre la direction technique de l'arbitrage (DTA) et les entraîneurs de Ligue 1. Ironie du sort, Kombouaré en était sorti plutôt satisfait.
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Antoine Kombouaré agité devant son banc lors de Nice-Nantes, le 23 octobre 2022
Crédit: Getty Images
14 cartons rouges sur les quatre dernières journées
"C'était très intéressant, on a pu faire des exercices avec eux pour voir comment ça fonctionnait, expliquait alors le technicien nantais. On comprend mieux pourquoi l'arbitre a parfois besoin d'attendre deux minutes. Ce n'est pas pour ça que ça excuse les erreurs d'arbitrage, mais c'était très intéressant d'échanger. On a aussi évoqué le nombre important d'expulsions (…) Apparemment, ils vont à nouveau équilibrer".
Le "apparemment" n'était pas de trop. Depuis cette fameuse réunion, 14 cartons rouges ont été distribués en Ligue 1, en quatre journées, portant le total d'exclusions à 49 depuis le début de saison. Autrement dit, la moyenne a à peine baissé pendant que les incompréhensions se sont multipliées. A un tel point qu'il serait fastidieux d'énumérer tous les rouges qualifiés de "surprenants" depuis le début de l'exercice. Les protestations de Lafont et Bamba valaient-elles une telle sanction ? Et que dire de l'accrochage entre Sinaly Diomandé et Stephy Mavididi ? Cette seule 12e journée a apporté son lot de débats.
Le grand mystère des mains
Si cette sévérité exacerbée cristallise une partie des tensions, la palme revient sans surprise à ce qui se passe dans les surfaces de réparation. Le 2 octobre dernier, une main de Thiago Mendes était sanctionnée d'un penalty pour Lens, au grand dam de Jean-Michel Aulas. Dimanche, Vitti voyait sa double main ne pas être punie, pas plus que celle de Nordi Mukiele lors du Classique entre le PSG et l'OM une semaine plus tôt.
Des situations relativement semblables en termes de distance entre le corps et la main, ainsi que de distance entre le départ du ballon et la main. Pour des décisions différentes. Laquelle est la bonne ? Le simple fait de poser la question souligne le manque de clarté, et donc d'homogénéité, dans les règles et leur application.
Au-delà des rouges, au-delà des mains, c'est aussi et surtout l'utilisation de la vidéo qui pose question. Et problème. Car entre les arbitres qui décident de ne pas aller consulter le VAR sur des situations pourtant litigieuses, et ceux qui prennent des décisions discutables même après examen des images, la solution miracle n'en est clairement pas une. Pire, les tensions ne sont que plus vives.
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Avec ou sans Pogba : Le grand dilemme de Deschamps
Video credit: Eurosport
Là encore, le problème ne date pas de cette saison, mais semble être plus flagrant que jamais. Et là encore, pas besoin d'aller chercher bien loin : le contact entre Rouault et Le Marchand, lors du Toulouse – Strasbourg de dimanche, semblait assez clair au ralenti. Mais l'arbitre a décidé de ne pas broncher après être allé consulter la vidéo.
Le VAR est-il bien utilisé ?
A l'inverse, le 18 septembre, lors d'une 8e journée particulièrement riche en polémiques, la seule rencontre entre Nice et Angers avait vu l'homme en jaune prendre deux décisions surprenantes sans aller revoir les images. D'abord en excluant Jean-Clair Todibo après neuf secondes dans une position de dernier défenseur très peu évidente. Ensuite en donnant un second carton jaune injustifié à Sofiane Boufal, coupable selon lui d'une simulation alors que le contact était réel.
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Jean-Clair Todibo exclu contre Angers
Crédit: Getty Images
Mélangez tout cela, et vous obtenez un nombre déjà important de sorties très appuyées contre les arbitres, après à peine un tiers du championnat. Avant Stéphan et Kombouaré, Oscar Garcia, Gérald Baticle ou encore Franck Haise avaient haussé le ton. En fait, très rares sont ceux qui ne l'ont pas encore fait. Mais semaine après semaine, rien ne change. Le dialogue, lui, est inexistant, et si les attitudes de certains coaches et joueurs – à l'image de celle de Presnel Kimpembe contre Brest - dépassent parfois les limites, les torts sont partagés.
"J'ai vu Manchester - Liverpool lundi soir, regardez l'attitude de l'arbitre et vous verrez l'attitude des joueurs... L'erreur est humaine mais l'attitude, c'est le jour et la nuit. J'ai vu un arbitre qui parle et qui plaisante avec les joueurs, pas de 'ne me touchez pas' dans un match pourtant très tendu. Et tout s'est bien passé", soulignait Bruno Genesio fin août, après une victoire contre Ajaccio (2-1) marquée par deux rouges. "Tout s'est bien passé" : voilà une phrase trop rarement entendue cette saison. Entre arbitres, entraîneurs et joueurs, l'heure est à l'incompréhension.
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