Pas de Gennaro Gattuso, pas de Jorge Mendes : et si l'OL avait évité le pire ?

Eurosport sur Google

Finalement, pas de Gattuso. Et pas de Jorge Mendes non plus. En choisissant Fabio Grosso, plutôt que l'ex-milieu de terrain pour assurer la succession de Laurent Blanc, Lyon a aussi fermé une porte à l'un des agents les plus puissants au monde. Mais l'omniprésence de l'homme d'affaires dans l'écosystème rhodanien en dit long sur les ambitions de John Textor. Et sur les dangers qui rôdent.

Pas de Gattuso, pas de Mendes : et si l'OL avait évité le pire ?

Crédit: Quentin Guichard

L'OL est bon dernier de Ligue 1 et traverse une interminable crise. Mais il a peut-être évité le pire. Sur le gong, la direction lyonnaise s'est finalement tournée vers Fabio Grosso pour assurer la succession de Laurent Blanc, dont le sort était scellé depuis plusieurs jours. Avant cela, et alors que bien d'autres techniciens ont boudé le club rhodanien (Potter, Glasner, Galtier…), John Textor avait sérieusement envisagé d'installer Gennaro Gattuso.
En plus de n'avoir jamais réellement été convaincant dans le costume de coach, malgré des expériences à l'AC Milan, à Naples ou à Valence, l'ancien milieu de terrain est aussi représenté par Jorge Mendes. Après que le départ de Blanc a été acté, le super-agent portugais s'est empressé de proposer son coach "maison"… et même plusieurs, puisque Julen Lopetegui, également membre de l'écurie Gestifute, a été cité.
picture

Gattuso comme entraîneur, ça vaut quoi ?

Video credit: Eurosport

Après ce constat, les supporters lyonnais pourraient voir le verre à moitié vide, et s'inquiéter de l'attention accordée par Textor à l'agent le plus puissant de la planète, dont les ambitions ne sont pas toujours alignées sur celles des clubs avec lesquels il coopère. Ce qui interroge, aussi, sur les désirs du propriétaire de l'OL.
"Il est effectivement intéressant de s'interroger sur sa stratégie, nous explique Jean-François Brocard, enseignant chercheur en économie du sport. Il a une vision très financiarisée du football, avec une stratégie de portefeuille de clubs, de joueurs, d'actifs. Dans ce cadre-là, il y a besoin d'un acteur très puissant sur le marché des joueurs et d'entraîneurs. Plutôt que de travailler avec des dizaines d'agents différents, il peut décider de se lier un peu les mains et de travailler avec Mendes en direct."
Avec les risques que cela implique : "Il n'a qu'une aspiration, c'est l'argent, nous glisse Stéphane Canard, président du syndicat des agents français. Ça peut s'entendre, se comprendre, et même s'accepter. Mais plus on en a, plus on en veut. A un moment donné, il faut savoir donner des limites. Et ça, je pense qu'il ne sait pas le faire." Les clubs réussissant à entretenir une relation fructueuse avec le Portugais ont toujours su prendre leurs distances. Il y a neuf ans, le patron du Real Madrid Florentino Pérez avait finalement renoncé à recruter Radamel Falcao, avec une phrase restée célèbre : "Si je prends Falcao, je n'ai plus qu'à mettre Mendes au poste de président."
picture

Au PSG, Luis Enrique peut-il faire comme avec le Barça 2015 ?

Video credit: Eurosport

A Lyon, Mendes avait flairé la bonne affaire. "Indépendamment de l'affection et de la tendresse que je peux avoir pour lui, je sais comment il fonctionne : il saisit des opportunités stratégiques, observe Stéphane Canard. Ça a été La Corogne, Saragosse, Manchester, Valence, Wolverhampton, Monaco... C'est un garçon qui sait se rendre omniprésent et incontournable dans une certaine conjoncture. Comme j'ai l'impression que Textor n'y comprend pas grand-chose - c'est mon sentiment et ça n'engage que moi - il y avait une opportunité."

Danger au-dessus de la couveuse lyonnaise

Avec la galaxie Eagle, Mendes aurait ainsi pu faire grossir son système pyramidal, dans lequel ses joueurs transitent par paliers pour finir, le plus souvent, en Premier League ou chez les géants européens… avant de redescendre aux échelons inférieurs s'ils ne s'y imposent pas. Il s'était déjà rapproché de Textor au Brésil, en s'intéressant à plusieurs joueurs de Botafogo. "Mendes vient rarement sans exigence, martèle Jean-François Brocard. Avec lui, vous faites ce que l'on appelle du transfert lié : c'est-à-dire que si vous voulez ce coach, il faut prendre ce joueur, et cet autre joueur… et ainsi de suite. Il aurait pu prendre des joueurs de Valence pour les placer à Crystal Palace, etc."
Finalement, Textor a renoncé à Gattuso, visiblement surpris par le scepticisme suscité par sa possible venue et tout ce que cela aurait impliqué. Preuve qu'il existe encore des garde-fous à Lyon pour défendre les valeurs du club et ses fondations. Car l'arrivée de Mendes dans la bergerie rhodanienne renfermait d'autres dangers. "Lyon est grand club français, et surtout un club formateur, rappelle Brocard. Avoir une telle présence dans l'écosystème lyonnais, c'est aussi avoir un accès facilité aux jeunes joueurs français."
picture

Antony écarté, Sancho en conflit avec ten Hag : à MU, c'est le bazar

Video credit: Eurosport

Cet été, Mendes s'était déjà penché sur la couveuse rhodanienne en attirant Bradley Barcola chez Polaris Sport, agence rattachée à la Gestifute, et en facilitant le prêt du jeune Diego Moreira en provenance de Chelsea. Avec lui, la fuite des talents aurait pu s'accélérer. "Il faut quand même être honnête : les jeunes joueurs étaient déjà à la merci d'autres agents et partaient déjà relativement jeunes parce que le club avait besoin de les vendre, précise le chercheur en économie du sport. La formation, c'est du long-terme. Et ce n'est pas en mettant un agent à la tête d'un club que vous le structurez pour le long terme. Pour une raison simple : les agents veulent de l'argent tout de suite."
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité