Football - L'Olympique Lyonnais relégué en Ligue 2 par la DNCG : les questions que soulève la décision

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La Direction Nationale de Contrôle et de Gestion (DNCG) a prononcé ce mardi soir la relégation administrative de l'Olympique Lyonnais en Ligue 2 pour la saison prochaine. Le club était sous la menace d'une telle sanction depuis novembre 2024 et une relégation prononcée à titre conservatoire. Qu'est-ce que cela signifie ? A quoi s'attendre pour la suite ? Quatre questions pour une décision.

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Paradoxalement, c'est une décision qui a dû surprendre John Textor. Le propriétaire américain de l'Olympique Lyonnais savait son club sous la menace d'une rétrogradation administrative en Ligue 2 depuis le mois de novembre et une sanction prise à titre conservatoire par la Direction Nationale de Contrôle et de Gestion (DNCG). Mais en sortant de l'audition, un peu plus tôt dans la journée, il était apparu détendu : "Nous sommes très satisfaits des procédures mises en place par la DNCG cette année, avait-il affirmé dans des propos relayés par RMC Sport. Nous savons que la DNCG est très consciente de tout ce que nous avons proposé, de toutes nos options."
Moins de deux heures plus tard, ses certitudes ont volé en éclats : la DNCG a confirmé sa décision de novembre, et envoyé l'OL au deuxième échelon du football français à compter de la saison prochaine. "Rétrogradation en Championnat Ligue 2" a simplement statué le compte-rendu de la décision, froid comme la roche comme toujours. Le même sort qu'avaient connu les Girondins de Bordeaux l'année passée, relégués de Ligue 2 en National, puis même jusqu'en National 2. Pourquoi ? Et maintenant ? Comment s'en sortir malgré tout ? Et qui pour remplacer l'OL dans le pire des scenarios ? Autant de questions que soulève cette décision.

Pourquoi l'OL a-T-IL été rétrogradé ?

Même si John Textor assurait ce mardi soir que la "situation de liquidités s'est considérablement améliorée" à l'Olympique Lyonnais, ce sont ses nombreuses dettes que payent les Gones. Dans son Annexe 3, l'Annexe à la Convention FFF-LFP déterminant le règlement de la DNCG stipule que les fonds propres du club doivent être supérieurs au passif éligible. Plus clairement : que la somme des capitaux et des comptes du club dépasse le montant de la dette.
C'était après cet équilibre que l'OL courait depuis novembre dernier. Pour cela, les dirigeants du club avaient allégé la masse salariale (de 130 à moins de 100 millions d'euros environ), vendu des joueurs (environ 80 millions d'euros), apporté de l'agent via les actionnaires (également environ 80 millions d'euros) et même greffé la vente d'autres joueurs du groupe Eagle, la galaxie de clubs de John Textor, au budget de l'OL. C'était notamment le cas de celle de Luiz Henrique au Zenith Saint-Petersbourg, qui aurait rajouté une trentaine de millions d'euros.
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Cette course contre-la-montre avait pour objectif d'amasser 175 millions d'euros demandés par la DNCG en novembre pour assainir les finances du club. Visiblement, cela n'a pas suffi. Et tout cela alors que la somme potentiellement accumulée dépasse les 200 millions. Sans compter, même, la vente de Crystal Palace, propriété de John Textor et dont la recette pourrait contribuer pour tout ou partie (La somme de 40 millions d'euros est évoquée, NDLR) aux comptes de l'OL. Mais cette vente, officialisée ce lundi mais pas encore homologuée par la Premier League, serait arrivé trop tard pour apparaitre dans les dossiers du club pour le gendarme financier.

Quelles suites à la décision de la DNCG ?

Selon RMC Sport, l'Olympique Lyonnais a déjà une idée claire de la suite à donner : faire appel de la décision de la DNCG. C'est l'article 5 de l'Annexe à la Convention FFF-LFP déterminant le règlement de la DNCG qui le permet. Le club sanctionné souhaitant contester la décision dispose alors d'un délai de sept jours à compter du lendemain du jour de la notification. C'est-à-dire avant mercredi prochain.
Une fois l'appel interjeté, et des frais de dossier de 150 euros prélevés sur les comptes du club, c'est une nouvelle procédure qui s'ouvre. Le dossier de l'OL sera ensuite examiné par une Commission d'appel, prévue par la même annexe à la convention FFF-LFP susmentionnée. Elle est composée différemment de la commission de première instance de la DNCG : des membres obligatoirement différents, moins nombreux. Et qui ne fait pas de place aux représentants du syndicat des joueurs (UNFP), des coachs (UNECATEF) et du personnel administratif (SNAAF).

Quelles liquidités l'OL peut-IL trouver pour s'en sortir ?

C'est cette fameuse vente de Crystal Palace qui pourrait être décisive. "Cet argent est investi dans Eagle. Évidemment, nous aimerions l'utiliser pour rembourser nos dettes. Nous aimerions aussi en mettre une partie à la disposition de l'entreprise" a expliqué John Textor ce mardi soir. La somme totale est estimée à environ 200 millions d'euros. Mais une partie a déjà été utilisée : "L'UEFA nous a demandé d'investir une somme d'argent dans l'entreprise pour assurer notre pérennité et la rassurer. Nous avons accédé à sa demande et avons fourni cette somme."
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La question qui reste en suspens est celle de la validité de ces fonds aux yeux de la DNCG. Est-ce que le délai laissé par l'appel permettra à l'OL d'intégrer les recettes de la vente du club anglais ? Ou cet argent est-il arrivé trop tard quoi qu'il en soit ? Les règlements ne précisent rien concernant ce point, mais l'avenir de l'Olympique Lyonnais en dépend grandement.

Qui récupèrerait la place de Lyon en Ligue 1 ?

L'ironie a des limites : ce n'est pas l'AS Saint-Etienne, grand rival local de l'OL et premier relégué sec de la dernière saison de Ligue 1, qui remplacerait les Gones dans l'élite. Ce serait plutôt le Stade de Reims. C'est l'article 520 du règlement des compétitions de la LFP qui stipule ainsi : "Dans l’hypothèse où un club qualifié pour la saison suivante en Ligue 1 se voit refuser cette accession par décision de la DNCG ou tout autre organe notamment disciplinaire, le club perdant du barrage est repêché."
Seizièmes du dernier exercice et barragiste vaincu face à Metz fin avril, les Rémois n'auraient donc qu'à satisfaire "les conditions de participation de Ligue 1". Eux aussi passaient ce mardi soir devant la DNCG, en prévision d'une saison en Ligue 2. Un examen qui s'est déroulé sans encombre. Pour la Ligue 1, les critères seraient certainement un peu plus exigeants. Et pour que Saint-Étienne soit repêché, il faudrait que le Stade de Reims aussi, à son tour, échoue à convaincre le gendarme financier.

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