Les années paires, on espère toujours un peu plus. On y croit toujours plus fort. Le football français, avare en printemps glorieux, se comporte mieux lorsqu’il s’agit de mettre son destin entre les mains de sa sélection une fois l’été venu. C’est ainsi depuis un peu plus de deux décennies, traversées d’accomplissements stratosphériques dont un qui vient de fêter ses deux ans et dont on espérait qu’il accoucherait d’un petit frère le 12 juillet dernier du côté de Wembley.

Le Covid-19 est passé par là, a changé les plans, bouleversé nos habitudes et nos vies, et nous voici plongé au coeur d’un été à nul autre pareil. Parce que les Bleus ont dû remettre leurs travaux continentaux à une date ultérieure, en espérant que cela ne soit pas aux calendes grecques.

Ligue des champions
Mbappé, l'arme fatale venue du banc ?
09/08/2020 À 21:51

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Ça, le football français de clubs en sait quelque chose. Il pourrait même en faire sa devise depuis le temps que l’on attend un successeur à l’Olympique de Marseille, unique vainqueur de la Ligue des champions un certain 26 mai 1993. De "A jamais les premiers" à "A jamais les derniers", il n’y a qu’un pas qu’on a souvent été tenté de franchir. Mais pas cette année. Parce que cet été est celui de tous les possibles.

Sur un fil et dans l’inconnu

A Lisbonne, dès mercredi, Parisiens et Lyonnais vont découvrir un monde qu’ils ne connaissent pas. Que personne ne connait vraiment, soit dit en passant. Parce que ce Final 8, organisé à la hâte, dans les conditions que l’on sait même si elles sont encore difficiles à imaginer, ne ressemblera à aucun autre rendez-vous. Les gros, les petits et les autres marcheront tous sur un fil. Pas de droit à l’erreur, pas de rattrapage au match retour. Un raté et ce sera la porte. Et ça change beaucoup de choses.

Les acteurs, aussi, diffèrent. Déjà, ils seront deux clubs hexagonaux sur les rives du Tage, une rareté en quart de finale de la Ligue des champions. Le reste du plateau non plus n’a pas grand-chose à voir avec les printemps européens habituels. Si la comète Ajax et l’aventure de Tottenham avaient fait souffler un vent de fraicheur sur la compétition en 2019, 2020 a donné un grand coup de balai à nos certitudes.

Sans Verratti ni Mbappé, quelle compo pour le PSG face à l'Atalanta ?

Un chiffre pour résumer tout ça : 2. Il ne sont que deux anciens vainqueurs de la Ligue des champions parmi les huit engagés, le FC Barcelone (dont les garanties actuelles n’ont rien d’une assurance tous risques) et le Bayern Munich, véritable épouvantail de cette phase finale.

Mauvaise nouvelle pour l’OL, Blaugrana et Bavarois sont tous deux dans la partie de tableau des Rhodaniens, avec Manchester City à avaler en entrée. Bonne nouvelle pour le PSG, il n’a que des bizuths sur la route d’une éventuelle finale. Alors oui, Kylian Mbappé est très incertain pour Bergame, Angel Di Maria est suspendu pour le quart de finale, Marco Verratti est lui forfait mais, même amputé de ces cadres-là, le champion de France doit regarder l’Atalanta droit dans les yeux. Et peut-être même d’un peu plus haut.

A trois matches…

De toute manière, Manchester City, Atalanta Bergame, ou autre : Parisiens et Lyonnais auraient tort de ne pas y croire alors que les cartes sont rebattues comme jamais. Ce serait même une faute. Se retrouver à trois matches du plus prestigieux des trophées du football de clubs, ça n’arrive pas tous les jours. Lyon n’avait plus connu ça depuis 10 ans. Paris, depuis 25 ans. QSI, depuis toujours. C’est ouvert, autant s’y engouffrer sans complexe.

S’ils ont été mis au pain sec et à l’eau au coeur d’un printemps qui n’a pas grandi le football français et l’a fait passer pour ce qu’il n’est peut-être pas, Parisiens et Lyonnais n’ont pas chômé lorsqu’ils ont - enfin - retrouvé le chemin des rectangles verts. Le Paris Saint-Germain a ajouté deux coupes nationales de plus à sa collection. L’Olympique Lyonnais a éliminé une Vieille Dame qui a fini par être rattrapée par son âge.

Voilà le PSG et l'OL au pied d’un songe bien réel. Reste à conquérir l’Everest. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Printemps ou été, de toute manière, y a plus de saison, ma bonne dame. On rêvait du 12 juillet. On est désormais prêt à attendre jusqu'au 23 août.

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