Être sélectionneur de l'équipe de France est un job d'équilibriste. Lors de courtes fenêtres internationales, toujours un peu plus corsetées dans un calendrier aussi serré qu'un espresso, il faut construire en peu de temps. Et gagner, si possible. Sinon, votre durée d'autonomie au poste sera, elle aussi, très raccourcie. Didier Deschamps le sait. Mais jusqu'ici, le patron des Bleus a plutôt bien évité ces écueils et s’en sort plus que bien. Mais DD ou un autre, champion du monde ou pas, tout sélectionneur doit faire avec les desiderata, sollicitations, conseils, demandes des clubs et de leurs entraineurs.
Frank Lampard est l'un des noms qui revient avec le plus de régularité ces derniers mois au cours des conférences de presse de Didier Deschamps. Le manager de Chelsea surveille de près le temps de jeu de ses joueurs, N'Golo Kanté en tête. Il y a bientôt un an, en octobre 2019, Lampard avait reproché à DD son utilisation de Kanté quand le sélectionneur regrettait lui l'absence de temps de jeu d'Olivier Giroud. Deux visions. Deux positions aux intérêts divergents et difficilement conciliables.

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A la même époque, Robert Kovac, alors en poste au Bayern Munich, s'était ému de la convocation de Lucas Hernandez et avait lancé un tonitruant "Je pars du principe qu'il n'ira pas en équipe nationale", avant de recevoir une réponse claire de Didier Deschamps et qui débutait par un "Si j'écoute les entraîneurs de club…" qui laissait imaginer la suite. Quelques jours plus tard, tout était rentré dans l'ordre, Kovac remerciant DD d'avoir fait jouer Hernandez. A devenir chèvre.
Certains dossiers sont plus compliqués que d'autres
Au cœur d'un début de saison unique, et après la fin d'une autre tout aussi exceptionnelle et avant un automne chargé comme jamais, Didier Deschamps a retrouvé le quotidien du sélectionneur forcé de jongler entre tous les éléments, dont certains sur lesquels il n'a aucune prise. Un match samedi en Suède (0-1), un deuxième mardi face aux vice-champions du monde croates et, au bout de la chaîne, les clubs qui mettent la pression.
"On peut avoir des demandes, directement, ou indirectement. Elles sont là, a-t-il reconnu lundi, le plus tranquillement du monde. Comme je l'ai toujours dit, je fais attention de ne prendre aucun risque. Mais même avec un joueur en pleine possession de ses moyens, ça peut arriver (la blessure, ndlr). C'est le jeu… On ne sait pas ce qu'il peut se passer. Je fais en sorte de comprendre leur position mais c'est plus compliqué de se mettre à ma place. Les intérêts des clubs divergent des nôtres quand la sélection doit jouer. Certains dossiers sont plus compliqués que d'autres mais je prends tout ça avec beaucoup de recul." La force de l'habitude, sans doute.

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Mardi soir au Stade de France, DD fera tourner. Kylian Mbappé, positif au Covid-19, est d'ores et déjà out. Presnel Kimpembe, titulaire à Solna, devrait lui s'asseoir sur le banc au coup d'envoi. Parce que Didier Deschamps est au courant du Lens - PSG qui pointe le bout de son nez. Le match de championnat, le premier du club de la capitale en L1 cette saison, ne se profile pas à l'horizon, il est déjà là. Jeudi à Bollaert, 48 heures après France – Croatie, Paris sera dans l'arène, sans sept de ses gladiateurs positifs au Covid-19. En conséquence, Thomas Tuchel aimerait pouvoir compter l'une de ses rares soldats encore sur pied.
Deschamps en tiendra évidemment compte pour la paix des ménages et parce que la patrie n’est pas en danger. Mais le sélectionneur des Bleus ne manque pas de montrer que cela l'irrite quelque peu. Voilà ce qu'il répondait lundi, quand on lui parlait des cas Kimpembe et Mbappé, alors que ce dernier n'avait pas encore eu le résultat de son test. "C'est pas mon calendrier ça… Ils peuvent jouer demain et ils sont à disposition comme les autres. Nous, on a un match à jouer. Les 23 vont participer au dernier entraînement, "Kim" comme Kylian. Je ne suis pas à la place des clubs, je fais en sorte de les comprendre mais on a un match international. On doit faire en sorte de le gagner, même si je prends en compte différentes choses". Equilibriste, toujours.
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