Pas de pression, ou presque. La qualification des Bleus pour la phase finale de la Ligue des nations est bien assurée. Mais la rencontre de mardi face à la Suède (20h45), dernière pour les hommes de Didier Deschamps avant le mois de mars, ne manque toutefois pas d'enjeu. Non pas pour les titulaires habituels, qui ont donné pleine satisfaction face au Portugal samedi (0-1). Mais plutôt pour les autres, les "seconds couteaux", acteurs du piteux spectacle contre la Finlande (0-2).

Ceux-ci, à l'exception du pétillant Marcus Thuram et de l'hyper-régulier Lucas Digne, ont fait honneur à une vieille tradition française, qui veut que le deuxième onze bleu est toujours beaucoup moins bon que le premier. Si l'habitude est ancienne, elle s'est particulièrement confirmée sous le mandat Deschamps, notamment lors des grandes compétitions internationales.

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"Non, ce n'est pas la dernière carte"

Il suffit de se souvenir de l'oubliable 0-0 face à l'Equateur en Coupe du monde 2014, après pourtant 8 buts inscrits lors des deux premiers matches de poule. Ou bien du médiocre Suisse-France à l'Euro 2016, dans la continuité du début de tournoi poussif des hommes de DD, mais en bien pire. Ou encore, évidemment, de la fameuse "purge de Moscou" face au Danemark en 2018, labellisée dans le monde entier comme "match le plus ennuyeux du Mondial". A chaque fois, Deschamps avait fait tourner, partiellement ou complètement : à son grand regret - et à celui des intéressés ayant manqué l'opportunité.

Mardi, le contexte ne sera bien sûr pas le même, au cœur d'un mois de novembre chargé en matches pour tout le monde, et après que l'équipe de France a décroché sa qualification pour le "Final Four" samedi. Mais les places restent chères, alors que les Bleus ne se retrouveront qu'en mars, pour une dernière répétition avant juin et l'Euro. Et les habitués du banc ne sont même pas assurés de pouvoir s'y asseoir à nouveau dans quelques mois.

Sans en avoir l'air, Deschamps a mis la pression lundi en conférence de presse: "Non, ce n'est pas la dernière carte. Ils ont tous intérêts à être performants quand ils jouent 20 minutes, 30 minutes, une mi-temps, une heure, mais ce n'est pas pour ça que ça va leur garantir une place au mois de mars. Ça nous permet d'avoir des réponses sur le moment, mais rien n'est acquis pour qui que ce soit." Son capitaine Hugo Lloris a renchéri : "La défaite face à la Finlande nous a rappelé à l'ordre. Quand on porte le maillot bleu, on doit gagner, on a cette responsabilité. Je crois qu'en équipe de France, tous les matches sont bons à prendre si on veut s'inscrire dans la durée."

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Lenglet ou Sissoko jouent gros

Autant dire, donc, que la rencontre face à la Suède aura une importance capitale pour une partie du groupe France. Certains ont malheureusement déjà raté le coche, comme Wissam Ben Yedder, positif au Covid-19 et sorti du groupe après sa prestation fantomatique contre la Finlande. Ou encore Corentin Tolisso, blessé et forfait, mais au statut toutefois bien différent de celui du Monégasque en Bleu.

Reste ceux qui se disputent une place de titulaire, comme Clément Lenglet, en retard dans son duel pour l'axe gauche face à Presnel Kimpembe. Ou bien ceux qui veulent rester des alternatives crédibles, comme Steven Nzonzi, doublure en difficulté d'un N'Golo Kanté suspendu ce mardi, ou encore Moussa Sissoko, ébranlé par l'éclosion d'Eduardo Camavinga et forcé de prouver qu'il n'est pas encore un has-been après son cauchemar finlandais.

Tant mieux pour eux : Didier Deschamps devrait a priori laisser la plupart de ses titulaires au repos, et donc présenter une équipe proche de celle battue mercredi dernier. Attention tout de même. Enjeu mis à part, le sélectionneur a rappelé l'importance de cette rencontre. "Personne ne pourra nous enlever ce qu'on a fait il y a trois jours (samedi), mais la dernière impression est celle du dernier match." Seconde chance donc, mais certains feraient bien de la prendre. Sous peine qu'elle soit la dernière.

Ben Yedder lors de France - Finlande

Crédit: Getty Images

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