Ligue des nations | La vraie obsession de Zinedine Zidane n'est ni Kylian Mbappé ni Ousmane Dembélé : c'est le pressing
Par Julien Pereira
Mis à jour 28/09/2026 à 19:08 GMT+2
Le positionnement de Kylian Mbappé ? Non. L'efficacité d'Ousmane Dembélé ? Pas plus. Depuis son arrivée à la tête de l'équipe de France, la principale préoccupation de Zinedine Zidane porte sur la capacité de pressing de ses hommes. Et tous les choix opérés par le sélectionneur tricolore, qu'ils concernent les hommes ou la tactique, sont guidés par cette obsession.
Quelle note pour la première de Zidane ?
Video credit: Eurosport
C'est toujours comme ça, avec Kylian Mbappé. Parce qu'il est ce qu'il est, le meilleur buteur de l'Histoire de la Coupe du monde est une sorte de judas ; c'est à travers lui que l'on observe, que l'on analyse et que l'on critique à peu près tout, même au sein d'une équipe dont le sélectionneur est Zinedine Zidane. Mbappé est le centre de tout, l'alpha et l'omega. C'est ainsi.
On savait que cette tendance-là allait s'offrir un nouvel élan, depuis que Zidane a soufflé, sourire en coin, qu'il "aimai[t] bien Kylian à gauche". Sans doute le nouveau coach des Bleus savait-il qu'il alimenterait la machine, ainsi, même si son paradigme, à lui, est totalement différent.
Le centre de l'attention de "ZZ" n'est ni Mbappé, ni le nombre de buts qu'il marque, ni la position qu'il occupe sur le terrain. La seule et unique obsession du début de mandat du technicien est la manière avec laquelle son équipe va récupérer le ballon. Et tous ses choix, même les plus surprenants, sont guidés par cette attention.
Quand il y a des belles équipes...
Lorsqu'il a été interrogé, vendredi soir, à l'issue de la courte victoire en Turquie (1-0), sur ce qu'il souhaitait retenir de la prestation de ses hommes, l'ancien coach du Real Madrid s'est satisfait que son équipe ait "pressé haut" et "avec intensité". Mais il a aussi, consciemment ou non, donné des indices sur l'origine de cette préoccupation : "On sait qu'on est bons avec le ballon, a-t-il dit. Mais il faut qu'on le soit aussi sans ballon. Parce que, quand il y a des belles équipes...".
Est-ce là une conclusion tirée de son observation de la Coupe du monde, où les Bleus ont été forts avec les faibles, et faibles face à l'Espagne ? C'est une piste, même si la principale influence de Zidane demeure, justement, l'école espagnole.
Dembélé et le 4-3-3 servent aussi à ça
Si Mbappé a donc été décalé, c'est peut-être bien moins parce que "Zizou" "l'aime bien à gauche" que parce qu'il considère qu'Ousmane Dembélé est le meilleur joueur d'axe pour déclencher un pressing. "C'est un joueur qui, en plus, est intelligent dans sa façon d'aller presser, a-t-il d'ailleurs souligné en conférence de presse d'après-match, vendredi. Il a toujours un œil derrière. Il presse, mais pas simplement pour aller presser." Indirectement, "Dembouz" a d'ailleurs joué un rôle dans la récupération qui a entraîné l'ouverture du score tricolore.
L'attaquant parisien a appris à gêner le gardien adverse tout en réduisant les possibilités de relance courte. Ce travail-là est un mélange de timing, de proprioception, de jeu de corps et de coordination avec ses coéquipiers que le Ballon d'Or 2025 a développé avec Luis Enrique, et que Mbappé n'est, à l'évidence, pas capable de faire malgré un vrai progrès, au moins dans ses intentions, ces dernières semaines.
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"Faire de Mbappé un ailier de débordement, c'est perdre tout ce qui fait la force de ce joueur"
Video credit: Eurosport
C'est aussi pour servir cette volonté que "Zizou" semble avoir adopté le 4-3-3, alors qu'il souhaite faire de Rayan Cherki son chef d'orchestre, et que celui-ci serait sans doute encore plus épanoui en évoluant dans une vraie position de meneur de jeu, par exemple dans un 4-2-3-1. Mais avec deux milieux occupant plutôt des positions de relayeurs, les Bleus ont ainsi la possibilité de harceler toute la première ligne adverse, en plus du gardien.
L'absence de Mbappé va faire perdre beaucoup de temps
"On a pas mal travaillé tactiquement, on a notamment essayé de mettre des choses en place sur le pressing à la perte sur les dix premières secondes pour essayer de récupérer des ballons hauts et se créer des occasions", a souligné Jules Koundé, vendredi, sur TF1.
Tout ceci devrait encore être largement observable, ce lundi, face à la Belgique (20h45) même si Zidane s'attend à un "tout autre match, ne serait-ce qu'en raison de la qualité de l'adversaire". L'ancien numéro 10 des Bleus s'était réjoui de disposer de quatre matches consécutifs - une rareté au niveau international - pour faire infuser ses idées.
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"Quitte à les faire jouer ensemble, il faut tenter de rapprocher Dembélé et Mbappé"
Video credit: Eurosport
À l'évidence, l'absence de Mbappé, blessé, va faire perdre beaucoup de temps : l'enjeu était bien moins de savoir si son replacement affecterait son efficacité - il est capable de marquer en évoluant n'importe où - que de comprendre quelles compensations pouvaient être envisagées pour ne pas trop pâtir de ses lacunes défensives. Partie remise au mois de novembre, mais quelque chose nous dit que le buteur restera tout de même un sujet central du jeu des Bleus, d'ici-là.
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