Il avait pris soin de réussir son premier examen. Kamaldeen Sulemana n'avait pas eu besoin d'un quart d'heure pour donner à la France un aperçu de son potentiel. Un appel parfait sur une contre-attaque, une conduite de balle impeccable, un petit crochet pour se mettre en position de tir, une frappe enveloppée d'une précision chirurgicale et le tour était joué. On était encore au début du mois d'août. Un peu plus de deux mois plus tard, le jeune ailier ghanéen de 19 ans n'a fait que confirmer les promesses de son éblouissante première.
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Le tube de l'été n'a pas pris une ride l'automne venu. Bien au contraire. Sulemana a poursuivi son irrésistible ascension avec quatre buts et une passe décisive sur ses cinq derniers matches, toutes compétitions confondues. Dans le lot, il y a eu notamment une masterclass face au PSG, dans un match où il a fait vivre un petit calvaire à Achraf Hakimi en plus de servir un caviar à Gaëtan Laborde (2-0). Et ce but venu d'ailleurs dimanche face à Metz, d'une frappe pleine de spontanéité sous la barre à la sortie d'un dribble déroutant (0-3).
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"Il va vite, il fait mal"

Il symbolise bien le joueur. Un attaquant ultra-spectaculaire, jusque dans ses célébrations par un enchaînement assez exceptionnel de sauts périlleux dont il a le secret. "Quand j'étais petit, j'étais dans une classe d'acrobatie et j'ai appris à faire cela, a-t-il révélé dans des propos rapportés par le quotidien Ouest-France. Depuis, c'est mon unique célébration après un but, notamment quand je marque un but important." Une marque de fabrique à laquelle il va manifestement falloir s'habituer. Personne ne s'en plaindra.
Surtout à Rennes. Où, au-delà de son talent, sa personnalité aussi fait l'unanimité. "C’est typiquement ses caractéristiques, décrivait l'entraîneur rennais Bruno Genesio après la victoire à Metz. Il est enthousiaste, insouciant. Il va vite, il fait mal. Il nous donne beaucoup de plaisir, est agréable à diriger car il vient toujours à l’entraînement avec le sourire, pour travailler. Il a beaucoup de fraîcheur, il a 19 ans et fait un début de saison incroyable. C’est aussi à l’image de l’équipe qui trouve ses repères, la confiance."

Une énorme plus-value

C'est bien le plus important. Si le club breton a repris des couleurs après une fin d'été délicate, marquée par trois défaites consécutives en championnat, c'est bien à Sulemana qu'il le doit. Le Ghanéen est l'individualité qui fait la différence, celui qui concrétise les progrès collectifs du Stade Rennais ces dernières semaines. "C’est un crack, avouait un Jonas Martin bluffé par la performance de son coéquipier à Metz. C’est un joueur comme il n’y a pas beaucoup dans les équipes. Il est capable de se créer des situations tout seul, il n’y a pas besoin de beaucoup de monde autour de lui."
C'est une énorme plus-value pour Rennes. Elle saute particulièrement aux yeux en l'absence sur blessure de Jérémy Doku, l'autre dynamiteur de l'attaque rouge et noir. Les dirigeants bretons ont vraisemblablement réussi l'un des coups de l'été en arrachant le Ghanéen au club danois de Nordsjaelland pour environ 15 millions d'euros. Florian Maurice, le directeur sportif rennais, se félicitait d'avoir obtenu la signature de Sulemana malgré une concurrence emmenée notamment par l'Ajax Amsterdam, dont la réputation pour dénicher puis propulser les jeunes talents sur le devant de la scène n'est plus à faire.

Maturité et détermination

L'air de rien, Rennes cultive aussi cette qualité, et c'est l'une des raisons qui a poussé le Ghanéen à opter pour la Bretagne. L'autre, c'est la perspective d'un temps de jeu supérieur. Rennes lui a offert cette opportunité qui se vérifie dans les chiffres. Sulemana a démarré 10 des 14 matches disputés par la formation de Bruno Genesio depuis le début de la saison, toutes compétitions confondues. Il a trouvé au sein du Stade Rennais le cadre idéal pour progresser à vitesse grand V. Et son club en tire lui aussi les bénéfices.
C'est du gagnant-gagnant. Et cela en dit assez long sur la mentalité d'un joueur louée partout où il est passé, de l'Académie Right to Dream au Ghana à Rennes en passant par Nordsjaelland. Sa maturité et sa détermination ont toujours été mises en avant. Cela se traduit par une adaptation en un éclair à un nouveau club et un championnat plus relevé pour un gamin de seulement 19 ans. Sulemana a mis un rien de temps à crever l'écran. Et pourtant, le show ne semble qu'à son commencement.

Kamal Deen Sulemana lors de Rennes-Lens

Crédit: Getty Images

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