Juninho prend (une nouvelle fois) la parole. Un peu plus d'un an après sa nomination en tant que directeur sportif de l'Olympique Lyonnais, le Brésilien s'est confié à nos confrères du progrès. Critiqué pour sa discrétion, chose moins évidente depuis février, et plus récemment sur sa gestion des joueurs du centre de formation, "Juni" a abordé la plupart des sujets brûlants : sa première année en tant que dirigeant, sa relation avec Jean-Michel Aulas, la gestion des jeunes.

Il n'a pas esquivé le gros sujet qui fâche : les mauvais résultats de l'OL lors de l'exercice 2019/2020, sa première dans son nouveau costume. Une mauvaise campagne bouclée à une pauvre 7e place en championnat après l'annulation de la saison et l'échec du recours juridique devant le Conseil d'Etat. Un résultat qui oblige l'OL à devoir remporter la finale de la Coupe de la Ligue face au PSG le 31 juillet prochain, ou mieux, remporter la Ligue des champions, s'il veut être européen la saison prochaine.

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Cet échec, c'est aussi le sien. "J'ai redécouvert un club beaucoup plus grand que quand je suis parti. Cela a été plus difficile que je ne le pensais. C'était plutôt une année d'observation pour moi", a-t-il reconnu, lucide. "Mais je veux réussir avec ce club qui m'a donné cette chance." Conscient qu'il peut s'améliorer, le DS lyonnais a promis de fonctionner d'une manière différente en 2020/2021. "Je vais l'aborder en retenant mes erreurs. Je me sentirai mieux quand on donnera satisfaction, qu'on aura de bons résultats, qu'on fera de bons de matches."

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Lyon, une équipe "gentille"

Déjà critique envers les joueurs de l'effectif professionnel le 10 juin dernier, en marge de la présentation de Tino Kadewere, - "C'est une équipe qui manque de leaders dans l'effectif. Nous discutons par rapport à ça. La saison dernière, en arrivant, j'ai rencontré certains joueurs qui n'étaient pas contents d'être là. J'étais surpris. Si des joueurs ne sont pas contents d’être là, il faut qu’ils partent" - Juninho a remis ça vingt jours plus tard. Il le pense plus que jamais : l'effectif de l'OL a de gros manques pour le très haut niveau.

"De mon époque, les gens nous disent : ‘Vous étiez plus forts’. La vérité c’est qu’on s’entraînait comme on jouait, et c’était un plaisir. Tous ceux qui arrivaient, savaient qu’ils n’avaient pas le droit d’être à 70%, car nous, les anciens, donnions l’exemple. La clé de tout c’était l’intensité aux entraînements. Aujourd’hui, c’est incroyable qu’on soit obligé de demander de l’intensité", a-t-il martelé. "Si à Liverpool, à City, tu ne travailles pas à 100%, c’est tribune tout de suite. (...) On est une équipe gentille."

Juninho et Jean-Michel Aulas lors de la présentation de Tino Kadewere à l'OL

Crédit: Getty Images

Avec Garcia, on a un senti du changement

Interrogé sur ses regrets, l'ancien milieu de terrain en reconnaît un très gros : sa venue avec Sylvinho dans les bagages, sujet déjà évoqué dans un entretien donné à L'Equipe en février dernier. Il l'avait reconnu à l'époque : avec Sylvinho, il s'était tout simplement "planté". Si le discours n'a pas changé, Juni a reconnu qu'il avait fait une énorme erreur de jugement à l'époque : il n'avait pas pris en compte le nouveau contexte de l'OL.

Choisir Sylvinho - qui était à lui tout seul une rupture totale et souhaitée avec l'époque Bruno Genesio - et l'envoyer dans ce contexte, c'était l'envoyer au casse-pipe. Esseulé, l'ancien latéral d'Arsenal et du FC Barcelone s'est heurté au mur de l'intégration, comme s'il était encore un joueur. "S'installer dans une ambiance avec des hommes déjà en place prend un peu de temps...", a reconnu Juninho.

Sur le cas de Rudi Garcia, qui a remplacé Sylvinho début octobre 2019, Juninho ne le tient pas entièrement responsable de ce qu'il s'est passé sur le terrain. "Ce n'était pas facile pour Rudi de changer d'un coup les choses. Les supporters n'étaient pas contenst que ce soit lui et il y avait un staff en place. Pour que ça marche, il fallait que tout le monde travaille ensemble. Ce n'était pas l'idéal, mais on a senti du changement."

Concernant la polémique du moment, la potentielle fuite des jeunes du centre de formation (plusieurs cas sont sortis dans la presse ces derniers jours dont celui de Pierre Kalulu, 19 ans), Juninho a insisté sur un point important : le niveau réel des joueurs. "Maxence Caqueret et Rayan Cherki ont débuté et donné satisfaction. Ils sont prêts à jouer, ça dépend d'eux. Mais qui aujourd'hui en réserve est prêt pour jouer en pro à l'OL ? J'espère qu'on sortira plus de jeunes, mais ce n'est pas juste de dire qu'on ne leur fait pas confiance."

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