Ils ont démarré la saison comme ils avaient bouclé la dernière. Les Spurs restaient sur une victoire éclatante à Norwich (0-5) au printemps dernier pour valider leur billet pour la Ligue des champions. Ils ont encore signé un large succès face à Southampton (4-1) samedi dernier pour s'emparer de la tête de la Premier League. Au bout d'une journée, cela reste purement anecdotique. Mais c'est aussi symbolique. Si Manchester City et Liverpool sont les deux grands favoris de la course au titre, Tottenham a clairement le profil du trouble-fête ambitieux qu'il ne faut surtout pas négliger.
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Les chiffres vont déjà dans ce sens. Sur la saison passée, les Spurs affichaient le troisième bilan de la Premier League depuis la nomination d'Antonio Conte au poste d'entraîneur avec 56 points pris entre la 11e et la 38e journée. Seuls Manchester City (73 points) et Liverpool (70 points) avaient fait mieux que le club londonien sur la même période. Cela dit tout du statut d'outsider de Tottenham, encore renforcé par ce succès inaugural contre les Saints. Mais aussi de l'écart encore conséquent qu'il lui reste à combler pour rivaliser avec l'équipe de Josep Guardiola et celle de Jürgen Klopp.

La base était déjà solide

City et Liverpool sont d'ores et déjà bien placés pour savoir qu'il ne faut pas prendre Tottenham à la légère. Les Spurs avaient réussi le tour de force de rester invaincus face aux deux ogres de la Premier League la saison passée, que ce soit avec Nuno Espirito Santo (victoire 1-0 contre City) ou Antonio Conte (nuls 2-2 et 1-1 contre Liverpool, victoire 2-3 à City). S'ils s'étaient inclinés devant Chelsea (2-0), les hommes de Conte avaient surtout été pénalisés par leurs points perdus contre des clubs moins huppés, Southampton (1-1, 2-3), Burnley (1-0), Brighton (0-1), Brentford (0-0) voire Wolverhampton (0-2).

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En l'espace de quelques mois, Conte était déjà parvenu à façonner une équipe pénible à jouer la saison passée. "La structure que Conte a apporté s'est révélée très utile pour Tottenham, explique Pete Sharland, notre confrère d'eurosport.co.uk. Conte a bâti un secteur défensif solide qui donne aux éléments offensifs la liberté de faire ce qu'ils pensent être la meilleure option. C'est quelque chose souvent négligé quand on parle des équipes de Conte. Mais comme Eden Hazard et Diego Costa sous sa direction à Chelsea, Heung-min Son et Harry Kane s'épanouissent et les adversaires de Tottenham ont bien du mal à trouver un moyen d'arrêter les attaquants."

Le recrutement a du sens

Le technicien italien avait déjà posé des bases collectives cohérentes la saison passée. Une tendance confirmée par le mercato des Spurs, avec les arrivées de Richarlison, Yves Bissouma et Ivan Perisic notamment, mais aussi celles de Fraser Forster, Clément Lenglet ou Djed Spence pour densifier le groupe londonien. "Je pense qu'il font un bon mercato, estime Pete Sharland. Les choix de recrues ont du sens, surtout par rapport à la structure du système de Conte. Et surtout, ils ont su conserver Kane et Son. Ils ont tous les deux l'air heureux et désireux de rester à Tottenham."

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Un effectif renforcé par un subtil mélange de jeunesse et d'expérience qui peut permettre à Tottenham de viser encore plus haut. Mais il a quand même quelques limites. "Si on admet que Bissouma sera aussi bon qu'il l'était à Brighton, le plus grand problème reste toujours les pistons, et peut-être le troisième défenseur central, estime Pete Sharland. Ivan Perisic ressemble à une très bonne recrue et Cristian Romero reste l'un des meilleurs centraux de la Premier League, mais je ne pense pas que Ben Davis et Eric Dier seront assez bons pour leur permettre de jouer le titre sur l'ensemble de la saison. Cependant, ils seront utiles pour atteindre leurs objectifs actuels."

Le challenger par excellence

L'appétit viendra peut-être en mangeant. En attendant, Tottenham avance masqué, davantage dans la peau d'un candidat à la Ligue des champions que dans celle d'un réel prétendant au titre. "En Angleterre, c'est difficile de se battre pour gagner le titre, soulignait Conte avant la reprise. Mais nous voulons être compétitifs et nous améliorer par rapport à la saison dernière. Pour être une équipe forte, il faut de la stabilité et une vision. Cela doit être clair. Et après, il faut y aller étape par étape pour réduire l'écart. Pour rattraper City et Liverpool, il faudrait, comme eux, dépenser 100 M€ sur un ou deux joueurs, pas sur six, comme nous."
Structurellement, les Spurs ont progressé, mais il leur manque certainement encore un peu de vécu collectif et quelques individualités de premier plan pour réellement concurrencer City et Liverpool dans la course au titre. "Je m'attends à ce qu'ils terminent troisièmes ou quatrièmes, et qu'ils passent la phase de poules de la Ligue des champions, annonce Pete Sharland. Je ne pense pas qu'ils soient encore assez bons pour finir devant City et Liverpool sur l'ensemble d'une saison, de manière réaliste. Cependant, sur un match, c'est une équipe très dangereuse, donc je m'attends à ce qu'ils réussissent bien dans les coupes." Le challenger par excellence. C'est peut-être le statut qui convient le mieux à l'équipe de Conte. Car il ne la rend que plus dangereuse.

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