Ce fut un chantier gigantesque. Un duo à plusieurs têtes sans solution parfaite et le casse-tête majeur du mandat de Didier Deschamps. Il aura donc fallu quatre ans pour mettre la main sur une charnière qui ne fait plus débat. Mieux que ça, l'ancien point d'interrogation des Bleus est devenu son socle le plus solide. Après de nombreux rendez-vous manqués, Raphaël Varane et Laurent Koscielny ont fini par se trouver. Ces deux-là sont désormais incontournables. La charnière n'est plus un problème pour Deschamps mais une évidence, un repère qui lui a permis de démarrer cette campagne de qualification sur du velours.

La prestation des deux hommes à Amsterdam fut un modèle du genre. Le duo a survolé les débats. "Avec 'Lolo' et 'Raph', on a été sérieux et appliqués défensivement", s'est félicité Hugo Lloris après la rencontre. "Nous n'avons laissé que des miettes aux Néerlandais." Avec une répartition des tâches qui colle à merveille aux qualités des deux hommes : à Varane la direction de la manœuvre et la relance, à Koscielny le combat et le don de soi. Si leur association a désormais tout d'une évidence, elle s'est construite par à-coups. Le barrage aller de la Coupe du monde et la défaite à Kiev en 2013 (2-0) ont propulsé Mamadou Sakho titulaire et Laurent Koscielny en sparring-partner de luxe.

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Mamadou Sakho a marqué des points face à l'Ukraine

Crédit: Panoramic

La nouvelle dimension de Koscielny

Longtemps le Gunner ne devait ses titularisations qu'aux blessures de l'ancien Parisien. Mais dans l'esprit du sélectionneur, Varane et Sakho incarnaient à la fois le présent et le futur des Bleus. Koscielny fut condamné jusqu'en 2016 à un statut un peu flou de parfait recours. Mais l'Euro a tout changé. D'abord parce qu'il a définitivement écarté de la course Sakho, ensuite parce qu'il a installé Koscielny comme le patron de la défense française en l'absence de Varane. Il lui a fallu s'affranchir du Madrilène pour prendre une nouvelle dimension en Bleu.

Finies les sautes de concentration, Koscielny a sans doute été le Français le plus régulier de l'été. Associé à Rami puis Umtiti, il a donné le ton dans l'engagement et fixé le cap quand les Bleus papillonnaient en début de tournoi. L'éternelle doublure est devenue la référence. Le retour de Varane ne l'a pas fait rentrer dans le rang. En équipe de France, Didier Deschamps s'est longtemps demandé quel était le meilleur complément de Varane mais, à la rentrée des classes en août, la question était de savoir si Varane parviendrait à se hisser au niveau de son compère car Koscielny fait aujourd'hui partie du gratin, des tous meilleurs défenseurs centraux du monde.

3 tirs cadrés concédés en 270 minutes

"Laurent est un joueur très intelligent dans son placement et il est très bien en ce moment physiquement, tactiquement", a confirmé le Madrilène après la victoire acquise à Amsterdam. "C'est un joueur complet et, bien sûr, c'est très intéressant de l'avoir avec nous." Voilà pourquoi la France n'a concédé que trois tirs cadrés et un but lors de ses trois premiers matches de préparation. Et si les ailes de sa défense sont encore un vaste chantier, celui de sa charnière centrale est définitivement clos.

De notre envoyé spécial à Amsterdam, Martin MOSNIER

Laurent Koscielny (Pays-Bas France)

Crédit: AFP

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