Pavard relancé, Lazio en danger, Inter intouchable, Amorim attendu : les 7 questions que l'on se pose avant la reprise de la Serie A 2026-2027
Eurosport sur GoogleAprès un dernier exercice marqué notamment par le triomphe sans grandes difficultés de l'Inter Milan, l'effondrement de l'AC Milan et de la Juventus Turin dans la dernière ligne droite ou encore les frayeurs de la Fiorentina dans la lutte pour le maintien, la Serie A reprend ses droits ce week-end. Et cette nouvelle saison s'annonce, une fois encore, passionnante. Voici nos questions.
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L'Inter, grande favorite à sa propre succession ?
On ne voudrait pas tuer le suspense trop vite, mais la réponse est quand même oui. La saison passée, l'Inter avait quand même terminé avec 11 points d'avance sur le Napoli, son dauphin, et 14 sur la Roma, troisième. Sans compter les 17 longueurs de retard du Milan (5e) et les 18 de la Juve (6e), ses deux rivaux historiques. Avec un effectif déjà rodé qui ne nécessitait que quelques retouches, le club lombard, double finaliste de Ligue des champions depuis 2023, a poursuivi son recrutement "made in Premier League".
Après avoir levé l'option d'achat de Manuel Akanji, prêté par Manchester City la saison passée, les Nerazzurri ont fait venir Djed Spence de Tottenham, Curtis Jones de Liverpool ou encore John Stones, en fin de contrat avec Manchester City. Tout ce que réclamait Christian Chivu, débarqué sur le banc l'an passé comme novice... et désormais dans la peau du technicien champion d'Italie.
Pour les médias italiens, l'Inter, qui n'a plus quitté le top 3 depuis 2019 (!), part donc devant tout le monde sur la grille de départ. Derrière elle, le Napoli désormais entraîné par Massimiliano Allegri, mais qui a décidé de limiter ses dépenses cet été, et probablement l'AS Rome de Gian Piero Gasperini, dont le mercato est jusqu'ici intrigant (Mora, Castro, Molina...) mais qui va devoir gérer son retour en Ligue des champions. L'AC Milan et la Juventus Turin, qui ont toujours le devoir de viser le titre, ont également beaucoup dépensé et rêvent de faire tomber l'Inter. Attention à Côme, aussi, dont le projet ne semble avoir aucune limite.
Pour l'ancien entraîneur italien Fabio Capello, désormais consultant, l'Inter n'a "aucun rival" cette saison : "Sur le papier, l’Inter ne devrait pas avoir d’adversaire : elle devra simplement veiller à ne pas se déconcentrer lors des matches théoriquement faciles, confiait-il à La Gazzetta dello Sport vendredi. Derrière elle, l’équipe la plus prête, notamment parce qu’elle n’a rien changé, est la Roma. Naples est au même niveau, mais il faudra voir dans quelle mesure le groupe parviendra à se mettre en phase avec les exigences d’Allegri. La Juve travaille bien, nous verrons avec le temps si elle sera un adversaire à prendre en considération, mais on ne peut pas l’exclure a priori. Le Milan doit encore être évalué, mais le nouveau projet est en train de naître de la bonne manière. La saison des Rossoneri dépendra de la façon dont Amorim parviendra à entrer dans la tête des joueurs : c’est la chose la plus importante."
La Lazio peut-elle vraiment descendre ?
On exagère peut-être un poil, mais c'est probablement la très grosse cote. Et la très grosse crainte, aussi, des tifosi biancocelesti. Humiliée d'entrée avec une élimination face à Mantova (0-2), un club de deuxième division, en 32e de finale de Coupe d'Italie à l'Olimpico, la Lazio traverse une période particulièrement difficile de sa riche histoire.
Entre un président (Claudio Lotito) appelé à la démission par une grande majorité des supporters, une campagne d’abonnements massivement boycottée (de 30 000 abonnés la saison passée... à 4 000), un stade qui s'annonce vide et un entraîneur, Gennaro Gattuso, qui a connu pour l'instant plus d'échecs que de succès, l’inquiétude a de quoi être légitime. Surtout au vu d'un effectif qui ne cesse de perdre en qualité année après année. Qu'il semble loin le temps des Milinkovic-Savic, Luis Alberto, Ciro Immobile...
Septième il y a deux ans, neuvième la saison dernière, la Lazio glisse dangereusement vers la deuxième partie de tableau. Et aucun grand club n'est à l'abri du danger. Parlez-en par exemple aux supporters de la Fiorentina, qui ont vu leur club se sauver lors de l'avant-dernière journée en mai dernier. Ou à ceux de l'OL, qui ont craint le pire il y a deux ans...
Amorim va-t-il se relancer à Milan ?
L'AC Milan repart d'une feuille blanche. Encore. Après avoir manqué une qualification en Ligue des champions pour la deuxième saison consécutive, le très contesté patron du club lombard Gerry Cardinale a décidé de faire table rase. Des dirigeants à l'entraîneur Massimiliano Allegri, tout le monde a été viré après un nouveau fiasco. L'homme d'affaires américain, qui regrette d'avoir trop délégué, a décidé de s'impliquer désormais directement dans les affaires de son équipe. Et c'est donc lui qui a choisi le nouvel entraîneur, Ruben Amorim, en quête de rachat après son aventure à Manchester United.
Révélé sur le banc du Sporting CP, avec trois titres de champion empochés en 2021, 2024 et 2025, l'ancien milieu de terrain avait complètement manqué son grand saut vers la Premier League et Manchester United, qui l'avait embauché en novembre 2024. Malgré une finale de Ligue Europa, il terminait sa première saison anglaise à la 15e place, avant d'être limogé en janvier dernier après seulement 24 victoires en 63 matches.
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Cardinale, Ramos et Amorim.
Crédit: Getty Images
Revanchard, Amorim s'est vu attribuer toutes les clés du camion milanais. Il n'a par exemple pas hésité à prendre plusieurs décisions drastiques (Tomori, Fofana et Nkunku mis à l'écart du groupe, Leao placé sur le mercato). Et sur le mercato, le technicien a vu son propriétaire balancer des millions comme rarement. L'ex-attaquant du PSG Gonçalo Ramos est ainsi devenu la recrue la plus chère de l'histoire des Rossoneri (70 millions plus bonus), le défenseur Mario Gila a coûté une trentaine de millions et Diego Moreira a été arraché à Strasbourg pour 50 millions d'euros hors bonus. Total des affaires : 150 millions d'euros minimum.
Luka Modric, convaincu par le projet, a également prolongé son contrat d'un an. Avec trois déplacements lors des quatre premières journées, Amorim, qui a réclamé du temps pour installer son projet et ses idées, va devoir démarrer fort. Au sein du club lombard, on assure toutefois qu'on fera preuve de patience avec lui. Si la mayonnaise prend...
Va-t-on revoir Pavard ?
À l'issue de sa saison manquée avec l'OM, Benjamin Pavard, seulement prêté sur la Canebière, ne s'imaginait pas vraiment pouvoir s'éterniser à son retour à l'Inter Milan. Le club lombard ne comptait pas vraiment sur lui non plus, en froid avec le défenseur français pour certains comportements hors terrain. Sauf que la tendance a changé depuis quelques semaines. Selon plusieurs sources proches du club lombard, le champion du monde 2018 s'est présenté avec une tout autre attitude. Il aurait notamment retrouvé une grande motivation, et sa préparation estivale est même qualifiée de très exemplaire.
"De toute évidence, Pavard lui-même, au vu de ses dernières expériences négatives, a dû comprendre qu’un changement de cap était nécessaire pour sa carrière, et il montre concrètement ce changement de direction", racontait Pasquale Guarro, journaliste et suiveur des Nerazzurri. Si les dirigeants milanais sont toujours à l'écoute de possibles offres pour l'international français, dont le salaire net de cinq millions d'euros est un vrai poids pour les caisses, ils n'excluent pas non plus de le conserver une saison supplémentaire. Son contrat expire en 2028.
"Benji fait du bon boulot, il s'est mis à disposition de l'équipe, il a travaillé dur, il a eu la possibilité de jouer des matches d'un certain niveau lors de notre tournée à Hong Kong et en Australie", a rappelé le Christian Chiuvu en conférence de presse vendredi.
"Je n'ai pas besoin de dire ce qu'il peut nous apporter, mais c'est à lui de le démontrer, même s'il n'a rien à démontrer à personne. On connaît sa valeur et l'apport qu'il peut avoir dans un secteur défensif déjà d'un niveau très haut", a-t-il conclu.
Mastantuono, on y croit ?
C'est l'un des transferts surprises de l'été en Italie. En manque de temps de jeu au Real Madrid, Franco Mastantuono, pourtant très courtisé sur le mercato, a décidé de se relancer à la Fiorentina. L'international argentin, 19 ans, compte désormais profiter de ce prêt sec pour retrouver de sa superbe dans la Cité du Lys, où il a été accueilli par des centaines de tifosi en délire à son arrivée à l'aéroport. Tous les ingrédients sont réunis pour le voir faire une belle saison : un club qui a investi sur le mercato (au 22 août, une dizaine de recrues pour plus de 100 millions d'euros), une équipe très ambitieuse, un entraîneur à la cote grandissante (Fabio Grosso) prêt à lui donner les clés du jeu, et un enthousiasme retrouvé au sein du peuple florentin après une saison passée en enfer. Alors oui, on a envie de croire à ce mariage.
La Juve va-t-elle jouer à l'offensive ?
Les temps changent, même en Italie. S'il est de coutume de rappeler, de l'autre côté des Alpes, que l'équipe qui encaisse le moins de buts sur une saison est généralement celle qui remporte le titre, l'Inter a fait mentir cette statistique la saison dernière en se classant seulement quatrième dans ce domaine (35 buts encaissés). Vieux roublard du Calcio, le technicien de la Juventus Turin Luciano Spalletti a certainement pris note, lui qui a toujours été un amateur du football offensif.
Lors d'un récent match amical face à Palerme, l'entraîneur toscan, arrivé en corus de route la saison passée et désireux de constuire maitenant "sa" Juve, a même osé un 4-2-3-1 à quatre pointes : Conceiçao, Alajbegovic et Yildiz derrière Kolo Muani. Une formule qu'on pourrait revoir en championnat ? Difficile.
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Luciano Spalletti (Juventus)
Crédit: Getty Images
Spalletti est conscient qu'une attaque à trois attaquants ne peut être soutenue que par un milieu à trois (probablement Locatelli-Douglas Luiz-McKennie). Le mouvement de l'international américain pourrait permettre de transformer ce 4-2-3-1 en 4-3-3. Sans oublier que la Juve recherche actuellement un autre joueur dans l'entrejeu, probablement pour apporter du poids et équilibrer la balance. Les profils visés confirment l'idée : Franck Kessié, Leon Goretzka...
"Plus que sur les systèmes tactiques, il faut agir sur les hommes. De Conceição à Alajbegovic, ils sont tous bons, voire très bons, et si les choses se passent bien, cette équipe peut offrir un vrai spectacle. Mais dès la première difficulté, au premier bus qui sera mis devant le but, les limites de personnalité ressortent. La Juve a besoin (au minimum) d’un Kessié et d’un joueur comme l’Ivoirien pour ne pas gâcher ce beau potentiel et cette mentalité qui est certainement offensive", pouvait-on lire dans La Gazzetta dello Sport vendredi. Le quotidien estime qu'il manque encore des leaders à cette équipe, tels que les Bonucci, Chiellini, Pirlo et Pjanic de la belle époque.
Sur le plan du jeu, Spalletti souhaite une équipe créative, imprévisible et qui fait le match. Le diktat de l'entraîneur : du caractère ("nous devons tous démontrer que nous sommes du niveau de la C1, nous n'en avons pas fait assez l'an passé", a-t-il dit aux joueurs), de l'intensité (agression à la perte du ballon, mouvements rapides, verticalité, jeu en triangle) et un football fluide (pas un seul schéma, mais plusieurs à utiliser pendant un match, la clé est de savoir où se placer selon le moment du match).
Quelles nouveautés arbitrales ?
À l'image de ce qui a été introduit durant le dernier Mondial, plusieurs nouveautés arbitrales vont être apportées cette saison en Serie A. Avec notamment la règle des dix secondes maximum pour les changements, le contrôle de l'assistance vidéo pour les deuxièmes cartons jaunes, la désormais fameuse minute hors du terrain en cas de blessure et la vérification des corners accordés de manière erronée. Nouveau responsable des arbitres, Daniele Orsato a également prévenu que seul le capitaine pourra parler avec les arbitres, et aucun "encerclement" ne sera accepté.
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