Cette fois, elle n’a pas eu besoin de se poser la question. Après avoir décidé de ne pas appeler sa milieu de terrain et capitaine Amandine Henry, en octobre, s’attirant les foudres de la Lyonnaise, puis en la rappelant en novembre dans une ambiance très tendue, la sélectionneuse tricolore Corinne Diacre avait déclenché un psychodrame qui a fait beaucoup parler des Bleues pour des raisons extra-sportives. Cela n’arrive pas souvent à cette équipe, plutôt critiquée ces dernières années pour son incapacité à briser son plafond de verre des quarts de finale en compétition internationale. Et qui a fini sa campagne de qualification à l'Euro 2022 invaincue et à la première place.
Pas besoin d'envenimer les choses et revenir sur le passé
Blessée avec l’OL face à Montpellier juste avant l’annonce de la liste et forfait, Henry n’a donc pas autant occupé les débats lors de ce rassemblement des Bleues. "On n'a pas besoin d'envenimer les choses et revenir sur le passé", a réagi la patronne de l’équipe de France quand la question s’est invitée en conférence de presse, le 9 février, lors du dévoilement du groupe pour disputer le "Tounoi de France", compétition amicale où les Tricolores devaient affronter la Norvège, l’Islande et la Suisse.
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L’ancienne coach de Clermont (L2) est tout juste revenue sur la réunion de crise organisée fin novembre entre elle et ses joueuses pour aplanir les tensions qui ont éclaté sur la place publique : "La réunion a été faite, je tiens à ce que cela reste en interne. C'était important de la faire, ça été fait, maintenant je suis tournée vers l'avenir (…). Ce stage doit marquer un nouvel objectif pour l'équipe de France. On a cette saison pour bien nous préparer (à l'Euro en 2022, NDLR), donner du temps de jeu à des nouvelles joueuses, peut-être essayer d'autres choses au niveau du système de jeu. Aujourd'hui il faut regarder devant, arrêter de regarder derrière et revenir sur des choses... Dans la vie d'un groupe, tout n'est jamais parfait". Chapitre clos. Du moins jusqu’au retour de Henry en équipe nationale.

La tristesse d'Amandine Henry après l'élimination des Bleues

Crédit: Getty Images

D’ici là, la sélectionneuse a d’autres chats à fouetter, notamment le Covid-19, qui a poussé tour à tour la Norvège et l’Islande à déclarer forfait pour le "Tournoi de France". Un coup dur pour la sélection française, qui comptait faire de ce rendez-vous un test grandeur nature en vue des prochaines échéances : l’Euro dans un an et demi donc, mais aussi les matches de qualification à la Coupe du monde 2023, qui devraient démarrer en septembre. A la place, deux matches amicaux face à la Suisse, seul adversaire encore épargné par le coronavirus, le premier ce samedi (21h10) et le second mardi (21h10) au stade Saint-Symphorien de Metz.
On est quand même excitées de revenir en équipe de France
De quoi enlever un peu d’excitation aux joueuses ? "Pas forcément, parce qu’on est quand même excitées de revenir en équipe de France, ça faisait longtemps", nous a affirmé Marion Torrent, latérale droite tricolore. "Il n’y a pas du tout de frustration. C’est sûr que dans un tournoi, il y a un peu plus une notion de compétition, mais j’ai annoncé à mes joueuses que, lors de ces deux matches, on se devait de continuer à gagner et à mettre en place ce qu’on a travaillé aux entraînements cette semaine", a confirmé Diacre, en conférence de presse à la veille de rencontrer les Suissesses.
Jusqu’au bout, la sélectionneuse aura été contrariée par le Covid puisque les coéquipières d’Eugénie Le Sommer n’ont pas pu se rendre comme prévu dès jeudi à Metz : un membre de l’hôtel où elles devaient résider y ayant été testé positif, il a été décidé que les hôtes de la dernière coupe du monde en 2019 resteraient à Clairefontaine, faisant l’aller-retour uniquement les jours de match. Ajoutez à cela que, toujours à cause du virus, l’attaquante Valérie Gauvin, qui joue en Angleterre, n’a pu rallier la France, ou que la sélectionneuse a dû finalement faire sans Katoto, Dufour ou Jean-François, blessées (Malard a intégré le groupe depuis), et vous aurez une vue d’ensemble sur tous les tracas qui l’ont poursuivi cette semaine.

Marion Torrent

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Faisant contre mauvaise fortune bon gré, Diacre a préféré se réjouir de ces séances d’entraînement plus nombreuses que de coutume, la majorité des joueuses étant arrivées dès samedi dernier : "Nous (sélectionneurs), on a les joueuses grosso-modo toutes les six semaines, donc dès qu’on peut faire plus de terrain, on en profite. On a bien travaillé, l’ambiance est bonne", a lâché Diacre, histoire de dire que tout va mieux au château.
Les nouvelles sont curieuses, ça crée une émulation et c'est positif pour nous
Dans cette ambiance studieuse, la Suisse, 19e nation au classement Fifa, où évolue notamment la Parisienne Ramona Bachmann, s’annonce comme l’adversaire idéal pour donner du temps de jeu à de nombreuses joueuses peu expérimentées à ce niveau, mais qui représentent le futur de cette équipe (De Almeida, Khelifi, Matteo par exemple) : "Il y a un amalgame entre les anciennes et les nouvelles qui est bon, il y a eu beaucoup d’écoute, beaucoup d’échanges, j’espère que tout ce travail va se traduire demain (samedi) sur le terrain. Les nouvelles joueuses sont contentes d’être là, elles boivent foot, elles mangent foot. Elles sont curieuses aussi, c’est ce qui change avec les anciennes qui ont l’habitude d’être là. Ça crée une émulation et c’est plutôt positif pour nous", a expliqué la sélectionneuse.
Parmi les plus habituées de ce groupe France, du haut de ses 35 sélections, Marion Torrent explique ainsi le rôle des "anciennes" par rapport notamment aux nouvelles appelées, au nombre de trois (les gardiennes Chavas et Picaud, et la milieu Pallis) : "Le but c’est de mettre ces joueuses-là en confiance, de les intégrer parce que c’est vrai qu’il y a de l’appréhension, le stress de vouloir bien faire les choses et le regard des autres joueuses. Il faut les mettre à l’aise afin qu’elles puissent s’exprimer comme elles s’expriment en club, ça permet aussi à l’équipe d’avancer et d’avoir une ambiance positive". Mission réussie selon Corinne Diacre, qui a affirmé dans l’optique de la rencontre de ce samedi que le plus compliqué, "c’est de sortir un onze puisque les 24 (joueuses convoquées) le méritent". Toutes n’auront pas leur chance lors des ces deux confrontations à venir, mais devront, le cas échéant, ne pas passer à côté.
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