Fernando Alonso (Renault) éprouve enfin la sensation d'être un vainqueur en principauté. Avec une voiture taillée pour ce type de circuit, l'Espagnol et son équipe s'étaient trompés de pneus en 2003, n'avait tout simplement pasla bonne machine l'année suivante, et avaient raté leur partie de stratégie avec un bolide quasi imbattable en 2005.
Cette année aura donc été la bonne, avec sa part d'adversité. Victime et vainqueur : l'enclave princière a aussi offert à l'Espagnol le meilleur rôle qui soit pour un sportif, après 78 tours dans son lancinant labyrinthe métallique. Voilà le champion du monde apaisé. Floué d'une pole position à la dernière minute à cause de "l'affaire Schumacher", l'Ibère épidermique avait pris sur lui pour contenir sa colère,samedi après-midi. Il a procédé à une froide et méthodique mise au point, dimanche.
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Son bien retrouvé par la disgrâce de Michael Schumacher (Ferrari), convaincu de manoeuvre illicite par les commissaires, il a démarré la 7e manche du championnat de la pole position. Surveillé de près par Kimi Räikkönen (McLaren), il a maintenu une allure suffisante dans le premier relais pour se préserver d'une attaque du Finlandais. La tenue de route de sa R26 fragilisée par un train arrière qui glissait trop l'a ensuite obligé à redoubler de vigilance avec non seulement Kimi Räikkönen (McLaren) mais aussi Mark Webber (Williams) et Juan Pablo Montoya (McLaren) dans ses rétros.
Alonso se joue du trafic
L'abandon de Webber, sur problème d'échappement, au 49e des 78 tours, a alors introduit une notion de suspense dans une course qui en manquait singulièrement. Deux semaines après la procession du GP d'Espagne, ça commençait à faire beaucoup. L'allure réduite imposée par le safety car, entrée en action suite à l'épisode Webber, a été fatale au refroidissement de la McLaren d' Iceman, sorti d'une voiture en feu à l'épingle du Grand hôtel, et rentré à pied pour s'installer, l'air totalement détaché, sur un yatch, d'où il suivit vaguement la fin des débats.
Débarrassé de ses deux plus proches rivaux, Alonso a alors écouté les conseils de son stand : ne prendre aucun risque inutile et contrôler Montoya, un ancien vainqueur de Monaco (2003).
"La course a été émotionnelle, mais elle était plus facile à partir de la pole position", a résumé le vainqueur. "Räikkönen a mis la pression mais j'ai géré mon rythme et mes pneus. J'ai gardé ma concentration et je suis parvenu à gagner une course que j'avais coché sur mon agenda. J'ai eu du survirage avec mes pneus, et le deuxième relais a été long. J'avais décidé d'attaquer avant le deuxième arrêt, mais la safety car est entrée en piste. Je n'avais donc plus à attaquer. Je pouvais contrôler la course."
Coulthard en Superman sur le podium !
A l'abri d'une panne de concentration ou d'un excès de confiance, Alonso devait encore éviter l'autre écueil de Monte-Carlo : le trafic, qui casse le rythme et les trajectoires. L'excercie de contournements a mis en exergue le leader suivi comme son ombre par Räikkönen, tandis que Webber et Montoya ont montré leurs limites. "Dans le deuxième relais, je me suis rapproché d'Alonso car il ralentissait, mais le trafic a vraiment été important à un moment, et il était difficile de garder le contact", a relevé Montoya. "Je passais un retardataire, mais les leaders étaient déjà deux voitures devant..." Un grand classique de l'épreuve la plus atypique du Mondial.
Décidemment plus palpitante, la troisième partie de l'épreuve a aussi offert des rebondissements pour la troisième place. Rubens Barrichello (Honda) sanctionné pour excès de vitesse dans la pit lane, Jarno Trulli (Toyota) stoppé en bas de la montée vers le casino, David Coulthard (Red Bull), vainqueur en 2000 et 2002, a donc finalement eu les honneurs du podium, drapé en Superman ! L'ultime clin d'&oeligil de quatre jours de promotion pour le nouvel opus de la série des exploits cinématographiques du super héros. Un happy end aussi, que l'équipe n'avait pu offrir à la production de Star Wars l'an passé.
Enfin, les dernières secondes de course auront été marquées par le duel entre Barrichello (Honda) et Schumacher (Ferrari). Contrairement à l'année dernière, le Brésilien a cette fois fermé les issues à double tour face au septuple champion du monde parti de la dernière place. Un résultat qui souligne les qualités de bagarreur de celui qui aura créé la polémique, sans en paraître affecté. "Toute cette affaire était derrière moi" , a-t-il assuré. "Je ne savais pas où se trouvait Fernando Alonso, j'étais bien trop concentré sur mon tour."
Au championnat Pilotes, les conséquences sont manifestes. Alonso trône 21 points devant Schumi (64 points contre 43), alors que Räikkönen ère à 37 longueurs, avec Fisichella. Le Mondial Constructeurs va aussi tourner à l'avantage du Losange si la concurrence n'y prend garde. Renault patronne la série avec 91 points, soit 28 de plus que Ferrari.
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