Formule 1 | Doriane Pin, première femme au volant d'une Mercedes : le coup de com', et ensuite ?
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 20/04/2026 à 17:02 GMT+2
La Française Doriane Pin est devenue ce samedi la première femme à prendre le volant d'une Formule 1 Mercedes en prenant part à des essais à Silverstone sur un modèle de 2021. Un nouvel accomplissement pour la championne en titre de F1 Academy, qui rêve toujours de F1 à 22 ans. Une belle opération marketing pour son équipe, aussi, qui ne semble pas avoir beaucoup plus à lui proposer.
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Video credit: Eurosport
Samedi, il n'y en avait que pour elle sur les réseaux sociaux de l'écurie Mercedes-AMG Formule 1. L'équipe offrait à sa toute nouvelle pilote de développement Doriane Pin l'opportunité d'effectuer des essais sur le mythique circuit de Silverstone avec la W12, la machine utilisée lors de la saison 2021, faisant d'elle la première femme de l'histoire à prendre le volant d'une F1 de la marque allemande. Alors il fallait bien immortaliser le tout et sous tous les angles : Doriane arrive au circuit, Doriane monte dans la voiture, Doriane discute avec les ingénieurs et ainsi de suite.
Il faut dire que cela fait près de douze ans qu'une femme n'avait pas piloté une Formule 1. La dernière à l'avoir fait, Susie Wolff, avait pris le volant d'une Williams dans des conditions similaires. Celle qui est devenue depuis la directrice générale de la F1 Academy n'a pas manqué d'adresser un petit message vidéo à Pin, lui aussi relayé sur les réseaux sociaux de Mercedes. Et forcément, à la fin de la journée, celle qui est surnommée "Pocket Rocket" était tout sourire : "Piloter une F1 pour la première fois aujourd'hui était incroyable, s'est-elle réjouie dans un communiqué diffusé en fin de journée. C'était une chance unique et j'ai fait en sorte de profiter pleinement de cette journée, tout en donnant le meilleur de moi-même."
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C'est surtout une journée qu'elle espérait depuis plusieurs mois, dont elle rêvait sans doute depuis toujours, et dans laquelle elle place beaucoup d'espoirs quant à la suite de sa carrière. "La F1 reste l'objectif ultime et cela commence premièrement par bien faire lors de mon test en F1, expliquait-elle à L'Equipe en janvier dernier. Ça pourrait m'ouvrir de grosses portes." Impossible de savoir, logiquement, le chrono de référence des 76 tours qu'elle a bouclés durant la journée, ou même d'obtenir des indices sur son rythme. Mais le directeur technique n'a pas caché sa satisfaction : "Sa préparation et son professionnalisme ont impressionné toute l'équipe et elle peut être très fière de ce qu'elle a accompli, a-t-il déclaré dans le même communiqué. Elle s'est sentie comme un poisson dans l'eau dès les premiers tours et a su exploiter pleinement le potentiel de la voiture."
Très peu de monde peut rouler dans une Formule 1
"Les temps étaient rapides, a insisté l'héroïne du jour. Tout le monde est très content et même moi, je suis contente parce que je suis très reconnaissante de toutes ces opportunités que j’ai, car très peu de monde peut rouler dans une Formule 1 et avoir cette chance de faire son premier test avec Mercedes en F1. En résumé, la journée s’est bien passée, c’était vraiment quelque chose d’important parce que je voulais montrer que j’ai une chance et je peux performer dans une Formule 1, peu importe le genre et peu importe la carrière que tu as."
Dans la collection des albums des aventures de Doriane, il y en a un que l'on n'a pas vu en revanche : Doriane tourne un peu en rond dans sa carrière depuis qu'elle a rejoint Mercedes. Et ce n'est pas une demi-journée dans une F1 vieille de cinq ans qui suffira à nous faire dire le contraire. Deux ans après avoir été recrutée par le programme de développement de jeunes pilotes de l'écurie allemande pour disputer la F1 Academy, la Française a accompli la mission qui lui avait été confiée – à savoir, remporter le titre – puis est… retournée au point de départ, ou presque.
Un peu de représentation
Son sacre dans le championnat de Formule 4 exclusivement féminin n'a donné aucune suite en 2026 du côté de la monoplace. Et c'est donc en LMP2, la catégorie dans laquelle elle évoluait lorsqu'elle a été débauchée, qu'elle court cette saison. Bien loin, donc, de la pyramide de la monoplace devenue quasi-obligatoire pour accéder à la F1. "Il faudra choisir la bonne opportunité pour avoir une carrière réussie et atteindre mon but qui est la Formule 1" espérait-elle pourtant après son titre en F1 Academy.
La nouveauté apparue pour elle entre-temps, bien sûr, c'est ce rôle de pilote de développement de Mercedes F1 depuis le début de la saison. Là-dessus, la progression est indéniable. Doriane Pin engloutit les kilomètres au simulateur pour la meilleure écurie de la grille de Formule 1 en 2026. Un rôle qu'elle partage cependant avec trois autres pilotes - Frederik Vesti (également désigné 3e pilote), Joshua Durksen et Anthony Davidson -, quand plusieurs écuries ne confient ce rôle qu'à un seul homme. En résumé : elle n'est ni en tête de file si une place se libère plus haut, ni considérée comme suffisamment prête pour assumer ce rôle seule.
Alors que Doriane Pin a fêté ses 22 ans en janvier, Mercedes continue finalement d'entretenir l'illusion de la possibilité de la voir un jour accéder à la Formule 1. La réalité est très certainement tout autre, et les orientations données à sa carrière par les responsables du programme de développement de la marque allemande l'indiquent sans équivoque. Doriane Pin est, et sera, une très bonne pilote d'Endurance. Elle a le potentiel pour faire partie des meilleurs. Elle ne sera sûrement jamais titulaire en catégorie reine de la monoplace.
Mais l'important est ailleurs, et Gwen Lagrue, conseiller en développement de pilote de Mercedes, le résume bien : "Nous sommes très fiers de montrer à la prochaine génération de pilotes féminines que piloter une F1 est possible." Un peu de représentation ne peut faire que du bien.
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