Si Mercedes avait eu tout bon à Sao Paulo, elle ne gardera rien d'Abu Dhabi. En qualification comme en course, la firme à l'Etoile est passée à côté de son sujet, dans les grandes largeurs. Au terme de cet ultime week-end estampillé F1 2022, les ex-champions du monde finissent éreintés, et l'humour ou la dérision les ont à peine sortis de leur torpeur aux Emirats arabes unis.
Le film de la course
Une semaine après leur sensationnel doublé brésilien, les W13 de Lewis Hamilton et George Russell ont retrouvé leur plafond de verre habituel dès la qualification. Samedi, les Britanniques avaient signé le même chrono, à trois millièmes près, ce qui signifie qu'ils avaient tiré tout ce qu'on pouvait de leurs machines. Mais ils avaient surtout échoué à presque 0"7 de la Red Bull n°1 en pole position…
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21/11/2022 À 13:40

Abu Dhabi bien placé sur le tableau de malheur

Revenu pour le pire dans le garage gris, Toto Wolff avait été lapidaire. "Nous n'avons pas bien fait le travail, nous avons régressé en termes de performance alors que nos rivaux (Ferrari) ont progressé. Nous avons opté pour un niveau d'appui plus élevé et un niveau de traînée plus élevé, et nous étions simplement trop lents en lignes droites", avait expliqué le directeur d'équipe. Avant de teinter son constat désabusé d'un peu d'humour. "Je viens d'entendre aujourd'hui que c'est la journée internationale des toilettes, je pense donc que celle-ci (cette qualification) peut y finir", a plaisanté l'Autrichien, sur Sky Sports. A peine, car rarement le staff de Brackley s'était fourvoyé à ce point sur le niveau d'appui à appliquer aux W13.
Sur le circuit de la marina de Yas, les Flèches d'or et d'argent brésiliennes étaient redevenues des machines laborieuses, et le patron en avait ainsi donné la première raison : "Interlagos convenait parfaitement à notre voiture, tout s'était passé en douceur. Et Abu Dhabi, sur notre tableau de malheur, était l'une de nos pires pistes. Pas catastrophique comme sur les circuits rapides, mais pas idéale non plus. Et ça s'est vu."

"Continuer à nous lever le matin et essayer"

Néanmoins, il était possible de faire pire, comme les 58 tours du 22e Grand Prix de l'année l'ont démontré. D'entrée, Lewis Hamilton a fait décoller sa W13 sur une bordure après un contact avec Carlos Sainz. Et à deux tours du but, il a donné sa quatrième place à l'Espagnol de Ferrari, contraint au premier abandon technique des Gris en 2022, sur panne hydraulique. Quant à George Russell, il s'est rapidement mis un boulet au pied en ressortant sous le nez de Daniel Ricciardo (McLaren) dans la pit lane. Sa stratégie en a souffert et il a fini cinquième, à 35 secondes.
Inutile de dire que Lewis Hamilton ne regrettera pas la W13. Il l'avait déjà dit et l'a redit. "Cette dernière course n'était qu'un bon rappel de toute l'année et je suis content que ce soit fini et que nous puissions maintenant nous réjouir de l'année prochaine, s'est-il exclamé. J'ai pris un bon départ, mais le plancher de la voiture a pris un gros coup lors du contact avec Carlos et tout le reste s'est déroulé à partir de là. Lorsque cela se produit, on ne perd pas juste un peu de performance, mais l'équilibre se déplace essentiellement vers l'avant. C'est presque comme si on avait beaucoup d'aileron avant et j'ai dû attendre le pit stop pour retirer de l'appui à l'avant, ce qui a amélioré l'équilibre. Nous avons eu une voiture difficile tout le week-end et malheureusement, j'ai dû abandonner juste avant l'arrivée car nous avions perdu la pression hydraulique."
Mais se serait se tromper lourdement de considérer qu'un simple sigle - W14 - changera tout. "Les deux prochaines semaines, nous allons travailler dur à l'usine pour s'assurer de revenir plus forts l'année prochaine, promet le septuple champion du monde , toujours en quête d'un huitième titre. Nous allons continuer à nous lever le matin, et à essayer. Nous devons montrer notre force cet hiver et la saison prochaine."

"Hâte d'arrêter de conduire cette chose"

Pour George Russell, l'après-midi a été long. "Nous avons probablement plus fait les choses mal que bien, a admis le vainqueur de Grand Prix de Sao Paulo. Nous n'avions pas le rythme, c'était en fait l'une des courses les plus difficiles de la saison. J'ai pris un bon départ en combattant Carlos, mais avec le long premier arrêt au stand et la pénalité de cinq secondes, la course était terminée pour moi. Cette course nous a ramenés à la réalité."
De son côté, Toto Wolff a dit les choses plus durement. "Nous n'avons vraiment pas bien performé, a pesté le boss. Nous avons fait toutes les erreurs que nous pouvions faire : nous n'avions pas de rythme, un pilote est tombé en panne et l'autre s'est retrouvé à court de pneus. Nous avons cuit les pneus dans les premiers tours car nous avons attaqué. La voiture semblait rapide au départ, mais ensuite le pneu avant droit a lâché et c'est peut-être quelque chose que nous aurions dû prévoir. Nous savions qu'Abu Dhabi allait être difficile pour nous, donc au moins cette prédiction était exacte. Pour nous, cette une saison qui nous a forgé le caractère et nous exposerons cette voiture à l'usine en guise de rappel."
"Ce n'était pas la façon dont nous voulions terminer l'année, mais si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, c'est ce que nous méritions", a conclu l'ingénieur en chef, Andrew Shovlin.
Mercedes a signé une pole position et gagné une fois cette saison, et beaucoup de travail attend effectivement les équipes Châssis de Brackey et Moteur de Brixworth pour revenir dans la partie en 2023. Les pilotes aussi, et pas plus tard que mardi à Abu Dhabi, pour la journée de tests des Pirelli 2023. Un ultime effort que va consentir Lewis Hamilton, qui a avoué dimanche soir : "J'ai hâte d'arrêter de conduire cette chose"
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