Mission accomplie. Charles Leclerc a conclu pour la première fois de sa carrière une saison de Formule 1 sur le podium final, dimanche. Mieux, en terminant deuxième du Grand Prix d'Abu Dhabi, il est devenu vice-champion du monde, au terme d'une épreuve stressante, où la Scuderia a brillé comme rarement en matière de stratégie face à Red Bull, la référence en la matière.
Le film de la course
Qualifié troisième, juste derrière son rival direct Sergio Pérez (Red Bull), contre qui il partait à parfaite égalité de points (290), le pilote de la Principauté a pris l'ascendant en ne stoppant qu'une fois, contre deux au Mexicain, revenu sur ses talons trop tardivement. Mais il s'en est fallu de peu, sans doute deux ou trois tours. "Charlot" 16 a finalement reçu le dernier drapeau à damier de 2022 1"322 avant "Checo".
Grand Prix d'Abu Dhabi
"Encore une fois Red Bull n'a pas respecté Sergio Pérez à Abu Dhabi"
21/11/2022 À 13:40
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En fait, les stratèges de la Scuderia ont piégé l'écurie autrichienne, d'abord en ne se laissant pas dicter leur plan de course, puis en la prenant à contre-pied. En roulant derrière la RB18 n°11, c'était la seule possibilité pour le pilote de la F1 75 n°16 d'inverser les positions.

Le sang froid de Leclerc

A 16e des 58 tours au programme, lorsque Sergio Pérez est rentré la première fois au stand, Ferrari n'a pas bougé, et a attendu six boucles pour rappeler son leader pour changer de gommes. Puis elle a joué son va-tout au 33e tour. "On fait le contraire de Red Bull !", a crié Xavier Marcos, ingénieur de course, dans les écouteurs de Charles Leclerc.
Au 34e passage, Sergio Pérez a choisi de rentrer, lâchant la proie pour l'ombre. Passé de P2 à P6, le n°11 de Red Bull a ensuite subi le trafic et constaté que ces pneus "dur" neufs ne lui donnaient pas l'avantage escompté face aux gommes pourtant fatiguées du pilote du Rocher. "Peux-tu garder ce rythme avec le plan C ?", a interrogé Xavier Marcos, trois tours plus tard. "Oui, je pense", lui a répondu Charles Leclerc. C'était sa seule chance et il est parvenu à tenir jusqu'au bout. Sans jamais donner de signe de fébrilité.

Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix d'Abu Dhabi 2022

Crédit: Getty Images

"J'espère qu'on passera un cran de plus l'an prochain"

"J'étais à 110% du premier au dernier tour, a assuré le vice-champion du monde 2022 à l'arrivée, au micro de Jenson Button, le champion du monde 2009. On a fait la course parfaite. La seule possibilité de battre 'Checo' était de changer de stratégie et faire de la gestion de pneus. C'est ce qu'on a fait aujourd'hui. Je suis très heureux. Si on considère où nous étions l'an dernier, c'est un vrai pas en avant pour nous. On s'est amélioré en termes de stratégie en fin de saison. On va clairement tout donner pendant cet hiver pour revenir plus fort."
"On arrive à garder la deuxième place au championnat du monde Pilotes et au championnat du monde Constructeurs, c'était l'objectif, c'est positif, a-t-il complété, sur Canal+. J'espère qu'on passera un cran de plus l'an prochain."
Lucide, il sait que cela ne se fera pas du jour au lendemain. En un hiver, peut-être. Même si à cette époque de l'année les plans de la future "rossa" sont probablement arrêtés. "Aujourd'hui encore, Red Bull était un cran au-dessus, a-t-il rappelé. On a fait l'exécution parfaite, c'était vraiment l'objectif. Il va falloir qu'on bosse pour trouver cette performance en course qui nous manque. Mais on a maximisé tout dans une course où il y avait pas mal de pression. C'est bien de voir qu'en tant que team on peut le faire."

Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix d'Abu Dhabi 2022

Crédit: Getty Images

Binotto a-t-il sauvé sa place ?

"C'est une bonne saison pour l'équipe, a estimé Carlos Sainz, classé quatrième, sur Sky Sports. Il faut penser d'où nous venions ces deux dernières saisons. Je sais que nous avons fait beaucoup d'erreurs et que nous n'avons pas développé la voiture aussi bien que Mercedes et Red Bull. Red Bull a simplement un package solide qui fonctionne sur tous les circuits, alors que nous étions plus dépendants du circuit. Nous ne nous sommes pas assez développés, les autres nous ont dépassés, notamment Mercedes et un peu Red Bull."
"Je sais par expérience que Rome ne s'est pas construite en un jour, a poursuivi l'Espagnol. Si vous regardez les progrès que nous avons réalisés en équipe au cours des deux dernières saisons, c'est énorme. Nous protégeons chaque individu de l'équipe, c'est notre fameuse culture du non-blâme. Nous faisons un excellent travail dans ce domaine, mais il est vrai que nous avons commis des erreurs."
Reste à savoir, à l'heure du bilan, si cette notion de progression par rapport au début du championnat du monde 2021 primera par rapport à la courbe de performance de 2022, et pourra ainsi sauver Mattia Binotto. La rumeur de l'éviction du directeur d'équipe italo-suisse continue de circuler en Italie, car les hommes de la Scuderia, postés en tête des championnats du monde Pilotes et Constructeurs lors des cinq premiers Grands Prix, n'ont ensuite fait que décliner.
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