F1 | "Jamais vu une voiture si rapide" : pourquoi la Red Bull RB19 de Verstappen et Pérez domine

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GRAND PRIX D'AUSTRALIE - Trois poles position sur trois possibles, deux doublés sur deux possibles, en attendant la troisième manche, dimanche. Depuis le début de la saison, Max Verstappen et Sergio Pérez profitent, en plus de leur talent, d'une monoplace particulièrement dominante. Nouveau chef d'œuvre d'Adrian Newey, la RB19 est avant tout un bijou de polyvalence.

La RB19 de Max Verstappen (Red Bull) au Grand Prix d'Australie 2023

Crédit: Getty Images

C'est une petite phrase qui, comme souvent lorsqu'elle sort de la bouche de Lewis Hamilton, a trouvé beaucoup d'écho. Il y a un peu moins de deux semaines, au terme d'une course difficile durant laquelle il n'a rien pu faire pour enrayer la folle remontée de Max Verstappen, le Britannique assurait n'avoir "jamais vu une voiture aussi rapide". Y compris à l'époque où il était lui-même l'heureux titulaire d'une monoplace dominante. "Nous étions rapides, mais pas à ce point", a-t-il insisté.
Depuis, tout le monde ou presque a été amené à commenter ces propos. De Fernando Alonso, rarement d'accord avec son ancien coéquipier. À Christian Horner, patron de Red Bull pas toujours complimenté par le camp rival. "C'est évidemment très flatteur, a souri le dirigeant en conférence de presse. Surtout si l'on considère les voitures que Lewis a pilotées dans une histoire récente." Voilà qui alimente le débat sans réellement le trancher.
À Djeddah, Red Bull a laissé une impression visuelle marquante. Durant sa remontée, Max Verstappen a semblé choisir ses moments pour dépasser et déposer la plupart de ses concurrents lors de manœuvres en ligne droite. Et en fin de course, le rythme que les deux pilotes de l'écurie s'imposaient était tout simplement insoutenable pour la concurrence. Mais alors, d'où vient sa toute-puissance ?

La RB19 dans le Top 2... dans tous les domaines

"La comparaison faite par Hamilton est difficile, observe Mirco, ingénieur spécialisé dans l'analyse de données de F1. Ce sont deux choses très différentes. Ce que l'on peut dire, c'est que les points forts de Mercedes, au début de l'ère hybride étaient évidents : une voiture complète avec un bloc propulseur efficace et puissant. Red Bull, elle, a réussi à construire une monoplace complète et polyvalente. C'est bien simple : elle est l'une des deux meilleures machines du plateau sur tous les plans."
C'est là la grande réussite d'Adrian Newey, directeur technique capable de "voir l'air" selon Christian Horner. Le génial ingénieur a su trouver les réponses à l'équation que cherchent toujours à résoudre ses homologues. C'est-à-dire générer un maximum d'appui aérodynamique (la force qui plaque la voiture au sol) pour un minimum de traînée (la force qui donne l'effet parachute aux pilotes, et qui limite la vitesse en ligne droite).
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Video credit: Eurosport

"Avoir beaucoup d'appui aérodynamique, c'est crucial pour aller vite en courbes, qu'elles soient à moyenne ou haute vitesse, rappelle Mirco. La Red Bull est très forte dans ce domaine mais il est encore difficile de dire si elle est meilleure que l'Aston. On en saura plus à Monaco ou en Hongrie. En revanche, la RB19 produit beaucoup moins de traînée que l'Aston. Et ça fait toute la différence."
Sur ce plan, la monoplace championne du monde rivalise avec la Williams qui, elle, ne produit que trop peu d'appui. Voilà pourquoi, en partie, Verstappen a semblé déposer tout le monde à Djeddah. "En qualification, Red Bull a atteint 338 km/h, précise l'analyste. Aston Martin, 325. McLaren, 319. Ce sont des écarts colossaux, que l'on a très peu vus lors des saisons précédentes."

Le DRS, la cerise sur le gâteau

Le tout rend la voiture à la fois polyvalente et moins capricieuse pour les deux pilotes, dont les styles sont pourtant très différents : "Quand vous avez une monoplace si efficace aérodynamiquement, vous pouvez être performants sur tous les circuits car il y a toujours moyen, à travers différents réglages ou avec certaines pièces, de faire légèrement bouger le curseur entre appui et traînée."
Mais ce n'est pas tout : avec peu de trainée, Red Bull peut aussi se permettre de monter un aileron arrière chargé aérodynamiquement et ainsi bénéficier d'un DRS plus efficace que la concurrence. À Djeddah, dans la ligne droite principale, Verstappen pouvait terminer ses manœuvres de dépassement avant même d'aborder la zone de freinage.
Avec pas moins de quatre zones d'activation à Melbourne, il faut peut-être s'attendre à un spectacle similaire de la part de Sergio Pérez, bon dernier sur la grille de départ dimanche. À moins que monoplace flanquée des Taureaux Rouges dévoile enfin ses réelles faiblesses. "Il n'y a eu que deux manches disputées, souligne Mirco. Il est donc normal que nous n'ayons pas encore vu de problèmes chez elle en course."
Le samedi, Verstappen a déjà rencontré des soucis de transmission et Pérez, de freinage. Preuve qu'elle n'est peut-être pas aussi infaillible qu'elle y paraît.
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