Grand Prix d'Australie 2025 | Lewis Hamilton, limites du fantasme et dure réalité chez Ferrari
Par Julien Pereira
Mis à jour 18/03/2025 à 21:37 GMT+1
Les attentes étaient énormes. Mais, sans grande surprise, Lewis Hamilton a été confronté aux limites actuelles de son passage chez Ferrari tout au long d'un difficile Grand Prix d'Australie qu'il a simplement terminé dans les points (10e). Avec sa SF-25 comme avec son muret, le septuple champion du monde part encore d'assez loin.
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Video credit: Eurosport
La première fois que le sujet a été abordé, les choses sérieuses n'avaient pas encore commencé. Lors de la traditionnelle conférence de presse des patrons d'écurie, Frédéric Vasseur avait été interrogé sur les difficultés que pouvait rencontrer Lewis Hamilton chez Ferrari après avoir baigné, toute sa carrière, dans un environnement anglo-saxon. Réponse du dirigeant de la Scuderia : "Je ne suis pas sûr que ce soit un drame de s'adapter à la nourriture italienne quand on vient du Royaume-Uni". Rires dans l'assistance.
Deux jours plus tard, il y avait un peu moins matière à sourire. Le septuple champion du monde a difficilement bouclé le Grand Prix d'Australie dans les points, au terme d'un week-end qui a déjà donné une idée plus précise de tout ce que le nouveau binôme doit encore construire pour être à la hauteur de ses ambitions.
Hamilton doit adapter son style...
En qualification, Lewis Hamilton a concédé près de neuf dixièmes sur le temps de référence, et un peu plus de deux sur celui de son coéquipier Charles Leclerc. Tout au long du week-end, le Britannique n'a cessé de se plaindre d'une voiture trop sous-vireuse et a cédé beaucoup de temps aux virages 6 et 12, deux courbes rapides qui réclament une certaine confiance en sa monture.
"La voiture ne me pose aucun problème, a-t-il confié après les premiers essais à Melbourne. Elle exige juste un pilotage différent. J'adapte donc mon style petit à petit, tout en prenant du plaisir à le faire." La réalité est sans doute un peu plus complexe : Hamilton doit faire avec la Scuderia ce qu'il n'avait pas réussi avec Mercedes depuis 2022, à savoir tirer le meilleur d'une monoplace à effet de sol.
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Lewis Hamilton (Ferrari) à bord de sa SF-25 au Grand Prix d'Australie 2025
Crédit: Getty Images
Parmi les nombreux écueils rencontrés au cours de son premier Grand Prix en rouge figure également sa relation avec son ingénieur de piste, Riccardo Adami. Chez Mercedes, le septuple champion du monde avait fait de son lien avec Peter Bonnington l'un des socles de son succès, et il sera sans doute impossible de trouver le même équilibre avec son interlocuteur italien.
... et sa communication
À Melbourne, il y a eu un peu de friture sur la ligne dans le ton, les consignes et l'exécution. Hamilton a très vite (et calmement) demandé à Adami "de ne pas répéter" toutes les instructions. À plusieurs reprises, le Britannique a aussi réclamé qu'on le "laisse faire". Ces difficultés à l'échange ont aussi joué un rôle dans la mauvaise stratégie de la Scuderia, dont les pilotes sont rentrés au moins deux tours trop tard en fin de course, lorsque la pluie a fait une nouvelle apparition.
"Je pensais que tu avais dit qu'il n'allait pas pleuvoir, a lâché "King Lewis" au 49 tours, après avoir momentanément occupé la tête. Je pense qu'on a manqué une grosse opportunité." Et lorsque Adami lui a indiqué qu'il était retombé au neuvième rang, Hamilton a laissé échapper une grossièreté : "Merde...! Pardon, je n'avais pas vu que la radio était allumée."
"Les circonstances de course n'ont pas aidé mais nous pouvons faire mieux à l'avenir, a noté Vasseur après coup. Nous avons sans doute encore besoin d'un ou deux week-ends pour affiner la communication mais ce n'est pas quelque chose de préoccupant." Certains processus sont incompressibles. Et même le fantasme généré par le "transfert du siècle" fait face à cette réalité.
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